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Tourisme burkinabè : La nécessité de la labellisation

Accueil > Actualités > DOSSIERS > SITHO 2008 • • dimanche 28 septembre 2008 à 01h09min

Mirdza Jonants, TO allemand

La présence de nombreux pays africains à la cinquième édition du salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (Sitho) confirme la vocation sous-régionale et continentale de cette manifestation qui offre l’occasion aux Tours Opérateurs (TO) internationaux, aux prestataires de services, aux visiteurs professionnels et amateurs de découvrir les produits touristiques du Burkina et de la sous-région ouest-africaine. Le Salon « sert d’interface entre les grands organisateurs de voyages, au Sud, et les professionnels africains du tourisme africains ».

Peut-être plus qu’ailleurs, le tourisme africaine, qui n’attire que 4% de visiteurs dans le monde est un secteur très concurrentiel et la présence du Niger et du Mali, invités d’honneur de cette édition, au-delà du symbole de l’intégration, ne doit pas masquer cette dimension. Le Mali s’apprête d’ailleurs à lancer son salon du tourisme et ce pays mène depuis des années une vraie politique de promotion de ses atouts touristiques en participant régulièrement aux salons internationaux. Mieux, il a réussi l’exploit de faire du désert et du Pays Dogon, des produits touristiques qui sont considérés à tort, à l’étranger comme des exclusivités maliennes. Pourtant, il est plus facile d’accéder au Pays Dogon, un peuple commun aux deux pays, en passant par Ouagadougou plutôt que Bamako. D’où l’intérêt pour le Burkina d’avoir une politique de « labellisation » de son offre touristique, en identifiant très clairement les produits d’appel qui pourraient intéresser les TO et les inciter à inscrire la destination Burkina dans leurs programmations.

Les différents acteurs du secteur semblent en avoir pris conscience si l’on s’en tient au contenu des échanges entre le ministre de tutelle, Filippe Savadogo, ses collaborateurs et les Tours Opérateurs hier à l’Hôtel Azalaï. « Pendant longtemps, le Burkina a mis l’accent sur l’accueil des touristes car nous estimons qu’au-delà de l’hospitalité des populations, il fallait aussi former les gens à mieux accueillir et accompagner les étrangers qui nous l’amitié de visiter notre pays », explique Abdoulaye Sankara, un conseiller du ministre. « Maintenant, ajoute t-il, nous cherchons à promouvoir un tourisme culturel et un tourisme de vision. Nous voulons que les étrangers qui viennent au Burkina aillent à la découverte des rites et traditions des dizaines de communautés qui peuplent le Burkina, l’architecture locale notamment en pays Lobi, Sénoufo. Il s’agit également par le tourisme de vision, de protéger les aires de conservations en associant les populations à la gestion des réserves naturelles ».

Quant à la communication sur ses richesses touristiques, le Burkina, qui n’a pas de grands moyens lui permettant de participer aux grands salons internationaux (rien que la participation au salon Reza coûte 200 millions de F CFA) utilise le canal de ses représentations diplomatiques. Des dépliants et brochures sur le tourisme sont disponibles dans les ambassades, mais à l’évidence, ce canal est loin de pouvoir de remplacer une politique de marketing menée de façon permanente et ciblée.

Le Burkina milite aussi pour le tourisme solidaire et d’année en année, de nombreux jeunes européens, notamment français viennent au Pays des hommes intègres, séjournent dans des villages en totale immersion avec les populations. Au Burkina, on nourrit le secret espoir que ces jeunes deviennent de bons ambassadeurs qui peuvent aussi permettre de faire connaitre les atouts touristiques de notre pays. Etant un des rares pays à s’être résolument lancé dans la coopération décentralisée, les relations de jumelage qui se nouent entre les villes européennes et burkinabè peuvent aussi être un canal pour assurer la promotion du tourisme burkinabè et la publicité sur le pays auprès du public occidental.

Joachim Vokouma


Mirdza Jonants (TO), « Je veux promouvoir la destination Burkina en Allemagne »

De nationalité allemande, Mirdza Jonants séjourne pour la première fois au Burkina à la faveur du Sitho 2008. Son ambition ? Active dans la région ouest-africaine depuis des années, elle veut de vendre la destination Burkina à ses compatriotes.

Je travaille à Berlin comme guide et j’ai aussi une petite agence où je reçois les gens qui visitent Berlin soit individuellement soit en groupe. Je conçois des programmes autour des conférences et j’organise des évènements à Berlin depuis 20 ans. Un jour j’ai eu la chance de rencontrer une dame qui connait bien le Burkina Faso et elle m’a invitée à visiter le pays en tant que quelqu’un qui connait le tourisme avec l’idée d’organiser quelque chose qui ressemble à ce que je fais à Berlin. Je connais quelques pays d’Afrique de l’Ouest car je travaille depuis 30 ans avec le Togo, le Niger et le Bénin, j’ai traversé plusieurs fois le désert, mais je n’étais encore jamais venu au Burkina. Le Sitho 2008 est donc l’occasion pour moi de découvrir le pays et en attendant de connaitre les sites touristiques, je suis déjà impressionnée par l’organisation du Salon.

Qu’attendez-vous du Sitho ?

Je suis là à la recherche de produits touristiques burkinabè à proposer aux Allemands et aux Suisses. Je cherche surtout les réserves naturelles et tout ce qui est relatif au tourisme écologique car c’est ce qui intéresse les Allemands et les Suisses. Pour l’instant, et compte de l’histoire et la langue, ce sont principalement les touristes français qui visitent beaucoup le Burkina. Pour le moment les Allemands vont en Afrique du sud, en Namibie et au Kenya, mais vous savez que ce dernier pays rencontre actuellement des difficultés politiques. Mais comme les Allemands aiment visiter les réserves naturelles et voir les animaux dans leur milieu naturel, il faut bien les orienter quelque part et c’est ce que je veux faire : les inciter à venir en Afrique de l’Ouest. Vous savez que l’Allemagne est peuplée de près de 80 millions d’habitants, un pays riche où les gens veulent voir quelque chose d’exotique, comme les animaux en pleine nature.

Quelles sont les actions que vous comptez mener pour intéresser vos compatriotes aux richesses touristiques ouest-africains ?

Nous avons trouvé quelques sponsors qui vont nous appuyer dans les opérations de communication. Nous allons lancer une émission début octobre sur une chaine de radio appelée Multi-Culti très appréciée des Allemands, et au cours de l’émission, les auditeurs pourront participer à un jeu concours et gagner un billet de voyage au Burkina Faso pour deux personnes. L’émission dure deux heures et sera consacrée à la présentation découverte du Burkina, sa population, sa culture et tout ce qu’on peut trouver dans ce pays au plan touristique. Sur le site internet de la radio, nous allons mettre à la disposition des Allemands des informations sur le Burkina et cela durera un an.

Vous vous intéressez aussi aux produits artistiques, la gastronomie…

Absolument, ce sont des produits qui m’intéressent beaucoup et quand il y a des conférences à Berlin, c’est moi qui établis le programme des manifestations et je prends en compte tous ces éléments culturels car ça plait aux gens. J’ai entendu parler du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) mais je n’ai pas encore eu la chance d’y participer. D’après ce qu’on m’a dit, il y a des produits artisanaux qui pourraient servir à mieux faire connaitre le Burkina et l’Afrique de l’Ouest

J.V<br<
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