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Front Siggil Sénégal : Ou le procès du système Wade

Accueil > Actualités > International • • mardi 3 juin 2008 à 11h24min

Programmées pour débuter en mars dernier, question de jouer les trouble-fêtes pendant le sommet de l’OCI et, par ricochet, d’écorner l’image de Wade, les assises nationales du Front Siggil Sénégal (« Sénégal débout ») ont commencé cette semaine avec à leur tête Amadou Mathar M’bow, ancien patron de l’UNESCO.

Il s’agit d’un regroupement de tout ce qui compte comme forces politiques, syndicales et de la société civile qui ne sont pas d’accord avec la politique de Wade, bref de la base sociale anti-sopi. On sait qu’il y a 8 ans de cela, le fondateur du PDS avait pu accéder au palais de l’Avenue Léopold-S.-Senghor grâce à une coalition de formations politiques qui avaient fait chorus derrière lui. Et dont les présidents ont pour noms Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily, Amanth Dansokho pour ne citer que les plus représentatifs.

La suite de cette vraie première alternance est connue : tous les alliés de l’enfant terrible de Kébémer ont été défénestrés pour diverses raisons, et pratiquement en 2004 commença le règne solitaire de Wade, qui décide de tout.

Il sera néanmoins réélu en 2007 avec l’enthousiasme du premier mandat en moins, mais avec tous les problèmes, qui vont crescendo, certains indépendamment de lui et d’autres du fait de sa propre création.

La radioscopie que fait actuellement le Front Siggil est un réquisitoire de l’ère Wade, caractérisée, il est vrai, par de nombreuses dérives. D’abord cette tribune reviendra sans doute sur les conditions dans lesquelles se sont déroulée la présidentielle du 25 février 2007, qui s’est soldée par la victoire de Wade à travers un « vol informatique », c’est-à-dire un fichier électoral non fiable ;

le boycott des législatives du 3 juin 2007 par l’opposition, qui a eu pour conséquence l’avènement d’une assemblée monocolore (131 députés PDS sur 150), un hémicycle qui est, à présent, l’ombre de lui-même, puisque Wade a créé le Sénat, qui coiffe les députés, provoquant un tel bordel que le paysage institutionnel sénégalais est régenté par ...Wade. On ne saurait oublier le récent tripatouillage de la Constitution, qui allonge le mandat présidentiel de 5à 7 ans.

A ces questions politiques s’ajouteront dans l’agenda de ce procès par contumace du président sénégalais les casse-têtes relatifs à la récession, les jeunes qui se « barsakent » (suicident) sur l’océan, le chômage, la flambée des produits de première nécessité que ni le plan Reva (retour vers l’agriculture), ni la dernière trouvaille de Wade, la GOANA (Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance), que ses adversaires veulent transformer en Grande offensive pour... le départ de Wade, n’ont pu résoudre.

Ces assisses seraient également infirmes si elles ne s’attardaient pas sur la guerre de succession qui fait rage autour du chef de l’Etat. Bien que ce sujet ne soit pas à l’ordre du jour, du moins pas officiellement, les guerres de positionnement feutrées voire frontales sont quotidiennes.

Qu’ils s’appellent Moustapha Niasse, Idrissa Seck ou Maky Sall, tous figurent au tableau de chasse du « killer » Ablaye Wade, qui fait le vide autour de lui. Ne veut-il pas de dauphin ? Pas si sûr, puisque le nom de son fils Karim Meissa est de nos jours cité, ce qui, du reste, n’est pas interdit, encore faut-il que l’intéressé transforme les points d’interrogation en points d’exclamation » (1). Ou que « la lanterne » (2) de son père en décide.

A l’évidence, le cas « Karim » Wade va s’inviter à ce forum, très attendu, pour des raisons évidentes, par Wade, qui va sans doute y répliquer, comme à son habitude.

Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana

Notes (1) : Cheikh Diallo in Si près, si loin avec Wade (2) : Wade a prétendu en mars 2007 qu’il a une sorte de lanterne qui lui dira un jour qui sera son dauphin

L’Observateur

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