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MESSRS : Le SYNTER se dit méprisé

Accueil > Actualités > Opinions • • lundi 14 juin 2004 à 07h55min

Le Syndicat des travailleurs de l’enseignement et de la
recherche se sent marginalisé par son ministre de tutelle. Dans
la lettre ouverte ci-dessous, il rapelle ces faits et menace
d’appeler ses troupes à la mobilisation.

Le 10 décembre 2003, vous avez bien voulu accorder une
audience au Bureau national du SYNTER. Les différents points
de la plate-forme revendicative du syndicat ont fait l’objet de
discussions entre votre département et notre organisation, entre
autres la question des examens scolaires de l’enseignement
secondaire a été abordée. Sur ce point comme sur d’autres,
vous avez donné des instructions pour que vos services
(Secrétariat général, Direction des Ressources humaines,
Office du Baccalauréat etc...) puissent approfondir les réflexions
afin d’aboutir à des conclusions applicables.

Dans cette perspective, le problème des examens scolaires a
donné lieu à deux rencontres entre le secrétaire général du
MESSRS et le Bureau national du SYNTER, le 8 janvier et le 22
mars 2004.

Ces rencontres ont abouti à la formulation de propositions par
le SYNTER pour assurer de meilleures conditions pour la tenue
des examens, et l’engagement du MESSRS à convoquer une
rencontre de la commission interministérielle chargée de revoir
les textes et les conditions d’organisation des examens
scolaires.

En rappel , les propositions du SYNTER étaient les suivantes :
1. Relecture de l’Arrêté n°2003-113/MESSRS/SG/UO/OCECOS à
travers notamment ses articles 21 ; 30 ; 67 en vue d’harmoniser
le nombre de jours de prise en charge lors des corrections des
examens : 2500f par jour pour tout examinateur non en
déplacement pour toute la durée de la session ;

2. Prise en charge effective des correcteurs en déplacement lors
des examens ;

3. donner la priorité aux enseignants qui tiennent les classes
d’examen ou les ayant tenues et qui sont toujours dans les
classes, pour le choix des examinateurs des examens ;

4. Donner les mêmes chances aux examinateurs dans le choix
de ceux qui doivent se déplacer : éviter que les mêmes
correcteurs se déplacent chaque année et que d’autres ne le
soient jamais.

5. Déplacement effectif des deux tiers (2/3) au moins des
correcteurs ;

6. Adoption des textes régissant l’organisation des examens.
C’est à la suite de tout cela que par lettre
n°2004-282/MESSRS/SG/OCECOS/DG du 23 avril 2004, le
Bureau national était invité à une séance de travail, le 28 mai
2004, sur la validation et l’analyse des textes organisant les
examens scolaires dans notre pays".

Le 13 mai 2004 par
bordereau d’envoi n°2004-056/MESSRS/SG/OCECOS/DG, était
transmis au syndicat une copie de l’arrêté
N°2004-076/MESSRS/SG/OCECOS/DG portant création d’une
commission de réflexion sur le système d’organisation des
examens scolaires au Burkina Faso.

A la réception de ces différents courriers, le Bureau national
s’est organisé pour participer à la réunion du 28 mai en se
félicitant que le ministère ait donné une suite aux démarches
initiées par le SYNTER pour la bonne organisation des
examens scolaires.

Mais coup de théâtre : le 18 mai, soit cinq (5) jours après
réception du bordereau cité en référence ci-dessus, le
secrétaire général adjoint et le secrétaire général du SYNTER
sont saisis au téléphone par des agents du MESSRS qui
s’étonnaient de l’absence du syndicat à la réunion de la
commission interministérielle ; puis tout en s’excusant
demandent séance tenante une participation, ne serait-ce qu’à
titre d’observateurs. Les deux responsables du SYNTER ont
répondu que de telles manières de faire ne correspondaient
pas aux méthodes de travail de leur organisation.

Monsieur le Ministre, que conclure sinon que le SYNTER a été
purement et simplement écarté de cette réunion importante dont
il a oeuvré activement à la convocation. Cela ne pourrait
s’interpréter autrement d’autant plus que d’autres syndicats
étaient absents.

Jusqu’à ce jour aucune autorité du MESSRS n’a jugé
nécessaire de s’expliquer et de s’excuser auprès du SYNTER et
lui proposer toute formule permettant de rattraper ce scandale.

Monsieur le ministre,
Nous n’aurions pas accordé à ces errements une importance
excessive si ces derniers temps dans les relations entre votre
département et notre syndicat des faits ne révélaient pas, plus
qu’une erreur isolée, une véritable tendance à minimiser le
syndicat.

Ainsi :
- Le 20 mars 2003 vous signez un arrêté portant règlement
intérieur des établissements secondaires, après avoir tenu une
réunion de validation à Bobo d’où le SYNTER a été exclu. Pour
toute explication on évoquera "les aléas du courrier".
- Le 25 septembre 2003, sans aucune concertation avec les
syndicats vous prenez un arrêté portant inscription de droit des
enfants et protégés des personnels enseignants. Au terme de
cet arrêté le métier d’enseignant devient le seul ou celui qui fait
le travail n’a aucun avantage et doit payer les frais d’écolage de
ses enfants comme tout parent d’élève.
- Au CASEM du MESSRS en août 2003 contre l’avis des
syndicats vous partez en guerre contre les prises en charge des
examens blancs dans les établissements secondaires, en
traitant les enseignants de mercantiles dans la presse il y a
quelques jours.
- En février 2004, votre département organise un séminaire sur
l’enseignement supérieur dans la zone de l’UEMOA. Pour six
commissions de travail vous n’accorderez au SYNTER qu’un
seul délégué lui assurant ainsi les conditions d’une participation
de figurant.

- Universitaire de votre état, vous endossez la responsabilité
historique d’instaurer sous la supervision du ministère de la
sécurité, dans les universités du pays, un régime policier où la
gestion de l’espace universitaire, les libertés syndicales et les
franchises universitaires sont confiées à près de trois cents
(300) policiers armés de chiens et de pistolets.
- Sur des questions essentielles comme "la réorganisation du
système éducatif" qui n’a jamais été véritablement discutée aux
assises sur l’éducation, (comme le gouvernement veut tenter de
le faire croire), le contrat d’objectifs etc.. vous organisez des
rencontres avec les chefs d’établissements de Ouagadougou,
des sorties dans les différentes directions régionales, des
campagnes médiatiques etc... alors que les syndicats que, vous
et le gouvernement auquel vous appartenez, présentent comme
partenaires pour le dialogue et la concertation, ne sont saisis de
quoi que ce soit.

- Et la liste n’est pas exhaustive, mais ajoutons que depuis le
Xème congrès du SYNTER tenu en décembre 2003 et suite aux
séances de travail susmentionnées , des demandes
d’audiences régulièrement rappelées à votre cabinet, sont
restées sans suite.

Monsieur le ministre, vous vous doutez bien que cette stratégie
de contournement, de négation et de mépris du SYNTER, dont
nous ne sommes pas dupes, bien que mise en oeuvre avec
ruse et machiavélisme, aboutira à terme à une riposte adéquate
des travailleurs de l’éducation et de la recherche organisés
dans le SYNTER.
Mais peut-être pensez-vous comme vos prédécesseurs sous le
PAS que vous êtes prêt après trois années d’exercice de
fonction ministérielle pour une confrontation avec ces
travailleurs.

Sur la question précise des examens scolaires, vous avez sans
doute noté avec nous que ces dernières années les différentes
sessions sont menacées d’actions de blocage diverses, pour
lesquelles notre syndicat a privilégié jusque-là la recherche de
solutions concertées.
Mais les derniers développements ne peuvent que nous
amener à lancer un appel à la mobilisation aux travailleurs afin
de créer les conditions pour une bonne tenue des examens
scolaires.

Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’expression de notre
haute considération.

Pour le Bureau National

Mamadou BARRO
Secrétaire général

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