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Présidentielle de 2005 : "...les présidents ne courent pas les rues !..."

Accueil > Actualités > Opinions • • lundi 7 juin 2004 à 07h31min

Juste une phrase et le monde de l’opposition politique burkinabè est en ébullition, du moins cette "opposition gâteau" qui tente de se faire des habits neufs avec de vieilles étoffes sous le vocable d’"opposition vraie". Comme l’a dit l’autre : "au Burkina, on se sait".

Et c’est parce que dans ce pays de savane, tout le monde "se sait" que le citoyen Jean-Marie Compaoré bien qu’élu de Dieu en sa qualité d’archevêque de Ouagadougou a voulu être "sel" et "lumière" en apportant un témoignage de vérité, d’objectivité et d’honnêteté à la polémique relative à l’alternance politique au Burkina Faso.

Les propos de l’invité de Sidwaya (n° 5011 du jeudi 27 mai 2004) ont eu un écho assourdissant : "Je suis à 110% pour l’alternance, mais lequel parmi nos hommes politiques actuels, en dehors de Blaise Compaoré peut gouverner ce pays ?". Les vibrations de tels propos secoueront pendant longtemps le landerneau politique national et symboliseront en dehors de nos frontières, une sentence à une classe politique qui a perdu ses repères de dignité à cause d’une excessive chosification du fait politique.

Aux applaudissements qui accompagnent une telle clarté d’analyse et invite les hommes et femmes politiques à se remettre en cause, à rechercher le salut par le peuple, s’opposent les quolibets, des attaques ridicules et autres incapacités d’opposants à contenir une critique juste et fondée. Comme il fallait s’y attendre, de l’offensive médiatique cagoulée, ils font à présent tomber les masques afin d’apporter la contradiction au citoyen Jean-Marie Compaoré.

Mais là encore, il y a de quoi avoir froid au dos et craindre pour le Burkina, si ces "démocrates autoproclamés", accédaient un jour au pouvoir. Avec eux au pouvoir, le pire serait à venir pour le Burkina Faso. On assisterait au retour et au triomphe de la pensée unique. Ces adeptes du "qui ne pense pas comme moi est contre moi", en s’attaquant au droit à la différence et à la liberté d’expression font preuve d’intolérance et d’anti-démocratisme.

Le Burkina n’est pas un cas isolé, où la rareté des hommes d’Etat à carrure présidentielle est une préoccupation. La capacité des hommes et des femmes à gouverner une nation ne se fait pas au prorata de ses millions d’habitants. Ce n’est pas parce que le Burkina a douze millions d’habitants que les présidents courent les rues. En France où se pose aujourd’hui la question de la succession du président Jacques Chirac, à droite comme à gauche, toutes idéologies confondues, toutes les compétences politiques prises en compte, les uns et les autres recherchent l’oiseau rare dans chaque camp. Ce qui a suscité cette réflexion à haute voix d’un éminent homme politique français : "...Les présidents ne courent pas les rues".

Et pourtant au décompte, la grande France démocratique avec plus de soixante millions d’habitants et une classe politique prolifique en hommes et femmes de qualité, se cherche désespérément un successeur à son président. Les Français dans leur majorité, veulent certainement l’alternance, mais qui incarne cet espoir pour l’alternance ? Est-ce un péché que de faire ce constat ? Ce n’est pas seulement au Burkina, en France et dans bien d’autres pays de par le monde que la quantité des présidentiables fait défaut, mais bien la qualité.

Au lieu de rêver du destin de véritables leaders politiques tels que Nelson Mandela ou Abdoulaye Wade... et vouloir théâtraliser sur leur ascension politique au pouvoir, certains opposants burkinabè doivent se regarder dans un miroir. On ne devient pas Nelson Mandela ou Abdoulaye Wade par un coup de baguette magique. Cela se mérite. Qu’ont-ils fait pour le mériter ces opposants politiques ?

Et comme l’a indiqué si justement le citoyen Jean-Marie Compaoré : "Je suis à 110% pour l’alternance, mais lequel, parmi nos hommes politiques actuels, en dehors de Blaise Compaoré peut gouverner ce pays" ? Qui dit mieux ? Après ce verdict cinglant, une conclusion s’impose : "Honni soit qui mal y pense !".

Michel OUEDRAOGO
Sidwaya

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