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Tourisme et environnement : Chasseurs, il faut changer votre fusil d’épaule !

Accueil > Tourisme • • vendredi 4 janvier 2008 à 09h26min

Dans les faits, c’est depuis le 10 décembre 2007, date légale de l’ouverture de la campagne d’exploitation faunique au Burkina Faso, que les férus de la chasse ont ressorti pétoires, cartouchières et gibecières. Mais à partir de cette saison, les passionnés de l’art cynégétique vont devoir changer leur fusil d’épaule.

Leur activité doit désormais allier nature, culture et tourisme. Un triptyque résumé par le concept de l’écotourisme. « Cette année, pour marquer notre volonté à accompagner les efforts de promotion touristique du Burkina Faso, il est proposé que la campagne d’exploitation faunique 2007-2008 soit placée sous le sceau du développement de l’écotourisme comme stratégie durable de valorisation optimale de la faune sauvage et de la nature au Burkina Faso », a indiqué le ministre de l’Environnement et du Cadre de vie, Laurent Sedogo, habillé en tenue bariolée surmontée d’un gilet de chasseur. Une option de rationalité dictée par les lourdes menaces que fait planer sur la faune l’important prélèvement d’animaux sauvages.

Et quand on apprend du premier responsable de l’Environnement que les 24 aires fauniques du pays contribuent à elles seules pour un milliard et demi de francs CFA par an dans le budget de l’Etat, génèrent plus de 15 000 emplois permanents et saisonniers, il y a vraiment à craindre de l’activité de la chasse sous sa forme actuelle « assimilée à la cueillette, sans une véritable maîtrise de l’impact de celle-ci sur la dynamique des populations animales ». Malgré sa très grande diversité (128 espèces de mammifères, près de 500 d’oiseaux et une soixantaine de reptiles), la faune burkinabè demeure une faible destination touristique. Le nombre de ses visiteurs, constitués essentiellement d’expatriés résidents et de personnalités en mission, est estimé à 6 000 dont 5 200 pour le seul ranch de gibier de Nazinga.

Le fleuron, s’il en est, de nos réserves naturelles, que Boukari Zibaré, maire de Guiaro, commune de 23 000 habitants, ne disposant que de centres de santé, de huit écoles pour 19 villages et d’aucun barrage, voudrait en faire un bien communal : « A défaut de pouvoir nous céder ce ranch, car d’intérêt national, nous a-t-on toujours laisser entendre, nous souhaitons que les autorités communales puissent désormais faire partie des instances décisionnelles du ranch de Nazinga dans le but de faire prendre en compte les préoccupations de la population et de les faire bénéficier d’une partie de la valeur ajoutée dégagée par cette institution aux fins d’exécuter, entre autres, son plan de développement », s’est adressé l’élu local au Premier ministre, Tertius Zongo, lequel, après sa brève excursion dans les profondeurs du ranch, a déclaré à la presse : « L’écotourisme doit contribuer à faire reculer la pauvreté. Il faut que les populations trouvent dans leurs terroirs les moyens de se prendre en charge ». La cérémonie a pris fin par la distinction honorifique d’une vingtaine d’agents du corps des eaux et forêts. Chacun a été décoré de la médaille d’honneur.

Alain Saint Robespierre

L’Observateur

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