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Coopération décentralisée franco-burkinabè : Les assises de la relance

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La coopération décentralisée au Burkina Faso • • samedi 8 décembre 2007 à 19h41min

Depuis 2002, les acteurs de la coopération décentralisée entre le Burkina et ses partenaires étrangers ne s’étaient plus retrouvés. Avec la communalisation intégrale intervenue au Burkina en 2006, il était urgent de redéfinir des compétences des nouvelles collectivités locales et celles de la société civile.

Ouvertes le 6 décembre par le Premier ministre Tertius Zongo, les deuxièmes assises de la coopération décentralisée ont pris fin hier soir dans la salle de conférence de Ouaga 2000. Pendant deux jours, plus de 1500 délégués venus du Burkina, de France, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse…ont planché sur « la contribution de la coopération décentralisée au développement des collectivités territoriales. » Après les assises de 2002, celles de cette année « avaient pour ambition, selon le ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Clément Sawadogo, de renouer avec la formule rotative, évaluer les progrès réalisés par un état des lieux aussi exhaustif que possible et enclencher un processus de revitalisation de l’ensemble du mouvement de coopération décentralisée. »

Avec les dernières élections municipales d’avril 2006 qui ont consacré la communalisation intégrale en conférant désormais la comme l’entité unique de conception et d’exécution des plans de développement local, il était indispensable de redéfinir la place et le rôle de la coopération décentralisée dans l’accompagnement des collectivités territoriales pour la mise en œuvre des programmes de développement et de lutte contre la pauvreté. D’autant que la Banque mondiale et l’Union européenne, deux importants partenaires financiers reconnaissent le rôle central de la coopération décentralisée dans la lutte contre la pauvreté. Encore faut-il que soient clairement définies les compétences entre Organisations non gouvernementales (ONG), associations, comités de jumelage, déjà présents à l’œuvre depuis des décennies et les nouveaux responsables et qui pourraient avoir le sentiment d’être relégués au second avec l’arrivée des nouvelles autorités élus. Une révision du cadre légal par la mise d’une commission tripartite comprenant le Comité national de jumelage, Organisations de la société civile, les élus et l’état devrait bientôt être opérée. Principe de subsidiarité ou rapports de complémentarité entre ces différents acteurs ?

Menés dans des ateliers et dans des fora libres, les débats ont porté principalement sur les orientations nécessaires au renforcement des relations entre collectivités territoriales et partenaires de la société civile nationale et étrangère, l’appui institutionnel et le renforcement des capacités des nouvelles autorités communales dans les politiques locales de développement, l’apport de coopération décentralisée dans la mobilisation des ressources nécessaire et les synergies possibles entre les collectivités territoriales burkinabè et les petites et moyennes entreprises françaises. Dans les fora libres, il a question de la contribution de la coopération décentralisée dans la lute contre le chômage des jeunes, la formation des femmes élues par la coopération décentralisée, la gestion de l’eau et l’assainissement, le cadrage dans les nouvelles entités locales, et le partenariat dans le domaine médical et hospitalier.

De l’avis du Premier ministre, il s’agit donc d’aller au-delà « des dons et réalisations ponctuelles dans les communes ou villages pour s’orienter vers l’appui au développement de collectivités territoriales fédérées à travers des projets structurants et plus porteurs. »
Pour les nouvelles autorités locales, maires, présidents de conseils généraux, gouverneurs de région, auxquelles l’état va transférer certaines compétences, notamment dans l’accès aux services de proximité, la tenue de ces assises tombent à pic. Certes, le gouvernement a créé un Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) destiné au financement des investissements des collectivités, que l’Association internationale des maires francophones (AIMF) se propose d’être le porte-parole des collectivités territoriales auprès d’institutions internationales pour que les villes aient accès au financement, mais il est évident que d’autres sources de financement doivent être explorées pour permettre aux élus locaux d’assumer convenablement leurs responsabilités. Faut-il créer de nouvelles taxes et impôts locaux en appui aux autres financements nationaux et internationaux avec le risque de freiner les initiatives de création d’entreprises ? Quel type de soutien apporter aux porteurs de projets et quelle fiscalité leur appliquer ?

Dans les recommandations formulées à la fin des travaux, les participants ont proposé que soit en œuvre la contractualisation des relations de coopération entre collectivités et partenaires, d’instruire les services de l’état pour qu’ils puissent donner un appui plus conséquent aux collectivités territoriales dans la sensibilisation des populations sur les impôts et taxes, de renforcer le nombre d’agents des impôts dans les communes pour la mobilisation des ressources. Ils ont également demandé à l’état de transférer une partie de la TVA aux collectivités locales, de maintenir la contribution directe sous forme de subventions d’équipement et de fonctionnement et de promouvoir un espace économique favorable à la création d’entreprises burkinabè et à l’implantions de PME françaises dans les collectivités burkinabè.

Enfin, le gouvernement est invité à prendre en compte et à mieux structurer la mobilisation des ressources de la diaspora dont on sait qu’elle transfère par an près de 20 milliards de F CFA. L’organisation d’une rencontre entre les délégués des Burkinabè de l’extérieur et du gouvernement, prévu fin janvier sera sans doute l’occasion de définir les modalités de la participation des 7 millions de Burkina dans le développement du pays à l’image de ce qui se fait dans d’autres pays, notamment au Mali et au Sénégal.

Quant aux synergies entre collectivités territoriales et entreprises françaises, il a été recommandé l’appui en formation des PME françaises au PME burkinabè et les conventions signées entre les hommes d’affaires de la région Rhône-Alpes et celle des Hauts-Bassins constituent déjà un signal du type de partenariat possible, gagnant entre les chefs d’entreprises françaises et les autorités locales burkinabè.
Rendez-vous dans un an pour les prochaines assises

Joachim Vokouma

Lefaso.net

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