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FILO : Quel avenir pour le livre face aux TIC ?

Accueil > Actualités > Culture • • mercredi 28 novembre 2007 à 10h01min

La 7e édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO), débutée depuis le 22 novembre dernier sous le thème : "Littérature de jeunesse", a pris fin le mardi 27 novembre 2007. Elle s’est déroulée dans un contexte où les technologies de l’information et de la communication sont en train de prendre le pas sur tout.

Quel avenir peut donc avoir le livre dans un tel contexte, quand on sait que la jeunesse d’aujourd’hui est beaucoup plus tournée vers le Net au détriment des livres qui, soit dit en passant, coûtent excessivement cher ? Nous avons interrogé quelques acteurs du domaine qui se sont prononcés sur la question et aussi sur la portée du thème et de la tenue de la FILO.

Filippe Sawadogo, ministre de la Culture :

"L’avenir d’une nation, c’est la jeunesse ; l’avenir du monde, c’est l’éducation et le Burkina est engagé pour que l’éducation pour tous soit une réalité en l’an 2015. Nous sommes à la Foire internationale du livre de Ouagadougou et voyez combien ces centaines d’enfants sont heureux. Nous voulons leur apporter plus car, la connaissance, le savoir, c’est aussi la lecture".

Christiane Diop, marraine de la FILO et directrice de Présence africaine :
"Je m’occupe d’une maison d’édition et je trouve le thème de la 7e édition de la FILO formidable. Au Burkina, il ya toujours des innovations. Cette initiative est magnifique et je la soutiens. Présence africaine s’efforcera d’aider ceux qui s’intéressent à cet éveil de la jeunesse. J’ai lancé un appel pour que le livres soient accessibles aux enfants et je ferai tout pour cela. Comme Filippe Sawadogo est un fou de la littérature, nous allons le pousser à se débrouiller. Nous essayerons d’organiser un rendez-vous de tous ceux qui s’intéressent aux métier du livre parce que les livres coûtent cher, 12 000 F CFA, 20 000 F CFA. Cela représente le salaire d’un père de famille. Je suis sûre que le ministre nous écoutera et qu’il interpellera le président du Faso qui, de plus en plus, est sensible à la culture et, ainsi nous arriverons à faire baisser le prix du livre. Nous avons un projet pour rendre hommage au professeur Joseph Ki Zerbo. C’est un numéro de la revue Présence africaine dans lequel ont participé des historiens et des non-historiens.

Mamadou Karantao, directeur du Livre et de la lecture :

"Le phénomène du Net prend de l’ampleur mais ne doit pas inquiéter le livre. Quoi qu’on dise, le livre reste un outil de développement. II est vrai que sur internet on trouve tout mais, il n’y a ni règle ni loi sur internet. Il suffit d’avoir des moyens et on met tout ce qu’on veut en ligne. Ce n’est pas la même chose au niveau du livre. Avant de produire un manuscrit il y a d’abord un processus par lequel il faut passer avant que quelqu’un ne considère que les idées qui sont émises sont dignes d’intérêt. Parce n’est pas tout ce qui est écrit qui est publiable. Pour moi, le livre a de beaux jours devant lui. Internet est un puissant moyen d’information et de communication mais très peu de culture. Lorsque vous avez besoin de quelque chose sur internet, vous êtes obligé d’imprimer, de reproduire sur papier ou sur un support pour que cela puisse être réutilisable après. Ce qui vent dire que ce sont deux outils qui se complètent. Effectivement les livres coûtent cher. A ce sujet, nous avons entamé un certain nombre de réflexions que nous allons mener, tendant à la réduction du coût des intrants qui interviennent dans la production du livre. Le rôle régalien de l’Etat est de mettre à la disposition du public les ouvrages dont il a besoin. C’est ce que nous faisons à travers les bibliothèques communales de lecture publique qui sont implantées à l’intérieur le pays. Il y en a cinquante au total. Elles sont alimentées par l’Etat à travers des partenariats avec des pays étrangers et de la Francophonie. Pour un pays enclavé comme le nôtre, il faut reconnaître que le coût du livre est vraiment cher.

Calixte Beyala, écrivaine :

"Internet est en train de prendre le pas sur les journaux, pas forcément sur le livre, car on ne saurait lire un livre de 200 pages sur internet. L’objet papier a quelque chose de sensuel et de sacré. Les technologies de l’information et de la communication ne peuvent constituer un danger pour les livres. Nous l’avions pensé au début d’internet, nous étions tous inquiets mais en fait, cela n’a pas changé la vente des livres. Les auteurs qui vendent des livres vendent tout autant ce qui est mon cas par exemple. Evidemment, le problème qui se pose ce sont les jeunes qui partent sur internet et utilisent un langage affaibli, bâclé, ce qui ne leur permet pas de se construire une identité car ils n’apprennent ni à lire, ni à écrire. C’est cela le danger sur le terrain, nous sommes très content car nous nous sommes aperçus qu’internet ne constituait pas un danger pour la littérature. Je suis peut-être le seul écrivain africain à vivre de la littérature depuis plus de 20 ans."

Ambroise Médah, Président du comité d’organisation de la FILO :

"Internet prend sa source dans le livre. C’est une question en ce moment de facilité, de support et de disponibilité pour les jeunes en apparence, sinon le livre demeure le tout premier support par lequel il faut passer. Pour être un bon adepte, un bon pratiquant d’internet, pour être un bon navigateur dans le monde d’aujourd’hui, il faut nécessairement avoir lu sinon vous êtes un piètre navigateur en matière d’internet. Les technologies de l’information et de la communication ne peuvent être qu’un support pour la littérature. Un support bien fait, bien pensé, bien réalisé contrairement aux déchets qu’on projette, qu’on voit partout sur internet. Pour les jeunes , nous pensons qu’il faut les protéger. Pour l’avenir, nous estimons qu’il faut prendre la bonne source. Les jeunes méritent cela, c’est pourquoi nous organisons ces genres de manifestation".

Monique Ilboudo écrivaine :

Le thème de cette 7e édition de la FILO est très important. C’est peut-être le pan de la littérature qui est la plus difficile à écrire. Je félicite et j’admire toujours ceux qui écrivent pour les jeunes. J’avoue que ce n’est pas toujours facile, car j’ai essayé une seule fois. Il est important que la FILO cette année, après six éditions, porte sur ce thème parce que, comme on le dit toujours, l’avenir c’est la jeunesse et il faut bien que les jeunes lisent des livres d’Africains, de Burkinabè et c’est important qu’au cours d’une telle Foire, on fasse la promotion des livres et de la littérature de jeunesse. Il est vrai qu’internet est en train de gagner du terrain, mais moi je me dis qu’il faut utiliser ce nouveau moyen pour promouvoir les livres. Combien de livres sont lus sur le Net. Moi particulièrement, je lis quelques fois directement sur internet et ça me donne accès à plus de livres que si je devrais en acheter. Il faut arriver à faire payer des taxes pour que les auteurs gagnent. On peut utiliser aussi le cinéma pour promouvoir le livre . A ce propos le Burkina est un pays de cinéma mais, combien de romans ou de nouvelles burkinabè ont été adaptés au cinéma. Il faut qu’on arrive à travailler ensemble et à pouvoir utiliser nos livres dans d’autres canaux pour mieux faire connaître la littérature burkinabè.

Propos recueillis par Christine SAWADOGO et Gontran ZOUNGRANA

Le Pays

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