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Hausse des prix des céréales : "Il faut des mesures énergiques contre les spéculateurs"

Accueil > Actualités > Economie • • mercredi 28 novembre 2007 à 10h00min

Comment lutter contre les spéculateurs au moment où le gouvernement envisage de mettre les céréales à prix social au profil des populations ? C’est la question et en même temps l’inquiétude de l’auteur des lignes suivantes, qui en appelle à la prise de mesures énergiques contre ce genre de commerçants de céréales.

La situation alimentaire au Burkina Faso constitue le plat de résistance des débats actuellement chez les populations rurales et urbaines. L’intervention du ministre de l’Agriculture à l’Assemblée nationale le 13 novembre 2007 a fait un constat réel des problèmes et des possibilités de parer à une éventuelle pénurie alimentaire et à l’inflation des prix des céréales. Cependant, face aux astuces des spéculateurs, le gouvernement pourrait réfléchir sur la nécessité de mesures énergiques pour contrer la flambée des prix qui est déjà une réalité sur le marché suite à une investigation que nous avons réalisée.

L’issue de la campagne agricole 2007/2008 suscite des inquiétudes chez les populations au Burkina en raison des fortes inondations et de la fin précoce des pluies. En effet, le bilan céréalier officiel dressé par le ministère de l’Agriculture fait ressortir 15 provinces déficitaires sur 45. C’est cette situation éparse que l’on peut effectivement constater à travers le pays avec des déficits et excédents céréaliers par-ci, par-là. Mais les marchands spéculateurs de céréales profitent du climat général de psychose créé par le déficit pour pratiquer des surenchères injustifiées pour l’instant sur les prix des céréales. Ainsi, à peine la période des récoltes terminée que la flambée des prix est une réalité déconcertante sur les marchés de plusieurs localités en général, et surtout chez les marchands de céréales de Ouagadougou.

A Ouagadougou dans ce mois de novembre 2007, le prix du sac de maïs de 100 kg est passé de 7 000, 8000, 9000 F CFA à 14 000, 15 000, voire 15 500 F CFA. A l’intérieur d’un même marché, on constate des variations de prix du sac de maïs pour des montants de 500 à 1000 F CFA. Le sac de maïs qui n’a pas le même prix sur un même marché se retrouve encore plus cher dans des boutiques en ville. Le sac de 50 kg de riz a également connu une hausse passant de 11 000 F à 13 500 F CFA pour la même période.

Risque élevé de hausse vertigineuse

Si cette surenchère des prix des céréales se poursuit en cette période des récoltes, qu’en sera-t-il en temps de soudure, en l’occurrence la période de la saison pluvieuse où les stocks alimentaires connaissent un épuisement ? Le risque est grand que le spectre de la hausse vertigineuse du prix des sacs de céréales (maïs, mil...) en 2005 qui atteignait 20 000 à 30 000 FCFA par endroits se reproduise avec un degré d’inflation supérieur.

Le ministre d’Etat Salif Diallo, ministre de l’Agriculture et des Ressources halieutiques, a annoncé devant les députés des mesures sociales pour constituer des stocks de sécurité alimentaire et pour contenir le prix des sacs de céréales dans la proportion de neuf mille (9000) F CFA. Cette initiative sera salutaire et à encourager. Mais, comme les marchands spéculateurs ont déjà devancé l’iguane dans l’eau par la flambée des prix, il conviendrait que le gouvernement puisse envisager la possibilité de mesures assez énergiques pour normaliser la situation tarifaire des denrées alimentaires par une juste régulation. Pour ce faire, le gouvernement pourrait fixer des seuils de prix à ne pas excéder et prendre d’éventuelles amendes contre des spéculateurs contrevenants.

Redoubler de vigilance face aux spéculateurs

Ensuite, le gouvernement gagnerait à redoubler de vigilance face aux marchands spéculateurs qui ont plus d’un tour dans leurs sacs. Car, même si le gouvernement constitue des stocks de sécurité alimentaire à des prix sociaux, les spéculateurs peuvent subtilement racheter ces stocks et créer une situation de déficit dans l’optique d’une vente ultérieure par surenchère. Pour éviter cela, le gouvernement peut prendre des dispositions pour ne pas vendre les stocks de sécurité à des acheteurs grossistes et les mettre seulement à la disposition des populations à hauteur par exemple d’un à cinq sacs par famille pour chaque achat.

Par ailleurs, un vaste programme de communication et d’information serait utile pour que les populations sachent où acheter les stocks alimentaires de sécurité à prix sociaux afin de faire échec à la politique inflationniste des marchands spéculateurs. C’est à ce niveau justement que les propos du ministre de l’Agriculture pourraient produire les effets escomptés, à savoir que les spéculateurs soient obligés de suivre les prix sociaux diligentés par le gouvernement à défaut de se retrouver avec sur les bras et dans leurs magasins, les denrées qu’ils ne pourront écouler faute d’acquéreurs. Les marchands de céréales peuvent bel et bien vendre actuellement le sac de maïs de 100 kg à 9000 F CFA et y tirer du bénéfice car ils l’achètent parfois à moins de la moitié de ce prix chez les paysans en cette période de récoltes.

Le Premier ministre Tertius Zongo, qui aime dénoncer des situations anormales, peut avec son gouvernement oeuvrer pour contrer la flambée des prix des céréales pour une cohésion sociale et une sécurité alimentaire garantie. Car, plus que les hydrocarbures, la hausse des prix des céréales préoccupe l’ensemble des Burkinabè des villes et des campagnes. Le gouvernement ferait oeuvre utile en mettant les populations à l’abri des marchands spéculateurs en quête de profits exagérés.

Bérenger Traoré

Le Pays

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