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Vive le tourisme ! Mais quel tourisme ?

Accueil > Tourisme • • mardi 13 novembre 2007 à 10h35min

Le salon du tourisme et de l’hôtellerie vient de se terminer. Il s’est déroulé à Ouagadougou du 25 au 28 octobre dernier. Ce fut une réussite. Plus de 30 000 visiteurs sont venus et on ne peut que s’en réjouir. C’est en effet une activité passionnante qui ouvre aussi des perspectives économiques intéressantes.

Le Burkina Faso est un pays magnifique à découvrir. Et qui conduit d’émerveillement en émerveillement le touriste guidé avec intelligence et sagesse.

Regarder un coucher de soleil sur les étendues sahéliennes du haut des collines de granit d’Aribinda. Boire les trois thés sur la dune d’Oursi pour le passage du nouvel an. S’extasier devant les mosquées de Bani… Le Burkina regorge de sites envoûtants.

Rencontrer les populations d’un village et partager avec elles le tô et le dolo. Etre accueillis par des foules d’enfants rieurs. Dormir dans une jolie case, sans électricité et loin des bruits qui parasitent la vie des citadins… Autant de dépaysements qui font le charme d’un voyage.

Visiter le village artisanal de Ouagadougou reste le point d’orgue, le bouquet final : un savoir-faire éblouissant et très bien mis en valeur.

Oui, le Burkina a bien des visages fascinants à offrir aux touristes qui cherchent à découvrir le monde et ses merveilles. Et pour développer toutes ces activités touristiques, il faut bien sûr, investir, inventer, créer, prendre des initiatives… Il y a beaucoup à faire encore.

Mais le tourisme a également, hélas, une autre face, bien plus tragique et difficile à maîtriser… et dont il faut bien parler aussi. Il ne s’agit pas seulement de la question – fort débattue – des agences non officielles, recrutant via Internet, et qui ne présentent que peu de garanties.

Il s’agit d’une autre question : l’industrie du tourisme doit prendre conscience qu’elle contribue indirectement à une "économie du sexe". Elle doit prendre ses responsabilités ; au même titre d’ailleurs que les touristes eux-mêmes qui sont les premiers concernés.

Les Caraïbes, l’Asie du Sud-est (Birmanie, Thaïlande…), l’Ile Maurice et bien d’autres destinations sont devenues trop souvent synonymes de "tourisme sexuel". Faire en sorte que nos pays n’acquièrent pas cette réputation est un grand défi pour tous. Les tentations sont immenses, tant le commerce du sexe est une activité hautement lucrative. Les réseaux mafieux de tous genres (avec souvent des complicités administratives et policières) cherchent à s’emparer de ce "marché" et à le développer à leur profit.

La pauvreté aidant, ou plutôt l’écart si criant de richesse avec le touriste, peut faire tomber les plus fragiles… Il y a 30 ans, il n’y avait que quelques "Ghanéennes" à le faire, mais aujourd’hui…ce sont les filles du pays…

Certaines "coutumes" pourraient aussi nous y entraîner : un chef peut-il laisser "dormir seul" un étranger que l’on veut honorer ? Certaines fêtes sont des "invitations"…

Certaines "habitudes" sont déjà trop tolérées, comme ces camionnettes de jeunes filles que l’on amène sur les camps de base de certaines entreprises de travaux publics…

Certains bars, certains hôtels ne cachent même pas cette face hideuse de leur commerce… D’où vient cette tolérance ? Est-ce aussi un des fruits du libéralisme ?

Très vite le tourisme peut "déraper"…

En Asie du Sud-est, on parle de 20 millions (je dis bien 20 millions) de femmes et d’enfants livrés à la prostitution depuis 35 ans. C’est une des conséquences indirectes, c’est un effet pervers du développement à outrance du tourisme et des "loisirs" (une politique vivement encouragée là-bas par le FMI et la Banque mondiale)

Nous ne voulons pas de ces malheurs chez nous ; mais "mieux vaut prévenir que guérir" et nous interroger dès maintenant sur le tourisme que nous voulons promouvoir et celui dont nous ne voulons pas la promotion.

Père Jacques Lacour
BP 332 Koudougou (jacqueslacourbf@yahoo.fr )

Le Pays

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