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Louis Nandoh, conseiller technique du ministre ivoirien du Tourisme et de l’artisanat : « La Côte d’ivoire est de retour »

Accueil > Tourisme • • lundi 12 novembre 2007 à 17h13min

Louis Nandoh

Invitée d’honneur de la quatrième édition du Salon internationale du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (Sitho) qui s’est déroulé du 25 au 28 octobre dernier, et auquel ont pris part huit pays africains, la Côte d’Ivoire n’a pas lésiné sur les moyens pour promouvoir ses atouts touristiques.

Aux côtés des nombreux conseillers du ministre du Tourisme et de l’artisanat, Sidiki Konaté, il y a avait également plusieurs opérateurs économiques du secteur, le personnel de « Côte d’Ivoire Tourisme », l’organisme chargé de promouvoir les richesses touristiques du pays et Miss Côte d’Ivoire, également miss Cedeao, Alima Diomandé. Objectif : convaincre les touristes étrangers que la Côte d’Ivoire est redevenue une destination sûre. Explication avec Louis Nandoh, conseiller technique du ministre du Tourisme et de l’artisanat.

Le Sitho, une opportunité de vendre la destination Côte d’Ivoire ?

Absolument ! Et je voudrais, à la suite du ministre Sidiki Konaté, remercier les autorités burkinabè qui ont choisi la Côte d’Ivoire comme invitée d’honneur de cette édition du Sitho, et de ce fait, notre participation revêt un caractère particulier. Après avoir parrainé les accords de paix en mars dernier, le Burkina nous tend encore une perche hautement symbolique. Le symbole d’un pays frère qui a décidé à travers la solidarité africaine de nous accompagner jusqu’à la sortie de crise.

Cette année, nous mettrons à profit notre séjour pour non seulement nous inspirer de l’expérience burkinabè en matière de management événementiel, mais aussi lancer un message aux pays frères de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour leur dire : la Côte d’Ivoire est de retour. Nous sommes venus à Ouagadougou dans le but de repositionner la destination Côte d’Ivoire et c’est dans cette optique que notre ministre a organisé une journée de la réconciliation ivoirienne, au cours de laquelle nous avons présenté nos atouts touristiques et célébré l’amitié ivoiro-burkinabè.

Vous avez mobilisé beaucoup de moyens pour participer au Sitho. Croyez-vous vraiment à la relance du tourisme ivoirien ?

Tout a fait ! Et le ministre qui a conduit une forte délégation d’environ quatre-vingt personnes dont des opérateurs du secteur touristique, l’a réaffirmé à plusieurs reprises. Nous croyons au processus de paix de Ouagadougou, au repositionnement de la destination Côte d’Ivoire, mais nous sommes aussi convaincus que l’intégration sous-régionale à travers le tourisme va surtout favoriser le brassage de nos populations, afin que nous puissions mieux nous connaître et éviter les malentendus parfois fâcheux

Quel est l’impact de la guerre sur le secteur touristique ?

A cause de la crise, nous avons enregistré une chute brutale du taux d’occupation des hôtels certains atteignant péniblement 10%. Les arrivées internationales se sont faites rares également, à peine 100 000 touristes contre 500 000 en temps normal car les Tours opérateurs ne programmaient plus la destination Côte d’Ivoire. Mais fort heureusement, la guerre que nous avons connue a été somme toute particulière parce qu’elle n’a porté atteinte à aucune infrastructure publique. C’était un combat entre militaires et nous avons réussi à sauvegarder notre patrimoine touristique et culturel. Le seul problème, c’est que certaines régions ont beaucoup souffert de la guerre et où se pose le problème de la sécurité, mais tout cela est entrain de rentrer dans l’ordre grâce aux accords de paix. Nous pensons que les choses vont bientôt redémarrer et à Paris où nous nous sommes rendus récemment, nous avons senti que la confiance revient

Qu’est-ce que vous êtes venus présenter à Ouagadougou ?

Nous sommes venus présenter d’abord l’image restaurée de la Côte d’Ivoire comme destination sûre, et nous invitons les peuples africains et du monde à revenir dans notre pays comme avant. Nous sommes venus dire au monde entier que nos potentialités touristiques sont inestimables, qu’il s’agisse des produits balnéaires au sud, de l’éco-tourisme ou des produits culturels…Nous avons réussi à sauvegarder des sites à l’ouest et au nord de la Côte d’Ivoire, au centre également et nous voulons saisir l’occasion de présenter la capacité de nos opérateurs à pouvoir se remobiliser pour répondre aux nouveaux enjeux touristiques

Donc, on peut maintenant circuler librement du Nord au Sud, d’Est en Ouest…

Tous les opérateurs, artistes, musiciens sont venus par cars et une partie de la délégation ministérielle est venue en voitures, après avoir dormi au Nord. A la frontière, nous n’avons eu aucun problème pour continuer notre route. Il faut savoir qu’il y a un commandement intégré composé de militaires des Forces armées nationales et des Forces nouvelles qui assure la sécurité sur l’ensemble du territoire. Un touriste peut donc se promener aux quatre coins du pays en tout quiétude, le jour comme la nuit. Nous sommes conscients qu’il nous reste beaucoup de travail à faire pour restaurer l’image de l’Afrique en général et de la Côte d’Ivoire en particulier. Nous avons le malheur d’être un pays africain car savez-vous qu’à Los Angeles, il y a un meurtre toutes les trente secondes ? Et pourtant des touristes y vont !

Quel est le poids du tourisme dans l’économie ivoirienne ?

Avant la guerre, nous étions autour de 5%, l’agriculture occupant 43% avec le cacao et le café. Le poids du tourisme a baissé à cause de la guerre mais nous restons convaincus que dans le cadre de la réconciliation nationale, dans le cadre de l’intégration sous-régionale et la promotion de notre image, le secteur du tourisme retrouvera la place qui était la sienne avant le début du conflit.

Propos recueillis par Joachim Vokouma
Lefaso.net

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