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Boukari Kaboré, dit "Le lion" : "Thomas Sankara était un ami personnel"

Boukari Kaboré, dit "Le lion"Le capitaine Boukari Kaboré, dit « Le Lion du Boulkiemdé », pour avoir joué un rôle déterminant pendant la Révolution aux côtés des capitaines Thomas Sankara et Blaise Compaoré, n’est pas un inconnu pour les Burkinabè. Agé de 57 ans, il vit aujourd’hui retranché dans sa « tanière », à la lisière de Makognèdougou, village situé à 54 km de Bobo Dioulasso.

C’est dans cet hameau, où il vit entouré de ses 4 « lionnes » et sa vingtaine de « lionceaux », que nous l’avons rencontré le 6 octobre dernier. A quelques jours de la commémoration du 20e anniversaire de la disparition du père de la Révolution, le capitaine Boukari Kaboré nous a livré ses souvenirs les plus gais comme les plus amers des années Thomas Sankara. Les évènements du 15 octobre 1987, Il s’en souvient comme si c’était hier. Dans l’interview qui suit, Le Lion nous raconte dans les détails sa journée du 15 octobre 1987. Il évoque aussi les acquis et insuffisances de la Révolution de 1983 à 1987, donne sa vision du mouvement sankariste, soulève un coin du voile sur les prétendus pouvoirs mystiques dont il disposerait, etc. C’est avec un Lion plutôt doux comme un agneau que nous nous sommes entretenu pendant plus d’une heure entre chants d’oiseaux et bêlements de moutons. Lisez plutôt.

Le Pays : Dites-nous qui est aujourd’hui le capitaine Boukari Kaboré, dit « Le Lion ».

Boukari Kaboré, dit Le Lion : Je crois que ce sera là une répétition car je me suis plusieurs fois présenté aux Burkinabè. Mais puisque vous me le demandez, je vous répondrai. Je suis un officier qui a fait des études. Et là je tiens à préciser une fois pour toutes que j’ai étudié. Puisque quelquefois, sous l’effet de la colère, je réponds moi-même par la négative lorsqu’on me demande si j’ai fait l’école. Maintenant, je tiens à lever toute équivoque : moi, j’ai fait l’école coranique et l’école française. J’ai fait l’école primaire à Ouaga, au PMK de 1961 à 1974. J’y ai obtenu le CEP, le BEPC et même le bac. Puis j’ai rejoint l’Académie de Yaoundé en 1974. J’ai fini à l’Académie le 16 juillet 1977 en tant que sous-lieutenant. Et je suis reparti pour l’Institut de la jeunesse et des sports de Yaoundé où j’ai fait 4 ans pour sortir en 1981 comme professeur certifié d’EPS (ndlr, éducation physique et sportive). Alors, celui qu’on appelle le capitaine Kaboré est un lieutenant professeur certifié d’EPS. Et ce n’est pas tout ! Actuellement, j’ai le grade de commandant parce qu’il y a eu une réhabilitation. J’ai été réintégré (ndlr, il avait été radié de l’armée) et on m’a nommé commandant. J’ai maintenant pris ma retraite ; que dis-je ! On m’a mis à la retraite en tenant compte de ma date de naissance : le 22 mai 1950. Voilà un peu qui est Kaboré Boukari, dit Le Lion.

Et d’où vous vient le surnom "Le Lion" ?

Vous savez, le capitaine que je fus a commandé le bataillon d’intervention aéroporté, c’est-à-dire les parachutistes. Et le parachutiste, c’est l’incarnation de la force et de l’honneur. Et ce qui incarne la force et l’honneur, c’est le lion. Notre emblème était donc un lion. Notre devise, c’était "qui ose gagne". Avec le lion comme emblème, les éléments du corps avaient décidé, avec ironie, que leur chef de corps soit appelé « Le Lion » et eux, les « Lionceaux ». C’était l’idée d’un samo, paix à son âme ; il s’appelait Tiéma Yacouba. A l’époque, j’avais dit : "Non ! Pas de surnom". Mais lui, parent à plaisanterie, s’entêtait à m’appeler "Le Lion". Et quand je demandais :"quoi ?" Il reprenait : "Pardon... mon capitaine !" Finalement, tout le monde s’obstinait à m’appeler "Le Lion" et j’ai fini par accepter ce surnom, malgré moi.

Que représente pour vous la date du 15 octobre 1987 ?

Le 15 octobre 1987 est une date déjà lointaine. Elle est même très lointaine mais elle nous a tout de même laissé des séquelles, à telle enseigne qu’on ne peut pas l’oublier. Il y a eu des déboires politiques et les tiraillements qui s’en sont suivis se sont dénoués par l’assassinat du président Thomas Sankara. J’en ai aujourd’hui des souvenirs très amers. Aujourd’hui, je suis gagné par l’amertume chaque fois que j’y pense.

Est-ce que vous avez été surpris par ce qui est arrivé le 15 octobre 1987 à Ouagadougou ? Ou bien l’avez-vous senti venir ?

Personnellement, je n’ai pas été surpris par ce qui est arrivé le 15 octobre 1987. Parce qu’en politique, lorsque la maison doit brûler, il y a forcément des prémices, des signes annonciateurs. Je peux dire que je n’ai pas du tout été surpris par les évènements du 15 octobre. On a vu venir les choses, mais on espérait surtout que ça s’arrangerait. Malheureusement, rien ne s’est arrangé.

Qu’est-ce que vous pressentiez alors ?

On sentait que ça n’allait pas. Et lorsqu’il y a un pouvoir en place et que ça ne va pas, on s’attend, naturellement, à ce que ça passe ou ça casse ! De deux choses l’une : ou bien celui qui tente de faire un coup d’Etat échoue, ou bien il réussit. Donc ou ça réussit, ou ça échoue. Et si ça échoue, c’est celui qui est en place qui reste. Et si ça réussit, eh bien ! celui qui est en place s’en va et celui qui a fait le coup le remplace. Mais il y a amertume totale lorsqu’il y a mort d’homme. On n’est pas obligé de tuer pour remplacer ! On peut, par exemple, mettre le type en prison ! Ce serait une bonne alternative d’ailleurs. Et cela correspondrait au respect des droits de l’homme. A la veille du 15 octobre 1987, je m’attendais à voir quelque chose se passer, mais ce qui est arrivé fut vraiment douloureux.

Pouvez-vous nous relater le film de votre journée du 15 octobre 1987 ?

Pour être sincère, je vous rappelle d’abord que les derniers moments étaient tendus. Il y avait des prémices d’étincelles. Et comme le feu planait, chacun se méfiait. Et dans cette atmosphère, moi, je cherchais à m’éloigner petit à petit de Ouagadougou. Pour de simples raisons de sécurité. D’ailleurs, on est plus en sécurité quand on est chez soi. C’est ainsi que le 15 octobre m’a trouvé dans ma tanière à Koudougou. Je dois signaler qu’il y a eu des tentatives pour empêcher qu’il arrive ce qui est malheureusement arrivé le 15 octobre 1987 à Ouagadougou. On a essayé, par tous les moyens, d’apaiser les esprits, de ramener le calme, mais rien n’y fit. Ceux-là qui empoisonnaient l’atmosphère, de leur côté, faisaient des efforts pour davantage empoisonner l’atmosphère. C’est ainsi qu’il est arrivé un moment où des gens étaient en train de nous faire croire que Thomas Sankara préparait un coup d’Etat. Moi, j’ai entendu cette rumeur.

Mais un président qui fait un coup d’Etat ? Ce serait contre qui ? Et nous autres étions considérés comme des proches de la sécurité. Nous étions ceux-là qui pouvaient assurer correctement la sécurité de Thomas. Je rappelle que Thomas était mon ami personnel. Nous avons fait l’enfance et l’école ensemble ; nous avons ensemble été au PMK, nous avons évolué ensemble dans l’armée. Il y avait vraiment une amitié sincère entre lui et moi. Moi étant de l’armée et lui étant chef, j’avais donc la responsabilité d’assurer sa sécurité. Et j’assumais cette responsabilité, persuadé que Thomas était l’homme qu’il fallait pour la tâche qu’il était en train d’accomplir. Pour revenir à votre question, le 15 octobre 1987, je me retrouvais donc en retrait à Koudougou. Ce jour-là, précisément le soir, il y a des témoins, j’étais chez moi au village. J’étais parti y voir la famille. J’étais chez l’imam du village pour demander un doua. C’était un jeudi et ceux qui sont musulmans savent que jeudi et vendredi sont de grands jours pour les doua.

A 15 h, j’ai donc quitté Koudougou pour rallier le village avec mon frère aîné pour voir l’imam, car depuis le décès de mon père, c’était lui mon vieux de référence au village. Il est très sage et me donnait de très bons conseils. Ensemble, nous avons fait la prière de 16h. Et après, j’ai acheté 100 noix de cola auxquelles j’ai ajouté 5 000F et mon frère 1 000F que j’ai remis à l’imam pour le doua. Et juste après le doua, je me suis levé pour rentrer puisque j’avais une réunion OMR (Organisation militaire de la révolution). C’était donc nous, militaires, qui devions nous retrouver le jeudi 15 octobre à 20h. Le mardi précédent, on avait tenu une réunion OMR au cours de laquelle on avait mandaté certains éléments pour aller trouver feu Watamou Lamien, un des responsables de l’UCB, pour leur dire que les militaires qui appartenaient à l’UCB, compte tenu des tensions du moment, devaient carrément s’en retirer pour constituer un noyau dans l’armée dénommée OMR.

Et ces gens ayant été mandatés le mardi soir devaient se retrouver le jeudi pour le compte rendu de leur mission. Et cette réunion n’a finalement pas eu lieu et des gens ont dit après que c’était à cette même réunion que l’on voulait préparer le coup d’Etat qui a finalement eu lieu plus tôt. Alors, moi, dans mon programme, je devais continuer sur Ouagadougou. En temps normal, je serais venu à Ouagadougou la veille de la réunion et j’en serais peut-être reparti le lendemain, après avoir fait quelques courses. Mais compte tenu de la tension d’alors, je partais juste pour la réunion pour revenir immédiatement après. Parti du village après l’entretien avec l’imam, je devais repasser à Koudougou chercher feu le sous-lieutenant Ky Bertrand qui devait prendre part à la fameuse réunion OMR. Mon grand frère avait même proposé que du village nous rentrions ensemble directement à Ouagadougou pour éviter que je sois en retard pour la réunion. Je lui ai répondu qu’il fallait que je reparte chercher un élément à Koudougou.

C’est en chemin pour Koudougou que j’ai rencontré des militaires à bord d’une jeep. Ils étaient venus nous chercher avec une sécurité renforcée. C’était la panique générale au sein de la troupe. Et c’est ainsi que j’ai appris la triste nouvelle de l’assassinat du président Thomas Sankara. Arrivé à Koudougou, j’ai constaté que tout le monde était sur le qui-vive, tout agité. Certains éléments m’ont même dit qu’il fallait qu’on brûle Ouaga. Et j’ai dis non !, pas question ! Je me suis catégoriquement opposé à une éventuelle rébellion. Et la tension était très vive. A telle enseigne qu’à un moment, j’ai eu l’impression qu’on allait me ligoter pour faire cette rébellion. Alors je me suis énervé et je m’en suis allé, les laissant dans cette histoire. Pour moi, il fallait déposer les armes car ce n’était pas la peine d’aller tuer inutilement des gens pour quelqu’un qui était déjà mort. S’il était encore vivant, on aurait pu tenter de le sauver. Mais il était déjà mort et il n’y avait plus rien à faire. Il fallait plutôt éviter de verser inutilement du sang. Voilà exactement ce que j’ai vécu le 15 octobre.

Est-ce qu’il y a eu dans l’immédiat quelques suspicions pour ce qui était des auteurs ou commanditaires de cet assassinat ?

Vous savez, ça fait tellement longtemps et moi, je préfère aujourd’hui ne même plus y penser. De toute façon, j’avais dit dès le soir du 15 octobre 1987 que chacun serait responsable de ses actes. Fervent croyant, j’avais dit que chacun serait responsable de ses actes devant le Tout-Puissant. Même si on savait par avance que quelque chose allait se passer, et même si on était sûr qu’il y aurait assassinat, je ne crois pas que les choses auraient pu se passer autrement. Parce que Thomas même avait dit qu’on devrait se laisser tuer pour que demain des gens parlent de ce que nous avions fait. Je lui avais répondu : "non ! moi, je ne veux pas mourir ! Toi tu es président ; si veux mourir, je ne suis pas tenu de t’accompagner !" Nous avons souvent eu de telles discussions.

C’était longtemps avant le 15 octobre ?

Bien avant ! C’était au moment où la situation était bien pourrie. Finalement, c’est arrivé. C’est pourquoi j’ai dit que ça n’a pas été une surprise pour moi. Mais si maintenant on cherche à trop tirer sur cette affaire, ça va être inutilement long. Puisque le type était déjà mort et on ne pouvait plus rien faire. S’il avait été vivant, je crois que j’aurais tué tout le monde pour le sauver et ça aurait été ma mission. Mais comme il était déjà mort, j’ai préféré arrêter.

Avant même le 15 octobre, les partisans de Thomas étaient accusés de vouloir créer une unité qui, sous le commandement de Vincent Sigué, devrait se charger de déblayer les autres militaires. Qu’en était-il ?

Ce ne sont que des histoires. Chez nous, on dit que lorsqu’on veut tuer son chien, son chat ou n’importe quel animal de la basse-cour, on l’accuse d’être atteint de maladie incurable. Sinon, voyez-vous, le président Thomas était le chef de l’Etat. S’il voulait créer une unité spéciale, qu’est-ce qui l’aurait empêché de le faire ? Dire donc que Thomas voulait créer une unité contre les autres n’engage que ceux qui tiennent de tels propos. Sous la Révolution, il y avait autre chose à faire que se régler les comptes. Et Thomas n’était pas quelqu’un qui aimait les règlements de comptes, sinon il ne se serait pas laissé assassiner ainsi.

Lorsque le soir du 15 octobre vous avez demandé à vos éléments de se chercher, où vous êtes-vous vous-même réfugié ?

Je n’avais pas demandé à mes éléments de se chercher ; je leur ai plutôt dit de déposer les armes car il n’y avait plus rien à faire. Ce n’était pas la guerre contre un autre pays, mais plutôt entre nous, frères. Si Thomas avait été emprisonné, par exemple, on serait parti le libérer. Maintenant qu’il était mort, il n’y avait plus rien à faire. C’est la consigne que j’ai donnée à mes éléments auprès de qui je suis resté.

Ensuite ?

La suite est que par les incompréhensions et la panique des uns et des autres, on a été jusqu’à Koudougou pour me cerner, me reprochant d’être en rébellion. Alors que Koudougou n’avait jamais été en rébellion et je crois que l’histoire l’a prouvé par la suite.

On a donc tenté de vous arrêter...

Koudougou a été attaquée par le reste de l’armée. Certains corps sont arrivés, d’autres pas. Ceux qui sont venus n’ont rencontré aucune résistance. Les gens sont entrés librement à Koudougou et moi, je me suis retiré.

Comment ?

Attention ! On ne dit pas tout ! Si je vous dis tout aujourd’hui et que demain c’est le même scénario et que je doive me retirer, ça va être un échec (rires...) ! C’est vrai que ça a été amer puisqu’il y a certains éléments qui ont été tués, mais Koudougou n’a jamais été en rébellion. Jamais !

Vous aviez, à l’époque, fait une déclaration sur RFI, déclaration dans laquelle vous vous disiez disposé au dialogue ; puis par la suite, vous vous êtes rétracté. Les gens n’y avaient rien compris ...

Ok. Je vais être clair sur ce point précis : ceux-là qui ont dit que je me suis rétracté ont raconté des balivernes. Qu’est-ce qui s’est passé à l’époque ? Dans l’interview que j’ai accordée aux 6 ou 7 journalistes, j’avais expressément dit qu’il n’y avait pas de guerre. Mais j’ai eu l’impression que ces journalistes voulaient que je leur dise que j’étais en rébellion. Pendant que je m’efforçais de leur dire que ça ne servirait à rien d’aller en guerre parce qu’on était entre frères, j’ai eu le sentiment qu’ils étaient déçus de ma réponse.

Malgré leur insistance, j’étais catégorique : on ne descendra pas sur Ouaga assassiner inutilement des Burkinabè. C’est moi qui ai formé les gens et je savais de quoi ils étaient capables. Si j’avais donné le feu vert, il y aurait eu tellement de cadavres ! Et une dame parmi ces journalistes m’avait demandé ce que je ferais si, malgré notre pacifisme, des gens venaient nous attaquer jusqu’à Koudougou. J’ai alors répondu : "Alors là, je combattrai jusqu’à ma dernière cartouche." Voilà très exactement ce que j’ai dit et je m’en souviens parfaitement. Si ces journalistes-là n’étaient pas de mauvaise foi, ils auraient fait passer toute l’interview pour que les gens comprennent. Mais ils l’ont tronquée et n’ont fait passer que le bout de phrase "Je combattrai jusqu’à ma dernière cartouche".

Même l’expression "alors-là" a été coupée parce qu’elle supposait que quelque chose avait été dit avant. Je me rappelle très bien mes propos lors de l’interview. J’ai une très bonne mémoire. Je me rappelle encore les sourates du Coran que j’ai assimilées avant même d’aller à l’école. Ce n’est donc pas une phrase que j’ai dite rien qu’en 1987 que j’oublierais de sitôt ! D’aucun disent que je suis malade, ce sont ceux-là qui souhaitent que je sois malade ; il y en a qui disent que je suis fou, ce sont ceux-là qui souhaitent que je sois fou. Je me porte pourtant très bien et mes méninges sont bien en place. J’ai la chance d’avoir une excellente mémoire. Ils ont tronqué ma phrase et les gens ont dit que le monsieur qui avait dit qu’il ne ferait rien est revenu pour dire qu’il combattrait jusqu’à sa dernière cartouche. C’est ainsi qu’on m’a traité de fou. Moi-même j’ai écouté RFI et ça m’a fait sourire.

En définitive, Koudougou a été attaquée et vous n’avez pas combattu jusqu’à la dernière cartouche…

Non. Je ne peux pas dire que Koudougou a été attaquée. Puis-ce qu’il n’y a pas eu de combat. Ils sont venus tirer, mais sur qui ? J’avais dit à la population de rester à l’abri parce que c’était dangereux, ces coups de feu. En pareille situation, il y a toujours des gens qui souhaitent que ça chauffe. Mais si ça devait chauffer, je vous jure qu’il n’y aurait pas eu un seul militaire qui aurait osé pénétré à Koudougou. Je ne suis pas en train de me vanter mais tout le monde a reconnu cela. Mais s’il n’y a pas combat, je fais quoi ? Si jamais il y avait eu le combat, c’est là que j’aurais combattu jusqu’à ma dernière cartouche. Mais j’ai juste demandé à mes éléments de déposer les armes car c’était moi qu’on cherchait. J’aurais ainsi préféré être le seul à mourir plutôt que d’être responsable d’un éventuel massacre de la population de Koudougou ! Et si ça se limitait aux seuls militaires, ce serait, à mon avis, moins grave. Je dirai que c’est nous qui jouions avec nos armes. Mais il y aurait forcément eu des victimes parmi les civils. C’est pourquoi j’ai demandé à mes éléments de déposer les armes et ils m’ont obéi.

Est-ce que vous avez une idée du nombre de militaires qui ont été tués au cours de ces évènements ?

Non, pas exactement. J’ai seulement connaissance du nombre de morts parmi mes éléments.

Combien étaient-ils ?

A Koudougou, 11ont été tués. 6 officiers et 5 sous-officiers. C’était de très bons militaires.

Des civils aussi ?

Le 27 octobre, date de l’entrée des militaires à Koudougou, il y a eu un seul civil tué par balle perdue. Et quand on m’a annoncé cela autour de 11 h, j’ai dis : "Dieu soit loué !" J’ai remercié le Tout-Puissant de nous avoir épargné un massacre.

Par la suite, vous vous-êtes exilé au Ghana. Qu’y êtes-vous allé chercher ?

J’y suis allé vivre paisiblement. Je me suis retiré pour des raisons de sécurité, puisque je ne voulais pas mourir. J’ai profité de ce séjour pour pousuivre des études.

Et qu’avez-vous étudié au Ghana ?

Principalement l’anglais. Si vous voulez, on peut poursuivre cette interview en anglais ; je serai très à l’aise (rires).

Et après le Ghana ?

Après le Ghana, je suis rentré. Et depuis lors, je suis devenu cultivateur.

On sait que Jerry Rawling, l’ancien président ghanéen, était un ami de Thomas Sankara. Durant votre séjour dans son pays, ne vous a-t-il pas fait de propositions tendant à vous aider à reconquérir le pouvoir fraîchement pris par Blaise Compaoré ?

Jamais ! C’aurait d’ailleurs été un manque de tact.

Vous l’avez tout de même rencontré !

Oui. Même s’il m’avait fait une telle proposition, je lui aurait dit que c’était une erreur. Le Ghana est un pays voisin du Burkina. Ma maturité politique m’aurait évité de commettre l’erreur de tomber dans ce piège.

Vous étiez ami avec Thomas Sankara, mais quelle relation vous liait à Blaise Compaoré ?

C’est simple. Nous étions un groupe d’amis. Mais à un moment de l’histoire, il y a eu des problèmes. Et le dénouement a été douloureux. Moi, je connais Blaise et Blaise me connaît très bien ! Je n’ai aucun problème avec lui ! Là où le bât blesse, c’est l’éclatement du groupe que nous constituions. On ne peut quand même pas me demander d’admettre qu’il est bon qu’un ami tue un autre ami ! Sinon je n’ai aucun problème particulier avec Blaise.

Est-ce que vous avez eu des échanges avec le capitaine Blaise Compaoré immédiatement après les évènements du 15 octobre ?

A quoi cela aurait-il servi ? Rien n’était arrangeable.

Vous étiez un groupe d’amis...

Oui, mais dans la mesure où nous avions déjà le cadavre en face, qu’est-ce qu’on pouvait faire ? Moi, j’ai eu un entretien avec le capitaine Zongo qui m’a demandé pourquoi j’étais fâché. Je lui ai répondu que je n’étais pas fâché mais déçu. A mon âge et en tant qu’officier qui commande tout un corps, je ne devais pas être faible de caractère. Dans nos échanges, j’ai dit à Zongo que ce qui était arrivé était vilain. Avec la panique du moment, beaucoup avaient pensé que j’allais faire quelque chose, mais je suis tellement mûr d’esprit que je n’ai rien fait du tout. C’était mûrement réfléchi.

A l’occasion des 20 ans de la mort du président Thomas Sankara, ses partisans prévoient un grand symposium. Est-ce que vous y êtes impliqué ?

Nécessairement, oui. Et je suis partant pour ce principe. Thomas était un ami et il aurait été lâche de ma part de me mettre en marge de cette commémoration. C’est vrai que mes moyens ne me permettent pas d’agir comme les autres, mais j’adhère entièrement à ce principe. Vous savez sans doute que j’ai quand même souffert ! Je viens d’avoir un dénouement de ma situation sociale. Ça m’étonnerait que parmi mes collègues quelqu’un accepte, comme moi, de vivre dans du banco. C’est l’absence de moyens qui fait que je ne peux pas suivre le mouvement des autres sinon je suis de corps et d’esprit avec ceux-là qui pleurent la disparition du président Thomas Sankara.

Parlant de votre réhabilitation après plusieurs années passées hors de l’armée, est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que tout est ok ?

Oui... Enfin, presque. Parce qu’il y a eu un procès qui a fini par me donner raison. Le Conseil d’Etat a demandé que je sois rétabli dans mes droits. Mais il y a encore quelque chose qui cloche : je suis capitaine depuis 1985. Nous sommes aujourd’hui en 2007. J’ai été sanctionné en 1995, c’est-à-dire après dix années passées en tant que capitaine. Il y a eu des problèmes politiques qui se sont mêlés à la vie militaire du capitaine Kaboré. Sinon tous mes collègues, comme moi, ont le grade de commandant depuis 1995. Alors de 1995 à 2007, ça fait 12 ans. Qu’on vous dise que depuis 12 ans Le Lion est resté commandant, est-ce que ça ne vous étonne pas ?

Vous méritez donc quel grade, selon vous ?

Ecoutez, mes collègues sont aujourd’hui colonels ! Je mérite au moins d’être colonel, sinon général. Je pense, modestement, que je mérite aujourd’hui d’être un colonel de l’armée burkinabè.

Boukari Kaboré, dit Le Lion, a vu naître la Révolution ; il l’a vue mourir. Quels sont, selon lui, les acquis de cette Révolution guidée pendant 4 ans par feu le président Thomas Sankara ?

Je peux répondre à cette question en une seule phrase : les acquis de la Révolution se résument à l’ouverture d’esprit des Burkinabè. Personne ne pourra me convaincre que l’évolution actuelle de ce pays se fait en dehors de la voie tracée par la Révolution. Sur tous les plans, nous sommes en train d’avancer vers ce que la Révolution avait voulu faire du Burkina, même s’il faut reconnaître qu’elle a eu des insuffisances. En quatre années, ce que la Révolution a fait pour le Burkina ne doit pas seulement être qualifié de bien, mais d’excellent. Il y a eu énormément d’acquis ! Si aujourd’hui le Burkina est très bien connu dans le monde entier, à telle enseigne que des étrangers cherchent à le découvrir, vous pensez que c’est grâce à quoi ? C’est grâce à la Révolution ! Si cette révolution avait duré 20 ans, je crois que tous les Africains auraient cherché, aujourd’hui, à venir s’installer chez nous au Burkina.

Selon vous, la Révolution a-t-elle continué après le 15 octobre ou s’est-elle arrêtée avec la mort de son père fondateur ?

Elle s’est arrêtée, bien entendu !

Rectifiée ou arrêtée ?

Je vous dis arrêtée ! Purement et simplement. J’ai vu dernièrement qu’on avait arrêté beaucoup de véhicules de fonction pour des fautes diverses. Est-ce sous la Révolution on pouvait voir circuler les véhicules de l’Etat à la guise de leurs utilisateurs au vu et au su des CDR ? Donc la Révolution n’existe plus.

En tant qu’acteur clef de la Révolution, est-ce que vous aviez le sentiment que le peuple adhérait aux idéaux et aux méthodes du changement ainsi voulu ?

Vous savez, pour faire une Révolution, il faut une bonne dose de courage. Il y a des choses qui peuvent être bien, mais qui ne sont pas populaires. Pour un révolutionnaire, ça se réalise. Ce n’est qu’après que le peuple se reconnaît en ce qui a été réalisé. C’est ce qui est arrivé avec le peuple burkinabè. Aujourd’hui, tout le monde pleure le président Thomas Sankara. Pourquoi ? Parce que les gens se sont rendu compte qu’il s’est donné corps et âme pour le bien-être du Burkina tout entier. Les arbres, les animaux, comme les humains. Personnellement, je savais que telle ou telle chose à réaliser allait déranger les gens, mais je restais persuadé qu’ils se rendraient compte plus tard de l’intérêt pour eux.

Quelle lecture faites-vous de la double commémoration du 15-Octobre ? Puisqu’il y aura d’un côté ceux qui commémoreront l’assassinat du président Sankara, et de l’autre ceux qui fêteront les 20 ans de pouvoir de Blaise Compaoré.

Vous avez bien dit qu’on était en démocratie ! Alors si certains veulent manger du tô pendant que d’autres veulent manger du riz, chacun doit pouvoir le faire. Ce que je ne comprendrais pas, c’est faire que certains cherchent à nuire à d’autres. Les deux faits sont réels : on ne peut pas nier que Thomas est mort ; on ne peut pas nier que Blaise est au pouvoir. Si les amis de Blaise veulent faire la fête, qu’ils le fassent. Mais nous autres, orphelins, qu’on nous laissent pleurer ce jour-là. Ce n’est pas compliqué !

Et si vous étiez invité par le camp Blaise Compaoré ?

J’accepterais volontiers. Pourvu que ceux-là qui voudront fêter ne m’empêchent pas de pleurer. C’est vous qui avez parlé de démocratie ! Je pense que la logique doit nous amener là.

Et si Blaise Compaoré vous avait demandé de rallier son camps après les évènements du 15 octobre. Quelle aurait été votre réponse ?

Non. Pourquoi cette question ? Pourquoi me demanderait-il cela ? Ce sont deux camps différents !

De retour d’exil vous avez créé un parti politique. Vous avez même tenté une candidature à la magistrature suprême en 2005. Que devient votre parti ?

J’ai voulu être candidat, juste parce que je suis citoyen comme les autres. Et ce n’est pas fini ! Vous avez dit démocratie, non ?Je serai candidat à la prochaine élection présidentielle. Quelqu’un de persévérant comme moi doit poursuivre jusqu’à l’aboutissement de sa lutte.

On ne vous a pourtant pas vu lors des toutes dernières législatives...

Je suis en train de me préparer. Certains m’auraient conseillé de ne même pas parler aux journalistes. Mais je ne peux pas ne pas parler en tant que personne ressource. Je suis un survivant de la Révolution et je ne pouvais pas fuire cette responsabilité. Sinon j’ai très souvent besoin d’avoir l’esprit tranquille pour faire certaines choses. Je veux chaque fois que la vérité se manifeste. Si tu as fait le bien, qu’on te loue. Et si tu as fait le mal, qu’on grogne, qu’on te blâme. C’est tout ! C’est ça, la justice.

Quel regard portez-vous sur le mouvement sankariste tel que perçu aujourd’hui, surtout à travers les partis politiques qui ont du mal à s’unifier ?

Vous savez, c’est dans les difficultés qu’on grandit. Et au niveau des partis politiques, tous les problèmes se posent en terme de leadership. On ne prend jamais conscience qu’il faut laisser une seule personne diriger et les autres se rallieront. Il faut donc que les sankaristes se tiraillent, qu’ils rencontrent toutes sortes d’embûches sur leur chemin sur lesquelles ils vont buter, chuter avant de se rendre compte qu’il n’y a que l’union qui les sauvera. Je reste convaincu que si depuis le début de la démocratie les partis sankaristes s’étaient accordés sur la constitution d’un seul groupe, l’ODP/MT, aujourd’hui, n’aurait jamais pu se métamorphoser à souhait. Fort heureusement, aujourd’hui il y a de plus en plus de regroupements de partis sankaristes. Je m’en réjouis et j’espère fermement qu’on aboutira un jour à l’unification totale des partis sankaristes pour en finir avec ces tiraillements. Car je suis convaincu que ce n’est que le sankarisme qui pourra donner à ce pays la splendeur qu’il mérite.

La présidence au Burkina semble la chasse gardée des militaires. Est-ce que vous pensez qu’un jour un civil pourra diriger ce pays ?

Il serait souhaitable que cela arrive. Effectivement en 1966, j’étais encore au PMK, on nous a enfermés et Lamizana a pris le pouvoir. Il était alors chef d’état-major. Il a dit que c’était Maurice qui le lui avait donné. Ce qui est sûr, l’armée a accédé au pouvoir. Et depuis lors jusqu’à nos jours, les civils n’y ont accédé. Mais il faut se demander si les civils eux-mêmes ont montré qu’ils étaient capables de gérer le pays. Parce que si les civils sèment le désordre dans le pays, il faut que les fusils leur disent de se taire ! C’est tout !

On dit de vous que vous avez des pouvoirs mystiques qui vous permettent souvent de disparaître à votre guise et de réapparaître là où vous voulez. C’est ainsi qu’il a été dit que vous aviez disparu quelque temps après le 15 octobre pour réapparaître au Ghana. Qu’en est-il ?

Qu’est-ce que vous en dites, vous-mêmes ?

Nous sommes dans la confusion la plus totale sur cette question et cherchons à vérifier cela auprès de vous-même.

Ce qui est sûr... Bon ! Vous savez, c’est un peu compliqué... Actuellement je me réjouis du fait que la télévision nationale ait initié l’émission "Yelsolma" pour expliquer et présenter certaines choses aux gens. Pour ce qui concerne Boukari Kaboré, dit Le Lion, il n’est pas tellement mystique mais tout de même mystique. Si les Burkinabé reconnaissent qu’il y a des choses qui peuvent se passer en dehors de la science, c’est déjà tant mieux. Moi, mes facultés sont directement liées à la vérité. Les "wack" anti- balles, anticouteaux, etc., ça existe, mais ça ne se distribue pas. Je ne sais même pas pourquoi les gens me traitent de mystique. Vous m’avez trouvé assis chez moi. Pourquoi dites-vous alors que je disparais ?

En cas de nécessité peut-être...

Ok. Là, je suis entièrement d’accord avec vous.

Vous aviez donc vraiment disparu après le 15 octobre pour vous retrouver au Ghana ?

Non. Sur la route du Ghana, j’étais sur ma CT.

Aujourd’hui vous vivez retranché ici à Makognèdougou. Comment vous sentez-vous entre ces cris d’oiseaux et ces bêlements de mouton ? Quels sont vos rapports avec la population ?

Appelez-moi mes poussins et ils viendront répondre à votre question (rires). Ce sont eux, associés aux moutons et aux chèvres, qui font mon vécu quotidien. Depuis mon enfance jusqu’à l’heure où nous sommes en train de parlerje n’ai jamais eu de problème avec les gens de mon entourage. Que ce soit ici ou Cameroun, pendant mes études ; que ce soit avec les militaires ou les civils, je n’ai jamais eu de problème social. Pas même au Ghana. En tout cas, si c’est en matière de sociabilité, je pense que ce sont les gens qui peuvent bien me noter. Puisqu’on m’appelle Le Lion, certains pourraient penser que je suis capable de leur faire du mal. Mais il n’en est rien.

Quels meilleurs souvenirs gardez-vous du président Thomas Sankara ?

Vous êtes dur, vous ! Vous voulez me voir pleurer ? Rappelez-vous que Mitterrand, l’ancien président français aimait dire à propos des discours de Thomas, que c’est le fait de la jeunesse. Cela, parce que le président français était lui-même conscient que les propos de Thomas Sankara étaient empreints d’un courage digne de la jeunesse. Il disait sèchement la vérité et était à l’aise. Les plus beaux souvenirs que je garde de Thomas Sankara, c’est lorsqu’il devait représenter notre pays à des rencontres internationales. On était alors très fier d’être Burkinabè. Thomas était disert. Il n’avait jamais de discours écrit, mais cela ne l’empêchait pas d’être méthodique et très cohérent dans ses propos. Il était particulièrement persuasif. Avec Thomas, nous avons organisé des bals populaires, nous avons été au PMK, nous avons joué comme des bambins, nous nous sommes tiré la barbe, et même que nous nous sommes brûlé la barbe. Je me rappelle qu’il m’a brûlé la barbe au mariage de Kouama Michel à la cathédrale de Koudougou. Et il m’a très bien châtié, puisqu’il était mon aîné. On était tellement lié, on blaguait beaucoup, on était un groupe gai. Il y en a parmi nous qui sont toujours là, mais ce sont des questions politiques qui nous ont entre-temps divisés. Sinon ce sont des gens de très bonne éducation ! Nous étions très sincères entre nous, mais la politique est venue pourrir nos relations.

Est-ce que vous ne pensez pas que le président Thomas Sankara a quelquefois commis des erreurs dans sa façon de gérer le pays ?

L’erreur est humaine ! Sa façon de gérer le pays créait souvent des situations d’incompréhension. Thomas, je l’ai connu depuis l’école. Il aimait beaucoup le débat. Si vous aviez une discussion, un débat avec lui, il allait jusqu’au bout. Ou bien vous le convainquiez, ou bien c’est lui qui vous convainquait. Si entre-temps le sommeil vous prenait, il vous laissait dormir et dès le lendemain il ramenait le même sujet et vous repreniez le débat de plus bel. Il aimait débattre et voulait être convaincu par la démonstration. Certains trouvaient alors qu’il était très autoritaire et cela était, par conséquent, vu comme un défaut majeur. C’était aussi quelqu’un de très intelligent. Il aimait concevoir. Et les gens qui n’aiment pas concevoir aiment discuter. Alors que Sankara n’aimait pas les débats inutiles. C’est en cela qu’on le trouvait têtu. Or moi, j’étais d’accord avec cette façon de faire.

Est-ce qu’il vous arrive d’allez vous recueillir sur la tombe de Sankara à Ouaga ?

Non. Pour moi, ça ne sert à rien. Ce serait une façon de chercher le nom, comme on le dit.

Vous pourriez le faire dans la discrétion…

Oui, là ce serait mieux. Mais je pense que ce serait plus significatif de prier sincèrement pour lui (c’est ce que je fais d’ailleurs) plutôt que de se rendre sur sa tombe.

Propos recueillis par Paul-Miki ROAMBA et Serge COULIBALY

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 9 octobre 2007 à 01:19, par Wend waoga En réponse à : Boukari Kaboré, dit "Le lion" : "Thomas Sankara était un ami personnel"

    J’adore les interviews non taillées sur mésure,et je tire mon chapeau à ces journalistes qui se sont montrés vraiment professionels dans leur domaine.
    Ma deuxième satisfaction vient de l’interviewé lui-meme qui ne s’est pas du tout montré complexé quand on a parlé de mystique:certains auraient dévéloppé des thèses sortant de la SORBONNE ou de HARVARD pour démontrer que c’est des balivernes,que ca n’existe pas, et qu’il est déplorable qu’au 21e siècle,des gens continue à croire en des " sottises " pareilles etc...,mais lui,s’est montré particulièrement à l’aise et ne semblait pas du tout dérangé par la question.Personellement,je lui donne raison parceque c’est l’un des éléments qui font partie de notre identité culturelle et si on le renie parceque l’occident a tourné notre attention ailleurs,on peut toujours tenter de nous persuader que l’Afrique tot ou tard,se dévéloppera,mais après un siècle,que nous le voulions ou non,notre constat aura été que nous n’avons pas bougé d’un iota.Pourquoi ?Parceque nous aurons toujours joué sur un échiquier bien connu de nos dominateurs qui auront su à l’avance le prochain pas que nous ferons,ce qui leur aura permis de préparer un tacle.Notre salue réside au fait que nous nous reconnaissions en tant que nous !Et nous,c’est tout ce que la science du dominateur essaie de nous faire abandonner.
    Prenons l’exemple sur les chinois.Ils ont été,tout comme nous,colonisés par les japonais.Aujourd’hui,meme l’occident très à cheval sur sa science emploie l’homéopathie qui est une pratique chinoise dès le départ.
    Si nous restons sujets de la France,c’est parceque nous le voulons !

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