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Air Burkina-Méridiana : Un ticket gagnant

Accueil > Tourisme • • jeudi 20 septembre 2007 à 07h27min

Air Burkina a décidément le vent en poupe depuis sa privatisation en février 2001. De 62 000 passagers en 2001, la compagnie transportera en 2006, 101 500 passagers dont 18 500 en long courrier. Avec l’arrivée le 12 septembre dernier d’un nouvel appareil, un MD87 (McDonnell Douglas) de 100 places pour renforcer sa flotte, Air Burkina peut désormais voir grand et se positionner comme l’une des compagnies aériennes qui comptent le plus en Afrique.

En cette matinée du 12 septembre 2007, un avion fait l’objet de toutes les attentions sur l’aéroport ultra moderne de Olbia en Italie.
Frappé aux couleurs du Burkina Faso, l’appareil fait littéralement la roue en déployant une queue ornée de deux flamboyantes têtes de chevaux ailés, le nouveau logo de Air Burkina.

Sur le tarmac, le Président du conseil d’administration et le directeur général de Air Burkina, le directeur général de l’aviation civile et de la météorologie qu’entourent une dizaine de journalistes, échangent avec l’équipage. Arrivée trois jours plus tôt, la délégation burkinabè était venue dans cette ville de Sardaigne pour ramener le nouvel avion que venait d’acquérir Air Burkina avec la compagnie Meridiana, son partenaire technique depuis la privatisation. “L’avion que nous sommes venus chercher est un appareil de nouvelle génération appelé MD 87. Il a été acquis grâce à notre partenaire financier et investisseur qui est le groupe AKFED et la compagnie Meridiana qui est notre partenaire technique. Cet appareil est aux normes mondiales, et techniquement, il peut voyager dans le monde entier. Je peux dire que Air Burkina est entré maintenant dans la cour des grands”, explique avec satisfaction Mamady Sanoh, le président du Conseil d’administration de Air Burkina.

Lorsqu’à la privatisation en février 2001, le repreneur (le consortium AKFED/IPS du réseau Aga Khan de développement), s’était engagé à conserver les emplois et à assurer la pérennité de l’exploitation du transport aérien au Burkina Faso en renforçant la flotte, très peu de gens avaient cru à ces promesses. Six ans après, la réalité allait cependant convaincre même les plus pessimistes.

Aujourd’hui, Air Burkina dessert huit destinations sous régionales (Abidjan, Dakar, Bamako, Lomé, Cotonou, Niamey, Accra, Bobo-Dioulasso) et une destination intercontinentale (Paris). Le personnel est également renforcé et de 127 au soir de la privatisation, les effectifs de Air Burkina atteignent actuellement près de 300 permanents. Plusieurs innovations ont aussi suivi comme l’autonomisation des systèmes de réservation, des émissions de billets depuis le 1er juillet 2003 et de la gestion des clients fidèles. La billetterie a été aussi améliorée avec des réservations et des ventes en ligne (site WEB) et l’émission de billets électroniques depuis juin 2007. “Nous allons continuer à grandir et aujourd’hui, Air Burkina qui fait partie de toutes les associations et de toutes les relations internationales au niveau aéronautique est connu partout”, explique le Président du Conseil d’administration.

Pour le directeur général de l’aviation civile et de la météorologie, Tiéba Barro “Air Burkina est l’une des rares compagnies africaines en activité depuis très longtemps. Depuis sa création elle n’a pas interrompu. Le virage que nous avons pris avec la privatisation était nécessaire si on voulait continuer à survivre. Etant donné notre dimension, il était bon qu’on ait un partenaire au niveau mondial qui soit beaucoup plus solide que nous pour un partenariat stratégique”.

Créée en mars 1967, la compagnie aérienne Air Burkina avait su maintenir le cap dans une zone de turbulence qu’avait traversée le transport aérien ces vingt dernières années et qui avait emporté plusieurs compagnies nationales de la sous-région. En 2001, la privatisation devenait nécessaire et le 21 février de la même année, l’Etat burkinabè cédait 86 % des actions de la Compagnie au Consortium AKFED/IPS (Aga Khan Fund for Economic Development/Industrial Promotion Services).

Le capital social a été alors porté à trois milliards et demi de FCFA contre 35 millions de F CFA actuellement auparavant. La convention portant privatisation engageait le repreneur à assurer la pérennité de l’exploitation du transport aérien au Burkina Faso, à travers un business plan prévoyant notamment le renforcement de la flotte. Avec l’arrivée du nouvel avion le MD87 pour renforcer sa flotte déjà Air Burkina est à “un tournant extrêmement important” comme le dira son président du Conseil d’administration. Livré avec un important lot de pièces de rechange, l’avion va bénéficier de tous les actes de maintenance dont bénéficient tous les autres avions de Meridiana. Quant à la formation des pilotes burkinabè, elle a été assurée à Olbia par Meridiana et sera poursuivie à Ouagadougou.

Meridiana ayant envoyé une équipe de pilotes et de techniciens au Burkina Faso pour un transfert de connaissances et de compétences au personnel d’Air Burkina. Meridiana est la première compagnie aérienne italienne et l’une des quatre premières en Europe à devenir un organisme de maintenance certifié, conformément à la réglementation européenne JAR (Joint aviation requirements).
Quand on sait que d’autres appareils vont suivre le MD18, on peut dire que le couple Air Burkina-Meridiana est à coup sûr un ticket gagnant.

Hamado NANA


Un partenaire aux reins solides

Au moment de sa privation en 2001, Air Burkina ne pouvait espérer meilleure partenaire stratégique que le groupe Meridiana. Créé en 1963 à l’initiative du prince Aga Khan, le groupe est aujourd’hui actif dans les secteurs du transport aérien, de la gestion aéroportuaire et du tourisme.

Connu d’abord sous le nom d’Alisarda, la compagnie fut fondée le 29 mars 1963 par le prince, avec comme objectif initial celui de favoriser le développement touristique de la Costa Smeralda (la cote d’émeraude) en Sardaigne. Cette région dépourvue de structures et de services était cependant d’une beauté naturelle et paysagère extraordinaire. Inconnue au début des années 60, la Costa Smeralda est devenue actuellement un lieu de tourisme prestigieux à l’échelon international. Il faut dire que l’investisseur n’avait pas lésiné sur les moyens.
La compagnie Alisarda a débuté ses activités sur l’aéroport de Olbia-Venafiorita.

En 1974, le groupe inaugure l’aéroport privé ultra moderne de Olbia Costa Smeralda. Alisarda changera d’appellation en 1991 pour devenir Meridiana.

L’aéroport d’Olbia Costa Smeralda est aujourd’hui utilisé par plus de 1,6 millions passagers avec 45 aires de stationnement des aéronefs, 40 guichets d’enregistrement, 10 portes d’embarquement, 5 couloirs d’embarquement, 1 700 places de stationnement pour voitures et un espace commercial de 2 200 m2. Les activités de son aviation générale inaugurée en 2003 le placent au 3ème rang des aéroports italiens en terme de trafic de passagers d’aviation générale après Linate à Milan et Ciampino à Rome. En 2006 naissait le tour opérateur Wokita qui se classe comme le premier tour opérateur italien appartenant à une compagnie aérienne.

Meridiana dessert 26 destinations en Italie et en Europe avec une flotte de 21 avions dont 17 MacDonnell Douglas MD-82 et 4 Airbus A329-112. Meridiana emploie 1300 salariés et dispose de deux hangars pour la maintenance et d’un centre de formation de l’équipage.
H.N


Mohamed Ghelala, directeur général d’Air Burkina : “Le développement de la flotte ne va pas s’arrêter”

Sidwaya (S.) : Qu’est-ce que le nouvel appareil que vous venez d’acquérir va apporter comme plus dans les activités de Air Burkina ?

Mohamed Ghelala (M.G.) : Comme vous dites déjà, c’est un nouvel appareil. Un appareil de nouvelle génération qui n’a rien à voir avec le Fokker F 28 que nous avions auparavant. Ce nouvel avion va nous apporter surtout un nouveau confort, une meilleure capacité. C’est un appareil de 100 sièges avec une classe affaire de 20 places.
Cet appareil peut normalement accueillir jusqu’à 130 sièges mais dans un souci d’apporter un meilleur confort à notre clientèle, nous avons décidé de l’équiper avec 100 sièges pour plus d’espace. Juste à titre de comparaison, il faut rappeler qu’avec le Fokker F 28, on avait uniquement 8 sièges au niveau de la classe affaire.

S. : Allez-vous ouvrir d’autres lignes ou augmenter vos vols sur les lignes déjà existantes avec ce nouvel avion ?

M.G. : Il est clair qu’avec les performances de cet appareil, nous pouvons ambitionner l’ouverture de nouvelles lignes. Nous pouvons également ambitionner de faire la ligne Ouagadougou-Dakar en direct sans limitation et sans risques. Et c’est ce que nous avons comme projet.
C’est le premier avion que nous recevons et il y aura un deuxième. Avec le deuxième appareil, nous allons avoir un nouveau réseau qui s’étendra sur l’Afrique centrale. A titre d’exemple, on ambitionne Douala, Brazzaville et Libreville pour commencer.

S. : Quels sont les atouts de Air Burkina dans cet environnement très concurrentiel du transport aérien ?

M.G. : il y a d’abord l’expérience de 40 ans. Il y a toute la mise à niveau qui a été entreprise depuis la privatisation en 2001. Ce qui fait qu’aujourd’hui Air Burkina répond aux normes d’une compagnie aérienne moderne. Nous avons une image de ponctualité que nous devons consolider, une image de sécurité également que nous consolidons. Avec le nouveau confort que nous introduisons à bord de nos appareils, je crois que nous allons conforter notre position en terme de part de marché, notamment sur notre marché de référence qui est le Burkina Faso où pratiquement nous sommes dominants par rapport à la concurrence. A l’exception bien sûr de la relation sur la France et là j’espère qu’avec l’appui des autorités, nous allons pouvoir améliorer et équilibrer notre part de marché vis-à-vis de la concurrence française.

S. : Est-ce que vous avez le personnel qualifié nécessaire pour vos ambitions ?

M.G. : Le personnel qualifié et le personnel d’une manière générale se forme. Et là, nous ne ménageons aucun effort pour former notre personnel, qu’il soit au sol ou à bord comme le personnel de cabine, de conduite, de maintenance, de comptoir, de vente et d’accueil au niveau de l’aéroport. Nous avons un plan de formation et je crois que c’est le plan le plus ambitieux de toutes les compagnies aériennes de la sous-région. C’est ainsi qu’on évolue et c’est comme ça qu’on peut se maintenir face à la concurrence. Notre personnel pour le nouvel appareil par exemple a été formé et continuera à être formé. Nos mécaniciens ont fait tout le processus de formation, formation théorique, formation sur site. Au bout de six mois, nous serons en mesure de prendre totalement la gestion de ce nouvel appareil.

S. : Comment appréciez-vous le partenariat avec Meridiana ?

M.G. : Meridiana est notre partenaire stratégique. C’est une grande compagnie italienne qui a une flotte d’une vingtaine d’appareils. Meridiana a des parts dans Eurofly qui a plusieurs appareils également. Meridiana est une compagnie qui a beaucoup d’expériences, qui sous-traite pour de grandes compagnies européennes au niveau surtout de la maintenance avion. Je crois que cette coopération est en train de donner de très bons résultats avec Meridiana. On a longtemps parlé de partenaire stratégique et beaucoup de gens croyaient que c’est simplement de la théorie. L’arrivée du nouvel avion vient prouver que ce partenariat est vraiment dynamique et concret.

S. : Pourquoi Air Burkina n’organise pas le pélerinage à La Mecque ?

M.G. : L’histoire du pèlerinage est un sujet très délicat et je serai tenté de l’éviter. Air Burkina est en mesure de faire le pèlerinage. Nous avons l’expérience du pèlerinage. Personnellement, j’ai organisé avec une autre compagnie au moins 11 fois le pèlerinage. Nous avons prospecté l’année dernière en envoyant le président du conseil d’administration et notre directeur commercial sur place à Djedda. Techniquement et commercialement nous pouvons organisé le transport des pèlerins vers les lieux saints parce que nous avons le savoir-faire. Maintenant, c’est un problème d’organisation avec les gens qui s’occupent du pèlerinage au niveau du Burkina Faso. Je dis cependant qu’un pèlerinage se prépare une année à l’avance. Il n’y a pas d’improvisation. Tant que toutes les conditions ne seront pas réunies, il nous sera difficile de nous engager. Pour nous, soit nous faisons bien les choses soit ce n’est pas la peine. Je crois que dans cette opération, il y a beaucoup d’intérêts. Et c’est pour ça que je ne veux pas trop m’étendre sur le sujet. Et c’est bien dommage que ce ne soit pas Air Burkina qui fasse le pèlerinage. Je ne peux pas m’imaginer aujourd’hui qu’Air Burkina puisse aller prendre le marché pour faire le pèlerinage dans d’autres pays.

S. : Quel message à l’endroit de votre clientèle ?

M.G. : Je dirai à la clientèle de rester fidèle. Nous avons tout aujourd’hui pour la fidéliser. Nous avons une flotte moderne et adaptée pour chaque liaison, pour chaque type de trafic. Le développement de la flotte ne va pas s’arrêter. Nous allons l’améliorer en fonction du développement du trafic, en fonction des besoins de la clientèle. Nous essayons d’être toujours là, d’être présents, d’être à l’écoute des attentes de notre clientèle.

Propos recueillis par Hamado NANA

Sidwaya

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