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Candidature de Blaise Compaoré : "Le mentor du CDP aime-t-il la nation ?"

Accueil > Actualités > Opinions • • lundi 24 mai 2004 à 00h00min

L’éventuelle candidature de Blaise Compaoré à la
présidentielle de 2005 a suscité la réaction ci-dessous d’un
militant de l’UNIR/MS.

Le CDP par le truchement du ministre Salif Diallo, fidèle
lieutenant du président Blaise, annonçait dans les médias
nationaux, l’éventualité de la candidature du président Blaise.
Ainsi le CDP voudrait-il jauger l’opinion politique burkinabè afin
de permettre au président de briguer un troisième mandat ?

Toute chose qui n’est pas sans conséquence, car elle ouvrait et
faisait le lit à la logique de la polémique.
Vu les propos tendancieux et malveillants de certains
responsables politiques du CDP envenimant la situation
sociopolitique quelque peu délétère,
vu l’utilisation des médias d’Etat pour des fins de propagande
visant à façonner et modeler les esprits à l’acceptation de la
candidature de Compaoré,
vu le silence coupable entretenu par le président et aussi, et
surtout, le désir manifeste du citoyen burkinabè pour
l’instauration d’une société libre, juste et démocratique,
nous invitons énergiquement le président Compaoré et ses
partisans à prendre leur responsabilité en faisant preuve de
probité afin de permettre à la Démocratie de faire son lit dans
notre jeune nation en construction.

Cela dit, si la démocratie se définit comme le mode de
gouvernement par excellence, c’est justement parce qu’elle
participe de l’alternance au pouvoir.
Alors, comment comprendre qu’on puisse parler de démocratie
au Faso si le Président Compaoré et compagnie utilisent les
appareils étatiques pour tordre le cou à la démocratie, aux
institutions et lois qui s’en réclament, et tenter un passage en
force ?

De la sorte nous ne saurions donc nous empêcher d’affirmer
haut et fort qu’il s’agit bel et bien d’un coup d’Etat électoral. Toute
chose qui est anti-constitutionnelle.
Cela dit, le peuple Burkinabè dans son ensemble ne saurait
accepter un pouvoir qui n’hésite pas à tripatouiller et usurper les
lois pour assouvir sa soif du pouvoir.

Encore que nous en sommes là, nous demandons purement et
simplement au président de se plier à la volonté du peuple
burkinabè, source du pouvoir dont il jouit.
Aussi monsieur le président, retirez-vous dans la paix de peur
de plonger notre beau pays dans la logique d’une monarchie,
car nul n’est sans savoir que vous avez déjà régné pendant dix
sept ans sans partage.

L’histoire vous regarde, monsieur le président. Prenez donc
position au côté du peuple fatigué et essoufflé afin que sa
volonté triomphe des velléités assoiffées du pouvoir des
dignitaires du régime.
Aussi faut-il dire que l’heure est plus que jamais venue que
vous mettiez fin à la polémique, car le peuple burkinabè est plus
que jamais conscient.

Pour mémoire, retenons qu’aux longs règnes sans partage
faisant du pouvoir une affaire personnelle, succèdent des
pouvoirs jalonnés par des crises avec des relents sociaux qui
résultent de la gestion uniforme et calamiteuse de ces pouvoirs
illimités en mal de Démocratie. En atteste pertinemment
l’histoire des grands ensembles politiques de l’Afrique de
l’ouest du VIIe au XVIIIe siècle.

En effet à Ségou, Biton Coulibaly
après avoir régné pendant près de quarante ans a plongé à sa
mort, le royaume dans une crise jusqu’à ce que N’gola Jara,
intrépide soldat ayant évolué dans le village du chef biton
s’impose par la force des armes, mettant ainsi fin à la crise.
Aujourd’hui encore, au 21e siècle, les cas du Zaïre et de la Côte
d’Ivoire n’apportent pas de démenti à la donne.

Car en Côte
d’Ivoire le feu président Houphouët, après avoir régné
trente-trois ans sans partage a laissé à ses héritiers un pays
gagné et dévoré par des crises du fait du long règne sans
interruption du vieux. Or cette situation a contribué à alimenter
énormément les ardeurs des différentes parties en présence
avec comme enjeu, le pouvoir.

Aussi, faut-il dire que notre patrie est à l’abri ? Le mentor du
CDP n’a donc plus intérêt à se présenter et briguer un autre
mandat. Nous estimons donc qu’il lui appartient maintenant,
purement et simplement, d’écourter son règne conformément à
la constitution de la république afin d’éloigner notre cher pays du
cycle des crises ayant comme corrolaire, la pauvreté des
masses.

M. le Président Compaoré, veuillez vous décider en songeant à
vous inscrire dans l’histoire de notre jeune nation démocratique
en construction, de sorte qu’elle vous reste redevable.

Le Camarade Bayala, pour la jeunesse UNIR/MS

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