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Université polytechnique de Bobo : Risque d’année invalidée au département de Génie civil

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La réforme de l’éducation au Burkina • • vendredi 7 septembre 2007 à 07h24min

Pour avoir passé une bonne partie de l’année scolaire 2006-2007 à se tourner les pouces en raison du manque d’enseignants, les étudiants du département de génie civil de l’Université polytechnique de Bobo Dioulasso (UPB) ont été astreints à des cours de vacances pour sauver l’année académique.

Mais là encore, et selon les étudiants qui nous ont interpellés le 5 septembre dernier, l’indisponibilité des profs qui devraient dispenser ces cours de rattrapage fait peser d’énormes incertitudes sur l’issue de l’année universitaire en péril. D’où l’inquiétude des étudiants qui, pourtant, tiennent coûte que coûte à ce que l’année soit sauvée. Pas trop d’espoirs pourtant pour ces étudiants qui disent avoir le sentiment d’être complètement délaissés par l’administration de leur UPB.

C’est un groupe d’une douzaine d’étudiants visiblement très désappointés que nous avons reçu dans la matinée du 5 septembre dernier, après leur énième rendez-vous manqué avec un enseignant. Ils sont les pionniers du département de génie civil récemment ouvert au sein de l’Institut universitaire de technologie (IUT) de l’Université polytechnique de Bobo. A ce qu’ils disent, leur encadrement académique a été bafoué au cours de l’année académique dernière.

Si fait que plus de la moitié des modules au programme de leur formation en 2e année (soit 8 sur 15) n’ont pas été dispensés ou sont restés inachevés. (voir encadré). Et cela, en dépit des cours de vacances qui devraient leur être régulièrement dispensés au centre de calcul de l’UPB. Car ces deux mois de rattrapage n’ont permis de boucler que deux matières (Equipement des bâtiments et Technique de gestion des constructions) dont l’enseignement a été assuré par le même prof.

A la date du 5 septembre, et selon le porte-parole des plaignants, Wilfried Yaméogo, il reste encore 4 modules (Résistance des métaux , Hydraulique, Topométrie, et Mécanique des sols) d’un volume horaire total d’au moins 416 heures qui n’ont jamais été touchées depuis la rentrée académique dernière. Pourtant, il faudrait au moins 4 mois de cours intenses pour les achever. Et ce n’est pas tout : 4 autres matières que sont le Dessin d’architecture, l’Energétique des bâtiments, la Technologie de construction et la Mécanique des fluides, sont restées inachevées.

Pire, le temps de vacance, selon le programme initial, devrait en principe être mis à profit pour les 2 mois de stage en vue de la validation du diplôme universitaire de technologie (DUT) qui devrait sanctionner la fin de la 2e année d’étude. C’est dire donc qu’avec la nouvelle rentrée académique qui s’annonce déjà, les chances de sauver l’année 2006-2007 sont très minces, sinon inexistantes pour la quinzaine d’étudiants de la 2e année de Génie civil qui s’inquiètent aussi pour leurs cadets de la 1re année qui sont partis en vacances sans complètement achever leur programme et sans être évalués.

Toutes les négociations entreprises auprès des responsables de l’IUT et de la présidence de l’université seraient jusque-là restées vaines, selon la précision apportée par l’étudiant Djibril Traoré, très contrarié. Nos visiteurs d’un matin qui avaient entre temps caressé le rêve d’être plus tard des "génies" en bâtiments et travaux publics sont aujourd’hui déboussolés et pensent même que l’ouverture de la filière de formation en génie civile a été précipitée par le ministère en charge de l’Enseignement supérieur qui, selon eux, n’aurait pas pris le soin d’en garantir la pérennité. Et pour le faire comprendre, ils ont même brandi la menace de boycotter le test de recrutement des étudiants de la 3e promotion de génie civil, prévu pour se tenir ce vendredi 7 août au lycée Ouezzin Coulibaly.

Et en guise de solution à leur situation, les "Génies civiles" qui ne veulent pas du tout entendre parler d’année invalidée, souhaitent être admis en 3e année à la rentrée prochaine, où ils pourront rattraper les modules qui auront été de fait escamotés en 2e année, en même tant qu’ils suivront le programme normal de la 3e année pour l’obtention de la licence professionnelle. Et à défaut de cela, ils proposent qu’il leur soit alloué des bourses d’étude leur permettant de poursuivre leur cursus dans une université étrangère, ne serait-ce que dans un pays de la sous-région, au regard des difficultés que rencontrent l’UPB à prendre en charge leur formation.

Par ailleurs, et toujours selon les étudiants mécontents, ils avaient obtenu de l’administration son engagement à prendre en charge les frais de transport, de logement et de restauration tout le temps de prolongation de l’année académique. Mais cette dernière clause, ont-ils regretté, a été également foulée au pied par ceux qui sont sensés défendre leurs intérêts. Et pendant ces temps de grandes vacances, les étudiants en génie civil paient leur déplacement quotidien vers le centre de calcul sis près de l’aéroport de Bobo ; ils paient aussi pour leur restauration et paient également pour ne pas être « vidés » des cités de vacances. Et tout cela, pour tenter de sauver une année qui ne le sera peut-être jamais, en raison d’une situation dont ils ne sont ni acteurs, ni maîtres.

Par Paul-Miki ROAMBA

Le Pays

Vos commentaires

  • Le 10 septembre 2007 à 17:45, par grand frere En réponse à : > Université polytechnique de Bobo : Risque d’année invalidée au département de Génie civil

    j’aimerais apporter mon soutien aux etudiants de la filère genie civil. Ils ont tout a fait raison quand ils disent que l’ouverture de la filière a été precipité. En tant que ancien de l’IUT j’en sais quelque chose. La bonne formation des enfants du pays n’est pas le souci de ceux d’en haut.
    Beaucoup de filières de l’IUT ont été ouvert avec pour la plupart des profs vacataire ou des profs titulaires bancals. Je ne conteste pas l’utilisation de profs vacataires, mais vu la situation de l’UPB (situé a plus de 15 km du centre ville, et a notre epoque la route n’etait pas goudronée) ceux qui acceptent venir enseigné à l’IUT ont le nivueau pour enseigné au lycée at non à l’université.
    Le transfert de l’UPB à bobo en 1995 (CUPB au début avnt de devenir UPB par la suite) a précipité la décheance de l’IUT. Beaucoup de profs ont réfusé de quitter ouaga où ils ont des activités connexes. Ceux qui ont accepté de venir à bobo n’avaient pas le choix. A ouaga ils y’a des personnes ressources de qualités qui peuvent après le boulot venir dispenser des cours. Mais comment le faire pour l’IUT de bobo qui est en brousse ? Qui va accepter prendre son vehicule, parcourir une si grande distance pour aller enseigner ?
    Ne me dites pas qu’il y’a un car de transport pour les profs, s’il a deux heures de cours et qu’il doit après repartir au service pour gérer un dossier il fait comment ? il attends le retours des cars à 13H ? Voila la situation !
    Pour terminer je vous predis la dispartion prochaines de l’IUT si des mesures idoines ne sont pas prise dans les brefs delais.

    Pour ceux qui doute que j’ai fait l’IUT je dirais tout simplement :" UN BTS TOUT LES BTS !" promotion 1999/2001

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