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Circulation routière à Cotonou et à Lomé : Les « Zemidjans », rois de la route

Accueil > Tourisme • • lundi 3 septembre 2007 à 08h23min

L’un des traits caractéristiques de la ville de Cotonou, ce sont ses taxi-motos qui règnent en maître dans les différentes artères. Le « Zemidjan » ou taxi-motos, est la voie royale trouvée par des dizaines de milliers de jeunes béninois pour pallier le chômage.

Il est 5 h du matin (6 h GMT) à Akpakpa, le plus grand quartier de Cotonou. Nicaise Ahoussu a fini de se taper une tasse de café. Il enfile sa chemise jaune immatriculée TM-028, noue une pochette à son cou, prend le macadam à toute allure et s’arrête au premier point de revente d’essence « frelatée » pour se ravitailler. Et c’est parti pour son boulot quotidien de conducteur de taxi-moto. Tout comme Nicaise Ahoussu, ils sont des dizaines de milliers de jeunes béninois qui ont trouvé en la conduite du taxi-moto, un emploi décent pour survivre.

Au Bénin, les taxi-motos, on les appelle les « Zemidjan » ou encore « Zem ». Cela signifie en langue gon (1ere langue du terroir) « prends-moi vite ». Il y a encore de cela trois ans, les marques de motos qui faisaient office de taxi étaient les Yamaha Mate V60 ou V80. Aujourd’hui c’est la Suzuki importée du Nigeria qui est la plus prisée, parce qu’offrant plus de commodité et de capacité de transport. Appelée « Effrakata » à cause de sa rapidité, elle transporte facilement deux à trois personnes et cela fait un gain pour le conducteur. Même les Yamaha Crypton (considérées au Burkina Faso comme une moto de luxe) n’ont pas manqué d’être transformées en Zemidjan.

Des avantages préférentiels

La circulation routière à Cotonou est des plus denses. Les conducteurs de Zémidjan ont l’avantage de pouvoir se faufiler entre les voitures et aller plus vite et son client gagne du temps. D’un point de départ à une destination quelconque, les tarifs varient entre 100 F CFA et 400 F CFA. Cela dépend aussi de la capacité de discussion du client. Malgré tout, les risques de circuler en Zémidjan sont aussi là. Les Béninois aiment la vitesse en circulation et tout étranger qui n’est pas habitué à ce rythme a toujours des frissons une fois juché sur une de ces taxi-motos. A cela s’ajoute le fait que le Béninois ne donne la priorité à personne d’autre qu’à lui-même tant et si bien que la rue offre un festival de slaloms et de klaxons. Les feux tricolores sont très peu respectés par les conducteurs de taxi-motos.

Cependant, l’on est toujours étonné de constater très peu d’accidents de la circulation. Les Zémidjan pullulent dans les différentes artères de la ville de Cotonou et ont même conquis tout le marché du transport urbain au détriment des taxis (entendez, les quatre roues). Ces derniers sont alors obligés de s’agglutiner au niveau du grand marché de Danktopa, espérant des clients aux gros bagages. A un taximan qui a quand même eu la chance de nous promener en ville, nous avons demandé la raison d’une telle efferverscence des taxi-motos. Il nous a répondu : « L’Etat a raté la politique de l’emploi.

Les jeunes ont trouvé là une occupation. Tous s’y sont mis, même les étudiants et les fonctionnaires de l’Etat qui ont un salaire bas, pendant leurs moments libres. Et ça marche tellement pour eux qu’ils arrivent à oublier le chômage. Cela a même fait baisser le taux d’agression et de criminalité dans la ville ». Etre conducteur de taxi-moto au Bénin ou au Togo est devenu une profession pour s’auto-employer et se suffire financièrement. Certains jeunes n’hésitent pas à faire un prêt bancaire juste pour s’acheter la moto et faire le remboursement par tempérament.

Les « Zem » riment avec essence frelatée

Dans cette atmosphère de la débrouillardise, un marché s’est développé, celui de la vente de l’essence frelatée. De part sa proximité avec le Nigeria, le Bénin est inondé de l’essence frauduleusement introduite sur le marché. Elle se vend aux abords de la route, sur n’importe quelle voie et dans n’importe quelle coin de la ville. Son coût très abordable (325 F CFA, 340 F CFA ou encore 350 F CFA le litre selon les endroits) par rapport à l’essence super ou le sans plomb qui coûte (dans les stations services, 504 F CFA). Le choix des conducteurs de Zemidjan est vite fait : le frelaté à gogo. La question de la qualité ne se pose pas tant que le moteur continue à tourner et le « Zemy » peut klaxonner à tout bout de la rue. Même les chauffeurs de taxi (quatre roues) ne s’en privent pas.

A Cotonou comme à Lomé, les conducteurs de taxi-motos règnent en rois de la ville, le klaxon à longueur de journée à la recherche de clients. Si à Cotonou, ils sont facilement reconnaissables par leur accoutrement, à Lomé, c’est le contraire. Certains citadins à court d’argent, ne tardent pas à se métamorphoser en conducteur de taxi-moto. Juste pour avoir de quoi subvenir à ses petits besoins. Les motos, par contre à Lomé sont immatriculées. Ce qui n’est pas n’est pas le cas à Cotonou.

Ismaël BICABA

Sidwaya

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