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Education : Le rendez-vous de 2015 est-il possible ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La réforme de l’éducation au Burkina • • lundi 27 août 2007 à 07h10min

Le Burkina Faso, comme d’autres pays africains, s’est engagé à œuvrer pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) d’ici 2015.

Ces objectifs adoptés en septembre 2000, consistent à réduire de moitié la pauvreté monétaire et le pourcentage de la population souffrant de la faim et à inciter les pays à faire des progrès significatifs dans les domaines de l’éducation primaire, de l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, des soins de santé de la mère et de l’enfant ainsi que sur le front de la lutte contre le VIH-Sida et de la dégradation de l’environnement.

Dans le domaine de l’éducation plus précisément, il se fait montre d’un activisme de la part des politiques à améliorer non seulement le score national en la matière mais aussi à être présent au rendez-vous de 2015. Parmi les derniers efforts, la gratuité de l’école est une perspective envisagée. L’annonce en a été faite et une quarantaine de départements ont été déterminés comme zones pilotes.

En plus, durant l’année 2007-2008, « Les parents d’élèves ne doivent pas payer de manuels scolaires au Burkina Faso pour leurs enfants au primaire ».

Le ministre burkinabé de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation, Odile Bonkoungou, déclare par ces propos, le jeudi dernier, que 3,5 millions de manuels scolaires seront distribués gratuitement aux écoles primaires publiques et privées du pays.
Déjà, au cours de la première phase du PDDEB (2003-2006), au total, 3,67 millions de manuels scolaires (tous les titres confondus) ont été distribués pour un montant de plus de 1,5 milliard de F CFA.

Nul besoin de répéter,- et comme il est dit plus haut- que toutes ces décisions tendent, à favoriser l’accès de tous à l’éducation dans le cadre des objectifs du millénaire pour le développement.

Justement, les sacrés Objectifs du millénaire pour le développement, c’est dans environ 8 ans !
Considérant la politique nationale et surtout les dernières décisions dans le domaine de l’éducation, peut-on dire que le Burkina Faso les atteindra ? La réponse peut paraître anticipée mais envisageable selon certains indices.

On sait qu’au sein des pays en bonne position, le pays des hommes intègres à l’instar de la plupart de ses frères subsahariens, cherche en vain son nom. En rappel, en Afrique au sud du Sahara un enfant sur trois ne va toujours pas à l’école. La moyenne de la scolarisation s’y situe à environ 60%.

Au Burkina Faso, le taux de scolarisation attendu d’ici 2015 se base sur une progression annuelle de 2,8 points. Or, avec une telle progression, on serait à environ 86% en 2015. Pour atteindre les OMD en matière d’éducation, il faudrait réaliser un accroissement annuel de 4 points du taux actuel de scolarisation (52,25% en 2003). Pour le faire, il faudrait une révolution copernicienne. La parité garçons/filles dans l’enseignement primaire se cherche aussi une voie.

Finalement, les OMD seront difficilement atteints d’ici 2015, compte tenu de certains retards accumulés. Il en est ainsi de l’éducation primaire universelle et obligatoire et de la réduction de la pauvreté. En matière d’éducation, l’objectif international de 100% paraît trop ambitieux pour le pays dont le taux actuel tourne autour de la soixantaine. Dans le domaine de la lutte contre la pauvreté, le Burkina Faso affiche un taux de 30% pour 2015 contre un objectif international de 23,2%.

Une situation qui pourrait confirmer ce qu’écrivait un confrère, dans le magazine Continental du mois de mai 2005 : « Un objectif atteint sur huit à relever, dont la réduction de moitié de la pauvreté, l’éducation pour tous et l’éradication de la faim, c’est mieux que rien, me direz-vous ! Certes, mais des esprits chagrins feront remarquer que, pour la plupart des pays africains, la réalisation d’un quelconque objectif n’est à prévoir, ni pour 2015, ni à un autre horizon plus vague ou plus lointain ».

Trop pessimiste, dira-t-on ! Mais ne viser que 2015, c’est prostituer l’éducation. C’est dire que si par miracle le Burkina Faso atteignait les 100% de scolarisation au primaire, ce serait la quantité au détriment de la qualité. Les fausses statistiques mises à part !

Bendré

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