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Rentrée des classes : Dans le circuit des prêts scolaires

Accueil > Actualités > DOSSIERS > La réforme de l’éducation au Burkina • • lundi 27 août 2007 à 08h00min

La rentrée scolaire avance à grands pas. Pour la plupart des parents, les équations à résoudre sont nombreuses : trouver une place dans un établissement, acheter des fournitures et des moyens de déplacement pour les enfants, pour ne citer que celles-ci.

Si les prêts scolaires n’existaient pas, il aurait fallu les créer... C’est cette alternative que les Burkinabè choisissent, notamment les salariés, pour surmonter leurs difficultés. Comment fonctionne ce produit dans les établissements financiers ?

Ce n’est pas un nouveau produit dans les banques ou les caisses populaires. Pour des parents, le prêt scolaire est même devenu un passeport pour réussir la scolarisation des enfants. Celui qui l’a inventé a vu juste. On s’en rend compte dans les banques qui ont bien voulu nous ouvrir leurs portes pour parler du sujet. A la Banque commerciale du Burkina (BCB), selon le chef d’agence du siège, Mme Béatrice Kaboré, il y a déjà 4000 dossiers à gérer. Si la tendance se poursuit (les prêts scolaires sont ouverts du 15 juillet au 31 octobre 2007) jusqu’à la rentrée, la BCB va pulvériser les 6 000 dossiers traités l’année dernière.

A la BCB, tout demandeur peut obtenir un prêt scolaire équivalent à deux fois le montant du salaire viré. De façon générale, les salariés intéressés ont déjà un crédit en cours. Pour les banques, cela ressemble à un arrangement pour permettre à des clients de financer la scolarisation de leur progéniture. Mais pour ne pas grever les budgets familiaux, la BCB précise que les deux traites (celles du prêt ordinaire et du prêt scolaire) ne doivent excéder 50% du salaire.

Les établissements financiers ont en commun dans ce domaine un seul paramètre : le prêt est remboursable en 10 mois. Pour le reste, chacun propose ses conditions. Au niveau des caisses populaires, ceux qui ont déjà un crédit peuvent obtenir jusqu’à 200 000 F CFA, et ceux qui n’en ont pas , un plafond de 500 000 F CFA avec un taux de 10% (le même taux est appliqué à la BCB). Pour la Banque sahélo-sahélienne pour l’investissement et le commerce (BSIC), il faut aborder le prêt scolaire avec beaucoup de réalisme. Selon le chef du service crédit, Fouro Ky, la BSIC propose un service individualisé en fonction du revenu du client.

Ainsi, il peut y avoir des arrangements sur le taux d’intérêt qui est de 11% avec comme souci de ne pas "affamer" la clientèle. Dans ce sens , Fouro Ky indique que les frais de dossier sont réduits pour respecter le caractère social de ce produit. Est-ce pour cela qu’aucun système de suivi n’est mis en place dans les établissements financiers pour connaître la destination de l’argent ? On a bien l’impression que c’est "tout bénéf" pour eux et que le risque est pratiquement nul parce qu’il s’agit généralement de salariés. Le prêt scolaire a donc de beaux jours devant lui...


Le point de vue de quelques parents

Salif Daboné, cuisinier : "On doit l’investir dans l’éducation des enfants"

Le prêt scolaire est important en ces temps de rentrée scolaire. C’est avec ce prêt que nous inscrivons nos enfants à l’école et faisons même l’achat des fournitures scolaires. C’est vraiment très utile. Les gens qui l’utilisent pour d’autres fins doivent revoir leur copie. C’est une mauvaise pratique. L’on doit l’investir dans l’éducation des enfants. Sinon, c’est de l’inconscience caractérisée et ce n’est pas normal.

Mathieu Kaboré, agent à l’IRD : "Les gens l’utilisent selon leur entendement"

Le prêt scolaire est assez bien. Malheureusement, les gens ne sont pas honnêtes. Ils l’utilisent selon leur entendement. Très souvent, ce prêt n’est pas investi dans l’éducation des enfants. Cette année, je ne l’ai pas pris. Mais l’année dernière, cela a été utile pour moi. Certes la somme était insuffisante. Mais, elle a été une bouffée d’oxygène. J’ai pu l’utiliser pour payer les premiers versements de la scolarité. J’ai obtenu une somme de 200 000 F CFA pour trois enfants qui sont au lycée et deux autres à l’école primaire. J’ai deux enfants qui sont dans l’enseignement technique et dont la scolarité s’élève à 90 000 par an. La scolarité du 3e enfant qui fait la 6e s’éleve à 60 000 F CFA. Les dépenses que j’ai effectuées étaient supérieures à mon prêt scolaire (200 000 F CFA). Mais je rends grâce au Seigneur parce que je suis dans un service où j’effectue de temps en temps des missions. Cela me permet de souffler un tant soit peu.

Thomas Sawadogo, ingénieur d’élevage : "C’est une bonne initiative, et l’on doit la maintenir"

Les prêts scolaires permettent aux parents d’élèves de payer la scolarité de leurs enfants. C’est une bonne initiative, et l’on doit la maintenir. Nous sommes dans un pays où les revenus sont nettement inférieurs aux besoins des travailleurs. Dans ce cas, le prêt scolaire permet de résoudre les problèmes de scolarité et de fournitures scolaires. Ceux qui n’ont pas d’enfant à scolariser peuvent l’utiliser à d’autres fins. Mais, si vous avez des enfants et que vous utilisez le prêt scolaire à autre chose, vous serez bien obligé de trouver d’autres ressources pour leur scolarité. A mon avis, cela revient à la même chose.

Dieudonné Zongo, transitaire : "Il rend d’énormes services"

Le prêt scolaire est une bonne chose, parce qu’elle aide à résoudre les problèmes de scolarité des enfants. Dans ce sens, je tire mon chapeau aux institutions financières. Elles rendent d’énormes services aux parents d’élèves. Il y a des gens qui l’utilisent pour la distraction. Mais c’est une minorité. Car la majorité est bien consciente de l’importance du prêt.

Un enseignant : "Le prêt est destiné à d’autres fins"

Le prêt scolaire est une bonne chose, parce qu’il permet aux parents d’inscrire leurs enfants. Le salaire seul ne suffit pas pour faire face aux frais de scolarité. Ceux qui l’utilisent à d’autres fins ont leurs raisons. Tout est relatif. L’essentiel, c’est un prêt, et il est remboursable. Très souvent, le prêt est destiné à d’autres choses : les soins d’un malade, l’achat d’un bien matériel, etc.

Propos recueillis par Dayang-ne-Wendé P. SILGA et retranscrits par Issiaka KABORE (Stagiaire)

Le Pays

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