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Nomination de Guillaume Soro : les exilés politiques ne veulent pas être oubliés

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Côte d’Ivoire • • mardi 3 avril 2007 à 08h53min

Le Secrétariat Général de l’Organisation des Exilés Politiques Ivoiriens (OEPI) se réjouit de la désignation de Monsieur Guillaume Soro comme nouveau Premier ministre en Côte d’ivoire. Il se félicite de la médiation conduite par le président Blaise Compaoré du Burkina faso, président en exercice de la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Le secrétariat général de l’OEPI encourage le peuple ivoirien et l’invite à soutenir l’action du nouveau Premier ministre pour la réussite de sa mission.
Il invite le Chef du nouveau gouvernement, à qui il reste ouvert, à des échanges sincères pouvant aboutir à un retour d’exiles progressif de tout ses membres.

Le secrétariat général de l’OEPI demande au nouveau gouvernement d’entreprendre des reformes au sein de la police nationale et d’accorder la priorité à l’amélioration de la situation des droits de l’homme et de l’Etat de droit.

Le secrétariat général de l’OEPI souhaite vivement que le nouveau premier Ministre prenne en main l’affaire Guy André Kieffer, journaliste indépendant Franco-canadien disparu le 16 avril 2004 en Côte d’ivoire dans des conditions très douteuses.

La course contre la montre imposée par la volonté des acteurs politiques ivoiriens soucieux de vite allez aux urnes ne doit pas être un prétexte pour rester impunis les graves violations des droits de l’homme perpétrer sur des populations ces dernières années dans notre pays.

Le Secrétaire général de l’OEPI invite l’ensemble de la communauté internationale à renforcer sa coopération économique avec le Gouvernement du Premier Ministre Soro Guillaume en vue de consolider l’accord de paix de Ouagadougou qui permettrait de relancer le processus de réformes de l’armé, la tenue des élection démocratiques, la bonne gouvernance, le respect des droits de l’homme et de l’état de droit.

L’accord de paix de Ouagadougou est un compromis acceptable qu’il faut mettre au crédit de l’esprit du dialogue du secrétaire général des Forces Nouvelles et de la volonté manifeste de l’opposition ivoirienne de voir la Côte d’ivoire sortir enfin de la crise.

Fait à Bruxelles le 04 / 04 / 2007

Le secrétariat général de l’OEPI


Ouaga semble les avoir oubliés, mais eux n’ont pas oublié encore moins renoncé à regagner au plus vite leur pays, la terre de leurs aïeuls. Ils s’organisent dans ce sens. Certains en toute discrétion auraient déjà effectué leur retour. Eux, ce sont les officiers supérieurs ou généraux de l’armée ivoirienne exilés après les événements du 19 septembre 2002.

Ils sont plus de 150 à vivre cet enfer de l’exil selon des sources recoupées et il n’est pas exagéré de soutenir que le retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire est aussi lié à leur retour.

Pour l’heure, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, les deux acteurs principaux du processus de paix n’en font pas une urgence ni une priorité. Le processus de sortie de crise issu du dialogue direct de Ouaga n’aborde même pas le sujet. Quoi que selon des indiscrétions dignes de foi, la question de ces exilés militaires a juste été évoquée lors des négociations de Ouaga, juste le temps que les deux délégations montrent leur parfait désaccord.

En effet selon nos sources, le chef de la délégation présidentielle Désiré Tragro, sur instruction de son mentor, avait souhaité que le débat soit ouvert au sergent chef Ibrahim Coulibaly dit IB. Louis André Dacoury Tabley, après avoir sondé l’avis de Soro Guillaume, aurait donné une réponse affirmative au camp présidentiel à la seule condition que le Général Mathias Yéhamun Doué et le Colonel Yao Yao Jules puissent également être conviés aux discussions.

Une réponse embarrassante qui a vite fait plier l’échine à Désiré Tagro. De sorte que finalement le dossier des exilés militaires a été très vite refermé et remis au calendres grecques. Puisque l’accord de Ouaga n’en parle pas du tout.

Mais personne en Côte d’Ivoire n’ignore les conditions dans lesquelles ces militaires de haut rang ont pris le chemin de l’exil. Personne ne peut non plus ignorer que leur seul désir est de regagner leur patrie, leurs familles, leurs biens, bref toute leur vie.

Personne ne peut enfin ignorer qu’un soldat et plus encore un officier supérieur tient à son honneur comme à la prunelle de ses yeux. Tôt où tard, avec l’accord des autorités ou non, ils doivent rentrer. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, personne ne veut traiter cette affaire avec priorité et soin, surtout ceux qui parlent de retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire.

Parmi ces officiers de métier, il y a le prédécesseur du Général de Brigade Philippe Mangou à la tête des FANCI. La fuite de l’ex CEMA a été traitée par la presse ivoirienne comme un feuilleton à rebondissement. Débarqué le 13 novembre 2004 au lendemain de l’opération "Dignité" lancée par le régime Gbagbo, le Général Doué a été traqué comme un gibier dont on voulait coûte que coûte la peau. Mais celui qu’on surnomme le chinois avait toujours réussi à se mettre à l’abri avant de se résoudre à quitter le pays.

Les hommes que le régime avait lancé à ses trousses ne mettront pas pour autant fin à la traque. Il y a quelques mois, le Général Mangou et ses hommes ont manqué de justesse le Général Doué à Accra, nous a-t-on confié.

Le colonel Yao Yao Jules est l’autre célébrité de l’armée ivoirienne en cavale. On lui reproche sa trop grande indépendance d’esprit. Ancien porte-parole des FANCI, il a été relevé de ses fonctions par deux fois parce que son analyse des coups fourrés du régime FPI, son sens de la vérité gênait énormément les experts en complots internes du régime. Le Colonel Yao Yao Jules a été humilié par des soldats de rang appartenant à la garde présidentielle de même que le Général M’Bahia et le colonel Bakassa Touré. Ils ont été proprement bastonné pour avoir juste honoré un dîner à résidence de l’ambassadeur de France. C’était le délit du souper en territoire ennemi.

Il y a également l’ancien patron du CIOA le Colonel Kadio Miézou, le Colonel Séka Séka ancien patron du GATL, le capitaine Tony Oulaï sous mandat judiciaire en France, le Colonel Mbahia ancien directeur de cabinet du ministre de la Défense Aphing Kouassi qui a été obligé de s’évader après avoir été plusieurs fois cités dans les cas de nombreux complots évoqués par les sécurocrates du régime FPI contre la sûreté de l’Etat.

A ceux-là s’ajoutent les colonels Zoin Honoré, Gaoudi Oulata (ex attaché de défense près l’ambassade de Côte d’Ivoire aux USA), le capitaine Sidibé, le Général Palenfo et plusieurs autres officiers de l’armée ivoirienne. Selon des sources autorisées, ils ne seraient pas moins de 150 à vivre l’enfer de l’exil.

Mais pour encore combien de temps accepteront-ils de demeurer dans cette posture d’attente et de résignation ? Pourquoi personne ne veut traiter avec courage cette question ? L’accord de Ouaga vient de mettre en place un centre de commandement intégré, cadre où doivent se retrouver ex-rebelles et soldats loyalistes. Mais pourquoi n’intègre-t-on pas dans ce processus de réconciliation militaire, les officiers exilés ? C’est-à-dire ceux qui ont été contraints de quitter leur pays parce que se sentant menacés ?

Le Général Doué et les autres militaires exilés ont certainement besoin qu’on leur tendent aussi la perche, une sorte de dialogue direct acte II. Car il s’agit de retrouvailles entre tous les enfants du pays. Ils ont fui en abandonnant derrière eux pratiquent toute leur vie, leurs soldes ont été suspendues, leur carrière professionnelle brisée.

Autant de questions à résoudre autour d’une table de négociation. Selon des sources dignes de foi, certains de ces exilés auraient pris le chemin du retour d’autres seraient déjà là, en Côte d’Ivoire. Que préparent-ils ? Contre qui ? Au nom de la paix il faut agir maintenant et vite.

Akwaba Saint Clair

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