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Procès du putsch : Tiendrébéogo se dit victime d’une "machination"

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Tentative de putsch • • vendredi 9 avril 2004 à 08h08min

N. Tiendrébéogo (D)
avec le cne Ouali au procès

L’opposant burkinabè Norbert Tiendrébéogo, une des 13 personnes jugées depuis le 6 avril devant un tribunal militaire de Ouagadougou pour tentative de putsch pour avoir tentative de renverser en octobre dernier le régime du président Blaise Compaoré, a clamé jeudi son innocence et se dit "victime d’une machination".

"Je suis victime d’une machination, d’un acharnement et de persécusion de la part des mes rivaux", a déclaré à la barre M. Tiendrébéogo, président du Front des forces sociales (FFS, opposition) et proche du défunt président Thomas Sankara, père de la révolution burkinabè tué en 1987 lors d’un coup d’Etat.

L’opposant, employé de banque, comparaît depuis mardi avec 12 autres personnes, onze militaires et un autre civil, tous accusés de "complot et attentat à la sécurité de l’Etat". Le "cerveau" présumé de l’opération, le capitaine Luther Ouali, est également jugé pour "trahison" et "intelligence avec une puissance étrangère", singulièrement la Côte d’Ivoire, pour déstabiliser le régime du président Blaise Compaoré.

Accusé d’avoir tenu des "réunions" au siège de son parti avec les militaires inculpés qui "lui rendaient compte de l’évolution de la préparation" du putsch, M. Tiendrébéogo a nié tous "les faits qui lui reprochés".

Mercredi, le capitaine Ouali avait affirmé à la barre "n’avoir jamais informé" M. Tiendrébéogo de son "idée" de coup d’Etat, assurant que seul le sergent Naon Babou, ancien membre de la sécurité présidentielle également dans le box des accusés, "était au courant" du projet.

M. Tiendrébéogo a reconnu qu’il connaissait le capitaine Ouali ainsi qu’un autre accusé, le capitaine Boulédié Bayoulou, expliquant avoir sollicité les deux officiers pour qu’ils l’aident à implanter le FFS dans leurs régions, "mais sans jamais parler de coup d’Etat".

Selon l’accusation, l’opposant et les deux capitaines s’étaient même entretenus de "la répartition des postes politiques" après leur coup d’Etat. Une fois Blaise Compaoré démis, le fauteuil de président devait revenir aux militaires tandis que le FFS et le Parti pour la démocratie et le progrès (PDP/Parti socialiste, opposition) de Joseph Ki Zerbo devaient se retrouver au premier plan dans le nouveau gouvernement.

M. Ki Zerbo figure sur la liste des témoins.

Le capitaine Bayoulou a de son côté déclaré avoir été "contraint sous la torture des gendarmes à charger M. Tiendrébéogo et le général Kouamé Lougué", l’ex-ministre de la Défense limogé peu après l’annonce par Ouagadougou de ce coup d’Etat en préparation.

Le second civil, le pasteur-instituteur Paré Israel, accusé d’avoir autorisé les militaires inculpés, dont certains sont ses disciples, à tenir des réunions secrètes dans son église à Ouagadougou, a lui aussi clamé son innocence.

"J’ai béni 46 millions de Fcfa destinés à +un projet+ du capitaine Ouali, qui m’a offert une dîme de 9 millions de Fcfa", a toutefois reconnu le pasteur, disant ignorer l’origine de l’argent.

Mercredi Le capitaine Ouali a dit avoir reçu 50 millions de francs CFA (76.000 euros) "lors d’un séjour à Abidjan" de Raphaël Logbo, aide de camp de M. Gbagbo, son "un ami de longue date".

Il a toutefois assuré que la somme n’était pas destinée à financer un coup d’Etat.

Sur les neuf accusés déjà appelés à la barre, seul M. Tiéndrébéogo n’a pas reçu d’argent de la part du capitaine Ouali. Tous les autres ont reconnu avoir perçu des sommes variant de 150.000 à 2 millions de FCFA.

Le procès, dans lequel une soixantaine de témoins doivent encore être entendus, ne devrait pas s’achever avant la semaine prochaine

AFP

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