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Un marabout, deux femmes et le charretier

Accueil > Actualités > Société • • jeudi 5 octobre 2006 à 07h33min

L’histoire se passe au secteur 20 (Lafiabougou) de Bobo. Un beau matin, un marabout arriva d’on ne sait où, et décida de s’installer à la périphérie du secteur, dans une cour isolée. Il y trouva sur place un charretier qui était avant son arrivée le seul locataire de la cour. Naturellement ils ont tous les deux sympathisé et le bon voisinage pouvait commencer.

Entre temps, le marabout devient subitement célèbre. Chaque jour, ce sont des dizaines de clients qui se bousculaient à sa porte. Parmi eux, on dénombrait de nombreuses femmes.

Le charretier sort le matin et ne rentre à la maison que le soir. Lorsque les clients du marabout ont besoin de quelque chose à acheter, ils sollicitaient les services du charretier, moyennant un petit cadeau.

Le nombre des clients du marabout se multipliait de jour en jour. Cela donna des idées au charretier qui décida d’ouvrir un petit commerce pour satisfaire sur place les multiples problèmes des clients du marabout. Comme c’est lui qu’on envoyait le plus souvent, il sut alors ce qu’il devait acheter pour son petit commerce.

Les choses marchaient bien dans cette cour isolée jusqu’au jour où deux dames d’une certaine classe fassent leur apparition. Plutôt que de venir consulter le marabout sur place, elles décidèrent de l’« enlever » et de le mettre à leur service, rien qu’à elles toutes seules. Nul ne sait la nature du contrat qui liait ces trois personnes.

Ce qui est sûr, la bonne affaire du charretier prit rapidement fin et il dut se résoudre à faire quelques retouches sur sa charrette qui était restée si longtemps au garage avant de reprendre son vieux boulot de charretier.

Les deux femmes ont pris une maison pour le marabout qui devait y rester pendant quelques jours, histoire pour lui de mieux accueillir les génies. Même la nourriture qu’on apportait au marabout devait passer par la fenêtre. Personne ne devait le voir avant sa sortie de cette retraite spirituelle.

Un jour pourtant, il vint voir le charretier et lui remit la somme de 25 000F vingt-cinq mille (25 000) FCFA pour qu’il lui achète une grosse valise. Puisqu’il avait appris un peu les « affaires », le charretier paya la grosse valise à 10 000F et garda le reste. Le marabout fût quant même content.

Un beau matin de bonne heure, il vint réveiller son ancien voisin et lui proposa d’amener tous ses bagages à la gare. Pour cela, il lui remit vingt-cinq mille (25 000F) FCFA.
Le charretier ne se fit pas prier. Deux jours plus tard, il reçut la visite des deux dames qui sont venues pour s’enquérir des nouvelles du marabout qui avait disparu.
Le charretier leur expliqua qu’il était rentré chez lui au Mali et que c’est lui-même, en tant que charretier qui a transporté ses bagages jusqu’à la gare routière.

Elles exigèrent que le charretier les accompagne à la police. Celui-ci refusa catégoriquement. Les femmes voulurent le menacer de l’écrouer pour le reste de sa vie. Mais il est resté de marbre et a même prié ses deux visiteuses de sortir de chez lui sinon...

Cette histoire a amusé les gens au grin. Depuis le temps qu’en raconte des histoires pareilles sur les marabouts, ils sont étonnés que des personnes osent encore se laisser prendre dans leur piège. Si ces soi-disant marabouts pouvaient apporter le bonheur chez quelqu’un pourquoi ne pas commencer par eux-mêmes ?

Le plus souvent, ce sont des gens qui viennent de loin pour venir se faire passer pour des « messies ». « A bon mentir, qui vient de loin », l’adage est bien clair là-dessus.

Une partie du grin dit de ne pas toujours en vouloir aux victimes de ces marabouts. Même si ces derniers ne peuvent rien arranger pour quelqu’un, force est de reconnaître qu’ils ont au moins des pouvoirs pour attirer leurs victimes.

Lorsqu’ils te choisissent pour te plumer, c’est Dieu seulement qui peut te sauver, sinon plus rien ne peut te sauver. Attention donc à ceux qui se moquent des victimes des marabouts. « Tant qu’on n’a pas traversé la rivière, on ne doit pas se moquer de celui qui se noie », ça peut arriver à tout le monde.

Le mieux c’est d’éviter de les croiser sur son chemin. Pour terminer cette discussion, il y a un membre du grin qui est resté très fâché contre le charretier qu’il accuse d’être le complice du marabout. Mais cela a suscité un autre grand débat. Les uns approuvant son idée ; les autres la désapprouvent, arguant que le charretier n’était pas venu à Bobo pour regarder le boulevard de la révolution.

Pour nous départager tous au grin, un vieux qui était de passage et qui s’est vu obliger de prendre part au débat a tout simplement dit ceci : « Que le bon Dieu préserve tout un chacun de ces marabouts véreux qui ne cherchent qu’à semer la désolation, surtout pour ceux qui viennent d’ailleurs ».

L’Opinion

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