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Inscription dans les écoles : Un clandestin pris en flagrant délit

Accueil > Actualités > Société • • jeudi 5 octobre 2006 à 07h32min

Le 4 octobre 2006, lors d’une visite initiée par le maire de l’arrondissement de Bogodogo, Zénabo Drabo, dans des écoles, Bernadette Damiba, inspectrice de Ouaga III, l’informe d’un recrutement illicite dans une des écoles de son inspection.

Amed Idriss Bilgo, en complicité avec deux instituteurs, un mécanicien, un tâcheron et des chômeurs, a entrepris un recrutement sans avoir auparavant eu une autorisation quelconque. Selon Amed Idriss Bilgo, le groupe concerné constitue le noyau du Centre d’éducation des enfants démunis et orphelins pour le compte duquel le recrutement se faisait. Son association, a-t-il dit, n’a pas de récépissé. Actuellement, le sieur Bilgo est entre les mains de la police. En attendant de revenir sur la visite, l’inspectrice de Ouaga III et M. Bilgo donnent des détails sur les faits.

* Damiba Bernadette, inspectrice de Ouaga III : "J’étais en tournée pour voir comment s’effectue la rentrée scolaire dans les écoles relevant de mon inspection. Je devrais être à l’école Marie Curie, mais je ne sais pas pourquoi je suis passée à 10 m du mur de cet établissement et j’ai donc vu l’attroupement. Je me suis renseignée auprès de deux fillettes qui m’ont informée qu’elles avaient été envoyées pour recruter des élèves. Lorsque j’ai demandé qui les avait envoyées, elles m’ont répondu que c’était un certain Amed. Je leur ai demandé si les bâtiments leur appartenaient. Elles ont répondu qu’elles ne savaient pas. Etait-ce une location ? Elle ont dit qu’elles ne savaient pas non plus. C’est alors que je leur ai dit que les locaux m’appartenaient. Je leur ai dit de quitter immédiatement les lieux. Ensuite, je leur ai demandé les coordonnées de Amed et c’est le document du Centre d’éducation des enfants démunis et orphelins qu’elles m’ont remis.

Je leur ai dit que je l’emportais et de dire à monsieur Amed d’entrer immédiatement en contact avec moi. Et je suis en train de de me battre pour que cette école soit ouverte cette année. Je ne comprends donc pas pourquoi quelqu’un d’autre se permet de faire un recrutement à mon insu. J’ai menacé les filles, et les parents d’élèves présents sur les lieux m’ont approchée pour comprendre. Je leur ai expliqué que depuis l’année dernière, l’école est en difficulté. On a fini la construction au mois de novembre. Et pendant que j’ai engagé la demande d’équipement au mois de décembre 2005, les ouvertures ont été volées. Sur ce point, j’ai fait mon rapport à toute la hiérarchie. Tenez-vous bien, jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’issue heureuse. Après cela, j’ai convoqué la population riveraine pour préserver deux portes qui restaient. Avec elle, ces portes ont été conservées chez un des habitants, et ce, à mes risques et périls. Or mon administration n’a pas été associée dès le départ mais le compte rendu lui a été fait après. A la demande des habitants, j’ai réengagé le processus d’équipement et de parachèvement du bâtiment cette année afin qu’en novembre prochain les cours puissent y commencer. Dans le même sens, j’avais convoqué une réunion avec les riverains pour le 5 octobre 2006 à 8h.

Sur-le-champ, j’ai dit aux parents de se débrouiller pour récupérer leurs sous, car je procéderais d’ici le 30 octobre à un recrutement avec l’autorisation de ma hiérarchie. L’administration ne reconnaît pas ce recrutement. C’est une école de l’Etat, et nous suivrons ses directives pour le recrutement. Dès que je voulais tourner dos, j’ai aperçu Amed qui arrivait. Il y avait un homme de tenue dans les environs. C’est là que Amed m’a fait comprendre qu’il avait été guidé par quelqu’un parce que j’étais absente.

Je lui ai dit que le procédé ne me plaisait pas car personne ne m’avait touchée pour ce problème, et après la conférence des inspecteurs à Bobo, je suis revenue à Ouaga depuis début septembre. Ce qu’il a pris chez le parents ne m’engage pas et il doit le résoudre avec eux".

* Amed Idriss Bilgo, un des responsables du Centre d’éducation des enfants démunis et orphelins, membre de l’Eglise le nazaréen de Dagnoën : "Je suis d’un centre d’alphabétisation qui accueille les enfants de trois et quatre ans et ceux démunis et orphelins. C’est comme une école maternelle (ndlr : dans les documents consultés, le recrutement a commencé en juin et concerne les enfants de 3 à 10 ans). Nous avons envoyé des dossiers au niveau des ministères pour étendre les classes au CP1 et au-delà. Les plus démunis, les orphelins, ne payent pas. Nous avons commencé les enregistrements depuis longtemps. Les inscriptions ont commencé dans une autre localité avant d’arriver dans cette école.

Avez-vous eu une autorisation pour faire

le recrutement et vous rendre dans cet établissement qui n’est pas le vôtre ?

Comme nous avons adressé les correspondances aux autorités, nous avons acheté des briques pour parachever les deux maisons que nous voulions utiliser pour notre travail. L’année dernière, nous avons fait la même chose. Mais comme l’inspectrice a dit que nous avons mal fait, nous avions donc commencé à rembourser les sommes prises avec les parents d’élèves.

Quel est le montant que vous avez déjà encaissé à l’heure actuelle ?

Je ne peux pas vous dire la somme sans consulter les reçus. L’inscription se fait en deux catégories. L’enregistrement fait en gros 1 200 F CFA. Les enfants dont les parents sont démunis payent 6 000 F CFA. Les premiers sont les orphelins et les seconds sont les enfants issus de familles pauvres. Pour les orphelins, il faut fournir un certificat de décès et la photocopie d’un extrait d’acte de naissance.

Avez-vous obtenu un récépissé d’existence du centre ?

Non. Mais nous avons adressé des correspondances à la mairie et aux ministères chargés de l’enseignement. Nous n’avons pas eu de réponses.

Combien êtes-vous à initier ce travail ?

Nous sommes cinq personnes :

- Charles Tapsoba, secrétaire général du Centre d’éducation des enfants démunis et orphelins, directeur de l’école Sainte-Agathe à Somgandé ;

- Arouna Tinto, enseignant nouvellement recruté pour la région de Ouahigouya ;

- Emile Ilboudo, secteur 29, mécanicien des 2 roues ;

- Madi Belem, tâcheron au secteur 29 ;

- Amed Idriss Bilgo, chargé du recrutement.

Le Pays

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