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Yipène Djibrill Bassolé : "Je ne cherche pas à plaire quand il s’agit des questions d’Etat"

Accueil > Actualités > Portraits • • vendredi 29 septembre 2006 à 08h12min

Djibril Bassolé

Malgré la rentrée scolaire avec son corrolaire de dépenses pour les parents d’élèves, la question du port obligatoire du casque marque l’actualité nationale. En recevant en invité de la rédaction, le mardi 19 septembre dernier monsieur Yipène Djibrill Bassolé, ministre de la Sécurité, cette question a indéniablement figuré en pôle position.

Sans pour autant occulter d’autres préoccupations dont les plus angoissantes, l’insécurité envahissante, la paupérisation grandissante, la vie chère, etc. Militaire de formation, officier colonel de gendarmerie dont il a été chef d’état major, donc apte à évoluer sur tous les registres et à faire face à tout, M. Bassolé a encaissé les questions des journalistes de sidwaya avec ce sang froid qui caractérise les gens d’armes.

Au delà des questions de l’actualité brûlante, le 19 septembre fut également l’occasion de découvrir davantage notre invité qu’un de nos confrères a présenté comme l’un des meilleurs officiers de police judiciaires de sa génération. Un officier de police judiciaire qui glisse lentement (mais sûrement ? !) vers la diplomatie avec déjà un CV enrichi de fin négociateur dans les crises sur le continent, notamment togolaise ajouté à une présence bien que discrète, au côté du chef de l’état qu’il accompagne dans les déplacements officiels. Un privilège ? Pourquoi pas le bénéfice de la confiance.

En tous les cas, les trois heures passées avec Yipène Djibrill Bassolé, premier flic du Burkina Faso, ont permis aux journalistes de ressasser les points saillants du moment et de comprendre beaucoup de choses qui vous sont données à lire.

Sidwaya (S.) : Après la rentrée gouvernementale, on s’apprête pour la rentrée scolaire. En tant que père de famille et membre du gouvernement, quelles sont vos préoccupations pour cette rentrée scolaire ?

Djibrill Bassolé (D.B.) : La préoccupation d’un responsable politique et d’un père de famille est que la rentrée se déroule bien, sur deux plans essentiellement : premièrement que les questions relatives à la scolarité, notamment toutes celles qui touchent à l’inscription des enfants, aux frais de scolarité et autres soient réglées à la plus grande satisfaction de tous.

Deuxièmement, en tant que responsable politique, le souhait est que le climat social soit apaisé de manière à ce que les enfants puissent aller à l’école dans d’excellentes conditions. Je pense que cette rentrée qui s’annonce, selon certains dires, orageuse, grâce à Dieu, se passera bien.

S. : En tant que ministre de la Sécurité, avez-vous prévu des mesures particulières pour cette rentrée ?

D.B. : Il n’y a aucun indice grave qui amène le département de la Sécurité à prendre des dispositions particulières, outre celles qui concernent la sécurité publique d’une manière générale. Ce serait d’ailleurs dommage si les Forces Publiques se mettaient à l’avant veille de la rentrée scolaire à envisager des dispositifs particuliers. Il est important de créer une ambiance et un environnement apaisés. Les dispositions sécuritaires spéciales ne participent pas de cette bonne ambiance apaisée. Moins il y aura de dispositifs visibles et d’agents en tant que tel autour des écoles à l’occasion de la rentrée scolaire, mieux cela vaudra. De manière concrète, il n’y a aucune disposition particulière, sauf qu’il faut savoir qu’à partir du 2 octobre 2006, la circulation sera surchargée et que les enfants qui se déplacent de plus en plus à vélo ou à moto ont besoin qu’il y ait des présences de forces de sécurité, pour des questions de sécurité publique.

S. : La mesure du port des casques continue d’alimenter les conversations. Alors que certains pensent qu’il faut poursuivre la sensibilisation, vous, vous optez pour l’application immédiate et la répression. Pensez-vous que c’est la bonne méthode surtout que la tentative du 1er septembre a échoué ?

D.B. : Pourquoi vous dites que la première tentative a échoué ? D’abord, l’objectif n’était pas d’amener tout le monde à porter le casque tout de suite ! Il s’est agi d’une opération ponctuelle limitée dans le temps et dans l’espace. Ce n’est pas une opération qui a concerné tout le territoire national. Et puis, pourquoi pensez-vous que les réactions négatives de ceux qui ne veulent pas porter le casque sont véritablement un signe d’échec ou doivent obliger les pouvoirs publics à abandonner la mesure ? Ces réactions étaient compréhensibles compte tenu du nombre très élevé de motocyclistes et surtout des habitudes vieilles de dizaines d’années de circuler à l’aise sans casque et sans contrainte particulière. Je signale en passant que ceux qui ont manifesté le plus violemment n’ont ni mobylette, ni bicyclette ; ça c’est un autre problème.

Le gouvernement a programmé une série d’actions commencées depuis 2003 qui concernent l’adoption d’un certain nombre de textes et de mesures d’accompagnement. La plus intéressante est celle qui oblige les commerçants à intégrer le casque dans les accessoires de la moto. C’est une action qui vise à rendre le casque disponible et à faire en sorte que son acquisition ne soit pas un problème supplémentaire pour l’usager. Pour tout le reste, le processus continue. Il n’est pas dans l’intention du gouvernement de créer des problèmes pour vouloir en régler d’autres. Le souci étant d’aider les usagers à se protéger individuellement. La stratégie vise à prendre un certain nombre de dispositions, de mesures d’accompagnement et de mesures incitatives pour amener le plus grand nombre à adhérer au port du casque.

C’est une ouvre de très longue haleine. Il ne faut donc pas imaginer que les pouvoirs publics s’attendent à voir tout le monde porter le casque tout de suite. On voudrait d’ailleurs le faire, qu’on n’en serait pas capable matériellement compte tenu du nombre élevé de cyclomoteurs et de la disponibilité de casques de bonnes qualités qui répondent aux critères que l’administration a définis. Le processus continue et bientôt, nous ferons appel à vous pour annoncer un certain nombre de mesures incitatives. Il y a une commission qui est en train de travailler afin de faire ressortir des avantages pour ceux qui porteront les casques. Après tout, nous sommes dans un pays de liberté. Le port du casque est une mesure strictement individuelle et personnelle. Si vous décidez de ne pas porter le casque, on ne vous mettra pas en prison pour cela. Mais sachez que les pouvoirs publics seront désormais très attentifs à l’absence du casque.

Il n’est pas dans nos objectifs d’entreprendre des contrôles tracassiers qui peuvent perturber la libre circulation des personnes. Nous sommes un pays dynamique à tradition de deux roues et ce sont les deux roues qui font vivre l’économie, qui vitalisent la société. Un gouvernement a plutôt avantage que sa population reste dynamique. C’est le souci de protéger cette population qui amène le gouvernement à instituer des mesures de protection individuelle.

Maintenant, la mesure existe et elle n’est pas la seule d’ailleurs, il y a plein d’autres mesures qui sont contenues dans le fameux décret qui définit les contraventions en matière de sécurité routière, par exemple l’obligation d’avoir un permis A, pour les motocyclistes, l’interdiction de téléphoner en conduisant etc. Pour le port du casque de protection, l’usager sait au moins que s’il ne le porte pas, il est en infraction et qu’à tout moment on pourra le lui rappeler.

S. : N’était-il pas nécessaire de prendre d’abord les mesures incitatives avant le contrôle qui a eu lieu le 1er septembre dernier avec des échauffourées à la clé ?

D.B. : Les mesures incitatives ont commencé depuis longtemps. Cela me fait dire que le contrôle a été une excellente chose. Même vous journalistes, je ne suis pas sûr que vous prêtez attention à la série de mesures incitatives qu’il y a eu. Par exemple, le décret de 2005 qui fait obligation aux commerçants de cycles d’intégrer le casque, les mesures de publicités que même certains vendeurs ont commencé.Soit, il y en a qui, probablement de bonne foi, n’ont peut-être jamais entendu parler de casque parce que la télé et les journaux ne sont pas à leur portée.

Mais dès qu’on dit qu’il y a des policiers qui sont au carrefour et qui demandent les casques, l’information va partout. Voilà pourquoi, je pense que le gros intérêt de l’opération du 1er septembre dernier, est d’avoir permis qu’on parle du casque Maintenant que certaines personnes se soient déchaînées contre la mesure, il faut l’admettre ; il y a eu plusieurs manières de se déchaîner, il y a ceux qui se sont déchaînés intellectuellement à travers la presse et il y a ceux qui l’ont fait musculairement sur le terrain.

Bref, ils se sont exprimés et la façon dont l’ensemble des problèmes a été posé amène les pouvoirs publics à tenir compte d’un certain nombre de remarques et de critiques objectives qui vont guider l’action des hommes sur le terrain pour le reste du processus. Nous sommes dans l’axe, et je pense qu’il n’y a pas de quoi a en faire un drame, j’aimerai bien que nous puissions dépassionner le débat. Je ne vois vraiment pas pourquoi il y a autant d’histoires pour une mesure tellement simple dont l’utilité ne se démontre plus.

Je suis persuadé qu’avec le temps et les circonstances, ceux qui se seront familiarisés avec le port du casque pourront difficilement s’en passer, parce qu’en plus de protéger contre les chocs crâniens, le casque, s’il est de bonne qualité et nous veillerons à cela, protège de bien d’autres désagréments. Moi-même j’étais à moto, il n’y a pas longtemps (rires), je n’avais pas de casque, mais avec la petite expérience de port de casque que j’ai connue, je n’arriverai plus à m’en passer.

Quand le casque est de bonne qualité, il protège bien contre les insectes, la poussière, la pollution, etc. Ceux qui sont réfractaires trouvent toutes sortes d’arguments : on ne peut ni tourner la tête, ni entendre, en avril il fera trop chaud, on ne pourra plus admirer les belles femmes etc. Les seuls vrais problèmes sont l’absence totale de l’habitude et même du réflexe de se protéger et le coût pour les ménages qui doivent acheter 3, 4 ou 5 casques à la fois.. Nous allons y aller progressivement et le souci, est d’amener la majorité à comprendre, à accepter et à se familiariser avec le port du casque. C’est cela le plus important.

S. : Lors de la 1re opération, les Burkinabè ont eu l’impression qu’on voulait les protéger contre leur gré ?

D.B. : C’est une réaction naturelle qui ne nous a pas surpris outre mesure.

Il s’agit d’adapter la méthode de contrôle à la réalité du terrain, à la psychologie des hommes et à la réalité sociologique des Burkinabè à propos des engins à deux roues comme moyen de déplacement. La tâche ne s’arrête pas, il faut adapter la méthode. C’est une ouvre de longue haleine. Je pense qu’il ne faut pas se braquer sur cette question. Il ne faut pas faire des confrontations inutiles, il faut simplement continuer à expliquer. Porteront le casque ceux qui voudront. L’ensemble des usagers auront au moins toutes les informations à leur disposition et ils sauront à quoi s’en tenir.

S. : Ne serait-ce pas la période qui a été mal choisie, avec l’avalanche d’augmentations : électricité, carburant, frais de scolarité ?

D.B. : Même en distribuant gratuitement des casques à l’ensemble des Burkinabè, je ne suis pas sûr qu’ils les porteront immédiatement. Si les services de sécurité exécutent un contrôle systématique et général en décembre, en février ou en mai, elles rencontreront les mêmes réticences. Le seul vrai problème, c’est que les gens ne sont pas habitués au port du casque. Je pense que si quelqu’un a les moyens de s’acheter une moto, le coût du casque n’est pas un problème insurmontable. D’accord que les ménages qui doivent acheter un casque pour monsieur, un pour madame et pour deux ou trois gosses dans la famille, cela revient à quatre ou cinq casques à acheter tout de suite, pour se conformer à l’esprit et à la lettre du décret.

En ce moment, il y a problème. Nous en sommes conscients. Et si tous les usagers au Burkina décident de porter les casques, ce n’est pas sûr que les disponibilités sur le marché puissent satisfaire la demande. Il nous faut donc travailler à jouer sur le prix et la qualité du casque. Je crois que tout cela est un mouvement qui est désormais bien enclenché, et qui nous permettra de tenir compte des difficultés réelles du terrain.

Autrement la période ne pose pas problème ! La veille de la rentrée scolaire devait être le moment de donner le signal. Si nous, adultes nous sommes marqués par les habitudes, il serait bon, petit à petit, d’inculquer aux enfants le réflexe de se protéger. Il s’agit d’un simple réflexe. Une fois qu’on l’a, c’est l’absence du casque qui devient un problème. Nous avons, le devoir de donner en plus, le bon exemple. Les enfants ne portent pas le casque parce qu’ils regardent les adultes qui n’en portent pas.

La tradition du non-port est beaucoup plus forte que la tradition du port du casque. Il faut travailler à inverser la tendance, ce qui n’est pas facile, vu que tout ce qui touche au changement de comportement est généralement très difficile et long à mettre en ouvre.

S. : Sachant que ceux qui opèrent dans le mauvais sens sont souvent cagoulés, le port du casque ne contribuera-t-il pas à mieux masquer les malfrats ?

D.B. : Je pense même que c’est mieux, parce que celui qui veut faire une opération ne va jamais porter le casque étant donné qu’il sera une contrainte supplémentaire pour lui. Peut-être qu’il n’en possède même pas. Non, je ne crois pas que notre insécurité soit à ce stade. Avez-vous été déjà attaqué par des bandits ? Ils n’ont jamais de casque à côté. Ils s’en foutent d’ailleurs !

S. : Qu’est-ce qui a justifié le fait que lors du contrôle le 1er septembre dernier, pendant qu’on arrêtait les citoyens lambdas, les hommes de tenues circulaient librement sans casques ?

D.B. : Je prendrai les dispositions pour que désormais les militaires et les paramilitaires se conforment à la réglementation. Vous savez, les militaires, les paramilitaires, les civils, les élèves, sont animés par le même état d’esprit. Acquérir le casque et le porter est une contrainte supplémentaire. Vous avez dans les casernes la même proportion de gens qui ne s’y sont pas encore conformés ou ne voient pas la nécessité de porter le casque. De manière pratique, nous envisageons de faciliter l’acquisition du casque et d’obliger au moins les agents chargés du contrôle, de la mise en ouvre effective de la mesure à le porter. C’est plus juste et plus encourageant.

S. : Le gouvernement va-t-il fixer un prix pour les casques ? Va-t-il imposer des casques standard, c’est-à-dire homologués ?

D.B. : Le texte dit que les casques qui sont en circulation doivent protéger les usagers de la manière la plus efficace possible. Dans notre cas, nous avons intérêt à ce que le casque soit le plus confortable possible. Etant donné que nous sommes dans une phase de sensibilisation et d’incitation, il ne faut pas qu’au moment de porter le casque, l’usager soit effectivement indisposé par le casque. Ce qui a amené le gouvernement à engager toutes les démarches possibles pour être extrêmement exigeant sur la nature et les prix des casques qui vont être livrés.

Mais à la limite, le problème se pose de nos jours parce qu’il y a un nombre d’usagers propriétaires de motocyclettes qui n’ont pas de casques et qui devront en acheter. Désormais, vous ne pourrez plus acheter une moto sans le casque qui fait partie désormais des accessoires de la moto. Un casque de cette nature est forcément homologué et est de bonne qualité. Ce qui veut dire que les problèmes du prix et autres seront réglés. Mais sur le problème du prix du casque vendu isolement, le gouvernement fera son mieux.

Mais n’oubliez pas que nous sommes dans un système d’économie libérale. Les vendeurs, surtout ceux du secteur informel s’adaptent aux exigences du marché ! Il y a une demande qui monte subitement, parce que les gens s’empressent d’acheter un casque, le petit commerçant s’empressera d’augmenter le prix pour gagner davantage ! Avec la mise en ouvre graduelle de toutes les dispositions ; concernant les mesures d’accompagnement le gouvernement fera maîtriser indirectement le prix du casque.

S. : Après une suspension, les négociations gouvernement-syndicats sont de nouveau à l’ordre du jour du calendrier du Premier ministre. Quelle appréciation faites-vous de ces rencontres qui se terminent parfois en queue de poisson ?

D.B. : Pourquoi vous pensez que ça se termine en queue de poisson ? (Rires). Je pense que ce qu’il faut saluer déjà, c’est l’esprit du dialogue quasi-permanent. Il ne faut jamais qu’il y ait de rupture. Il faut que les organisations syndicales soient toujours la courroie de transmission des doléances, des préoccupations réelles des travailleurs et que le gouvernement reste toujours ouvert et réceptif à ces doléances. Dans une négociation, personne ne peut tout donner ou tout gagner. Le gouvernement a des contraintes objectives, il voudrait faire certaines choses qu’il ne pourrait même pas. Les syndicats ont leurs exigences aussi, quelquefois bien sûr, ils font monter les enchères au maximum.

Evidemment, face à de telles exigences, il n’est quelquefois matériellement pas possible de les satisfaire. Ce que je note comme gros intérêt, c’est l’instauration du dialogue, se rencontrer, se parler et se comprendre.

S. : On a l’impression que les ministres et les travailleurs ne vivent pas les mêmes réalités ?

D.B. : (Rires). Mais nous n’avons pas non plus les mêmes contraintes ! Non de manière plus sérieuse. Nous sommes issus de milieux modestes, nous sommes entourés par des travailleurs de toutes catégories, tant sur le plan familial que professionnel ; on ne peut pas ignorer leurs réalités quotidiennes.

S. : Ne pensez-vous pas que les revendications concernant l’augmentation des salaires à 25% sont justifiées au regard de l’inflation que vivent les travailleurs de nos jours ?

D.B. : (Rires). Si on veut bien faire, il faut aller à 100% d’augmentation. Aucun salaire ne suffit jamais vraiment. Nous sommes conscients des difficultés, nous les partageons, nous les vivons au quotidien et c’est sûr que nous ne sommes pas heureux de savoir qu’autour de nous, il y a des difficultés existentielles. Il faut dans un pays comme le Burkina Faso, aux ressources très limitées, s’organiser et travailler pour accroître la richesse et veiller à ce qu’il y ait une judicieuse répartition de cette richesse. Les exigences de nos partenaires au développement, en même temps qu’elles nous aident à atteindre certaines performances économiques, ne nous permettent pas de faire ce que l’on voudrait faire surtout en matière d’augmentation de la masse salariale

S. : Certains syndicats pensent que la reprise du dialogue annoncée est une stratégie de diversion pour dépasser la période orageuse de la rentrée scolaire. Qu’en dites-vous ?

D.B. : Non, non, comment une diversion ! C’est souvent ça aussi le problème des syndicats. Quelquefois, ils font des amalgames entre la lutte syndicale et la lutte politique et politicienne tout court, cela complique inutilement la situation. Nous devrions ensemble nous acheminer vers un partenariat constructif et fructueux. Je pense qu’à l’instar d’autres pays, les syndicats devraient travailler sur les grands dossiers du gouvernement, tel que le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté, le budget annuel avec ses recettes, ses dépenses et ses contraintes. Il ne faut pas partir du principe que les gouvernants sont hostiles à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et les présenter comme tels. L’esprit des concertations doit évoluer.

Ce n’est pas à travers des rapports conflictuels qu’on défend mieux les intérêts des travailleurs ! Il y a un certain nombre de questions dont le gouvernement s’est saisi et qui préoccupaient les populations. Le gouvernement s’est très vite penché sur chacun de ces aspects en essayant de trouver par rapport aux contraintes extérieures, ce que le Burkina pourrait faire pour soulager un tant soit peu les populations du fardeau des charges des ménages qui, effectivement ont tendance à s’alourdir. Des mesures ont été prises pour contenir le prix du litre d’essence, les frais de scolarité par exemple

S. : On a souvent l’impression que le gouvernement est déconnecté des réalités. Il ne prend pas le temps de préparer l’opinion à la réception des messages. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

D.B. : Quelquefois, le temps fait défaut. Le gouvernement se retrouve face à la réalité brutale de l’économie mondiale. Dans ce cas, il est obligé de réagir vite pour que le pays s’adapte aux nouvelles exigences, sinon, les conséquences pourraient être beaucoup plus dommageables. Qu’est-ce que vous préférez, qu’on paie un peu plus cher, mais qu’on ait l’électricité, ou qu’on soit plutôt obligé d’être privé d’électricité un jour sur deux parce qu’il n’est plus possible de faire fonctionner nos groupes ? D’une manière générale le gouvernement fait un effort de communiquer à priori ou à posteriori. Je crois personnellement que ce n’est pas la communication qui fait défaut ; certaines mesures même assorties de préavis sont indigestes je le reconnais.

S. : Quand on parle de préparer, il s’agit de rentrer en contact avec le peuple d’en bas, de prendre des leaders d’opinions qui se chargeront de véhiculer l’information. Que vous empêche-t-il de le faire ?

D.B. : Je suis d’avis avec vous mais cela dépend d’abord de la nature de la mesure. Pour tout ce qui concerne les augmentations dont nous sommes victimes ensemble, je ne sais vraiment pas ce que vous voulez qu’on explique. Sauf à dire les raisons qui ont conduit à telle ou telle augmentation. Il faut surtout travailler à prévoir et se donner les moyens de prévenir, ce qui n’est pas toujours très évident.

S. : Au regard du non-lieu prononcé en faveur de Marcel Kafando dans l’affaire Norbert Zongo, si vous étiez le juge, auriez-vous décidé de la même façon ?

D.B. : Mais déjà, en tant que ministre de la Sécurité, j’ai du souci ! (rires). Ne me mettez donc pas à la place du juge ! Chacun fait son travail.

Ceci dit, pour un dossier aussi sensible, je crois que le juge ne peut prendre une décision qui ne soit pas bien fondée. Si techniquement il n’arrive pas à établir la preuve que M. Kafando Marcel est bien l’auteur des faits qui lui sont reprochés, il est bien obligé de le disculper. N’importe quel autre juge, avec les mêmes éléments du dossier aurait logiquement rendu la même décision.

L’appréciation des faits au plan judiciaire est une démarche rigoureuse qui doit être débarrassée de toute idée préconçue. En tout état de cause, un non lieu ne signifie pas que le dossier est classé.

S. : Pensez-vous que la justice peut toujours trouver des pistes sérieuses pour la réouverture du dossier ?

D.B. : Tout à fait Si des éléments nouveaux viennent à être trouvés et prouvés, évidemment que toute la procédure reprend, surtout que l’affaire n’est pas prescrite.

S. : Pensez-vous que vos services de police et de gendarmerie sont efficaces ? Comment expliquez-vous que huit ans après un crime ils n’aient réussi à réunir aucun indice ?

D.B. : Le problème n’est pas là ! Il y a bien d’autres crimes que j’aimerais qu’on élucide franchement et qu’on arrête leurs auteurs. La dame Meyer qui a été sauvagement tuée, le docteur Koba de Banfora, il y a aussi un Italien qui a été mortellement mitraillé sur la route de Pama, le sieur Paré (NDLR : ex-DG de l’AEP en 2003) assassiné dans son bureau...

Ceci dit, les services techniques essaient d’être le plus performant possible avec les moyens qu’ils ont. Ce n’est pas parce que dans un pays, le système judiciaire ou policier n’a pas réussi à trouver l’auteur d’un crime que l’on conclut tout de suite à son inefficacité. Dans le cas du dossier Norbert Zongo, n’imputez pas l’absence de preuves tangibles à la police ou à l’institution judiciaire seulement. Il y a bien eu une Commission d’enquête indépendante internationale qui a été mise en place, qui a eu carte blanche pour travailler, qui a fait recours à des expertises internationales.

S. : Monsieur le ministre, il y avait quand même des hommes de droit qui savaient ce qu’ils faisaient ?

D.B. : Où.

S. : Dans la Commission d’enquête ?

D.B. : Vous avez eu le rapport de la commission. Il a conclu que des personnes étaient des suspects sérieux sans établir une preuve irréfutable de leur culpabilité, laissant le soin au juge de prendre le relais.

S. : Monsieur le ministre, à votre niveau vous avez fait des enquêtes sur cette affaire. Vous dites que vos services sont efficaces. Serions-nous amenés à croire que vous détenez un certain nombre d’information qui, livrées à la justice pourraient donner un déclic pour un dénouement ?

D.B. : Les informations que les organes de police judiciaire ont rassemblées par rapport à la constatation de ce crime ont toutes été mises à la disposition d’une part de la CEI et d’autre part au juge d’instruction. Nous n’en avons pas d’autres qui soient valables sur le plan judiciaire. Nous faisons le même travail que vous autres journalistes quelques fois. Vous écoutez ici, vous essayez de faire des recoupements pour votre gouverne. Vous pouvez vous tromper lourdement. En tout état de cause, ce ne sont pas des informations qui peuvent être intéressantes sur un plan strictement judiciaire.

S. : Vous avez été l’un des principaux acteurs lors de la tenue du dialogue inter-Togolais à Ouagadougou. Que pouvez-vous nous dire sur ces pourparlers ?

D.B. : On peut déjà se réjouir que la classe politique togolaise à l’unanimité ait choisi le président du Faso comme facilitateur. Je crois que c’est une marque de confiance et d’estime. Lorsque le président Compaoré qui n’était pas à son premier exercice s’est attelé à trouver une solution de compromis, j’ai eu l’honneur et le plaisir de l’assister parce que depuis les années 1994 le président du Faso m’avait désigné comme membre du Comité international de suivi des accords de Ouagadougou. C’est pour cela d’ailleurs que j’ai une certaine connaissance des acteurs de la vie politique au Togo.

Nous sommes maintenant dans la phase de mise en ouvre de cet accord et le premier acte à poser, c’est la formation du gouvernement d’Union nationale par rapport auquel nous souhaitons qu’il soit vraiment le fruit d’un consensus, puisque c’est ce gouvernement qui sera la cheville ouvrière de la mise en ouvre de tout le processus de réconciliation et de démocratisation. Ensuite il sera mis en place un mécanisme de suivi présidé par le facilitateur pour accompagner l’organisation et le déroulement des prochaines élections législatives.

S. : L’UFC qui avait été l’un des partis retissants à la signature de l’accord, refuse à nouveau de participer au gouvernement d’Agboyibo. Votre sentiment ?

D.B. : Non. Les choses sont en train d’évoluer. Il n’y a pas de problème. Comme nous sommes dans le vif du sujet, ce serait vraiment délicat d’en parler. Je pense que d’ici quelques jours on pourra assister à la mise en place d’un gouvernement vraiment d’Union nationale avec toutes les composantes qui ont pris part au dialogue.

S. : Toujours selon certaines indiscrétions, il semblerait que le Burkina Faso avait un penchant pour un Premier ministre issu du camp de Gilchrist Olympio ?

D.B. : La nomination d’un Premier ministre est de la prérogative exclusive du président de la République togolaise. Il est vrai que le président du Faso avait souhaité compte tenu de sa connaissance de la classe politique togolaise et de la réalité politique togolaise que le Premier ministre vienne du parti le plus important de l’opposition. Ce n’était qu’un souhait.

A ce stade, je ne crois pas qu’on puisse parler de promesses, d’engagements. Maître Agboyibo a été nommé. C’est également une bonne chose. Il faut savoir aussi qu’il est une personnalité emblématique de l’opposition togolaise. En tant que facilitateur, le président fera en sorte que toute l’opposition soutienne finalement cette nomination et que l’UFC soit présente dans ce gouvernement d’Union nationale pour continuer la mise en ouvre du processus.

S. : Comment appréciez-vous la succession de Faure à son père défunt comme dans une monarchie ?

D.B. : Il a été élu démocratiquement. Ce n’est pas parce que vous êtes le fils d’un ancien président que vous devez être exclu à jamais de la possibilité d’être président.
Voici les Bush. Bush fils a succédé à Bush père.

S. : Ce n’est pas le même contexte ?

D.B. : Le résultat est le même !

S. : Il s’était auto proclamé président après le décès de son père ?

D.B. : À partir du moment où il y a eu des élections avec une victoire du président Faure, c’est un débat classé. Surtout qu’après immédiatement les élections, toute la classe politique togolaise s’est retrouvée à Abuja en présence de tous les chefs d’Etat de la Communauté sous-régionale. Le président Faure a pris l’engagement de continuer et d’aller dans le sens des vingt-deux (22) engagements que son défunt père avait souscrits auprès de l’Union européenne. A présent, tout va pour le mieux.

S. : On a vu tout récemment, les membres du gouvernement se remettre au sport de masse, à quoi cela répond-il ?

D.B. : L’exercice physique est une excellente chose surtout pour ceux qui à longueur d’année sont entre les réunions, le travail de bureau et les voyages. Il s’agit aussi d’un agréable moment de détente pour l’équipe gouvernementale. Vous devriez en faire de même et je me propose avec l’accord du Directeur Général d’animer une séance de sport avec tout le personnel de Sidwaya.

S. : Et pourtant on avait condamné cette pratique du sport de masse après la révolution ?

D.B. : Qui avait condamné ? En tout cas, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Personnellement je faisais beaucoup de sport en dehors des heures de sport de masse !

S. : Vous continuez de le faire ?

D.B. : Non, je ne peux plus le faire à ce rythme. Mais je continue à faire un sport adapté à mon âge. Il ne faut pas non plus s’esquinter en voulant obtenir certaines performances.

S. : Nous souhaiterions inviter l’équipe du gouvernement pour un match de football ?

D.B. : On va choisir nos joueurs et du reste, moi je serai votre entraîneur. Je viendrai faire la sélection. Les jeunes seront sur le banc de touche.

S. : Selon certains "cercles politiques" Blaise Compaoré aurait mieux fait de s’occuper de sa "cuisine intérieure" que des problèmes des autres ?

D.B. : Je ne partage pas du tout cette vision des choses. Dans un contexte d’intégration, s’occuper des autres, c’est s’occuper de soi-même en quelque sorte. Il est évident que le président du Faso de part son ancienneté, sa connaissance des problèmes des autres pays, surtout les pays voisins et aussi de par l’exemple que lui-même donne en matière d’ouverture et de gouvernance, il se trouve être sollicité à chaque fois pour s’impliquer, donner son avis sur un certain nombre de crises qui affectent les autres pays Il le fait aussi dans le souci de créer un environnement de paix parce que le Burkina Faso ne peut pas être un îlot de stabilité dans un environnement perturbé par des crises. Comme on partage les repas, il faut bien regarder la cuisine des autres !

S. : Et sa propre cuisine ?

D.B. : Sa propre cuisine est déjà bien faite. Il ne reste plus qu’à travailler sans relâche pour augmenter la quantité du repas.

S. : Depuis septembre 2002, la Côte d’Ivoire est en crise, à qui profite la partition qu’on constate aujourd’hui ?

D.B. : La partition ne profite à personne. C’est plutôt une situation de crise qui est dommageable pour la Côte d’Ivoire même, le Burkina, la sous-région. L’intérêt du Burkina c’est d’avoir une Côte d’Ivoire voisine stable et prospère au plan économique. Nous y avons des intérêts, nous y avons une très forte communauté qui travaille et qui tire suffisamment de ressources de leurs activités en Côte d’Ivoire.

S. : Quels sont ceux qui bloquent la résolution de la cries ?

D.B. : Je n’en sais pas plus que vous. Ce qu’on peut noter, c’est que les structures chargées d’organiser les élections avaient trouvé la formule qui devrait permettre une bonne opération d’identification et d’établissement du fichier électoral pour permettre à tous les Ivoiriens de voter. Malheureusement il y a eu quelques incompréhensions sur le rôle des juges des audiences foraines. Je me dis qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les acteurs vont trouver les solutions qu’il faut pour que cette question très sensible, très importante de l’identification puisse être réglée dans de meilleures conditions.

S. : La situation vient de se compliquer encore avec le problème des déchets toxiques ?

D.B. : Je pense que pour les déchets toxiques, il y a des responsabilités suffisamment graves à certains niveaux internes et externes

Des mesures d’ordre administratif et judiciaire sont en cours pour limiter les dégâts, protéger la population, sanctionner les responsables et réparer les préjudices subis. Dieu merci, selon les experts la nappe phréatique et les aliments n’ont pas été affectés. Il n’est pas souhaitable qu’un problème de ce genre vienne compliquer le tableau de la crise ivoirienne qui n’est déjà pas simple !

D’une manière générale, pour ce genre de contrats, les pouvoirs publics doivent être plus regardants et plus prudents.

S. : On ne l’accepterait pas au Burkina même contre une forte somme d’argent ?

D.B. : Ah non. Ca serait suicidaire. Et puis ce genre de problème doublé de conséquences humanitaires graves, peuvent être fatales à un régime. Prendre des risques aussi graves pour de l’argent !!!

S. : Que pensez-vous de la loi Sarkozy sur l’immigration choisie ?

D.B. : La loi Sarkozy est une loi française. Nous sommes un pays ouvert et une terre d’hospitalité. Nous ne vivons pas les mêmes réalités. J’avoue que les pays développés connaissent des problèmes liés à l’immigration clandestine qui amène les autorités politiques à prendre des mesures. Elles sont compréhensibles. Mais je crois qu’entre les pays du Nord et ceux du Sud, il faut instaurer un dialogue et un partenariat afin de réduire les écarts entre les deux pôles extrêmes de la richesse et de la misère. C’est à ce prix que l’on pourra régler de manière durable le problème de l’immigration clandestine

S. : Comment voyez-vous les prochaines élections françaises ?

D.B. : Au regard de l’actualité, je pense que les élections seront très ouvertes. Personne ne peut dire aujourd’hui qui sera le prochain président de la République française. Attendons de voir puisque vous et moi, nous ne voterons pas !...

S. : Malgré les dispositions prises par votre ministère pour lutter contre le grand banditisme, le fléau sévit toujours et les délinquants continuent de narguer les forces de l’ordre. Avez-vous échoué dans cette mission ?

D.B. : Vous êtes extraordinaire ! Je vais peut-être vous décourager mais je pense qu’il ne faut plus s’attendre un jour à une éradication totale de l’insécurité. Ce que nous devons réussir, c’est de prendre un certain nombre de précautions pour qu’il y ait le moins possible de gens qui soient attirés par le banditisme et que les populations aient le sentiment d’être de mieux en mieux protégées. C’est l’objectif du Gouvernement.

Le développement des activités socio-économiques, l’amélioration des infrastructures routières en particulier l’accroissement démographique expliquent la persistance du phénomène du banditisme qui est inhérent à notre société. Il est aggravé par l’ouverture des frontières et les trafics d’armes et de munitions mais aussi de drogue.

Les dispositions prises par le ministère de la sécurité sont de deux ordres :

Primo : marquer une présence dissuasive en particulier sur les axes routiers et traquer les réseaux de bandits armés.

Secundo : rapprocher les Forces de Sécurité Publique des usagers et des populations pour privilégier la prévention du crime à travers la police de proximité.

La tâche est gigantesque. Par exemple, sur les 350 départements que compte le Burkina Faso, plus de 160 ne disposent d’aucune structure de sécurité. Il faut environ 18 milliards de francs pour réaliser les infrastructures et l’équipement et un effectif supplémentaire d’au minimum 5760 agents. Vous voyez bien qu’on ne peut q’inscrire nos efforts dans le temps sinon c’est le panier de la ménagère qui en souffrira. Pour caricaturer, je dirai qu’en même temps qu’on se protège contre les agressions de bandits, il faut se nourrir, s’instruire, se soigner, se déplacer, etc..

S. : Certains délinquants sont appréhendés et relâchés aussitôt ?

D.B. : Que voulez-vous qu’on leur fasse ?

S. : Peut-être les conduire dans les lieux de réinsertion ?

D.B. : La réinsertion est indiquée pour les jeunes délinquants des villes qui pour des désordres d’ordre psychologique, socio familial ou autres s’adonnent à la délinquance. Pour les coupeurs de routes et autres braqueurs qui font du banditisme un gagne pain, il nous faut nous donner les moyens d’être extrêmement rigoureux.

S. : Les patrouilles mobiles telles qu’elles sont organisées présentement, sont-elles efficaces ?

D.B. : Les Forces de Sécurité Publique (Police-Gendarmerie) effectuent 50 sorties par jour qui mobilisent 630 hommes ; ce qui coûte à l’Etat environ 108 millions par mois. Les tronçons à surveiller sont encore trop longs. Il faut pratiquement doubler les moyens roulants et humains et prendre en compte certaines routes secondaires non bitumées pour accroître sensiblement l’efficacité des patrouilles. Même s’il y a des attaques à main armée qui persistent çà et là, globalement la présence des forces de sécurité sur les axes routiers a permis de réduire le phénomène du grand banditisme.

S. : Vous avez effectué votre tournée en hélicoptère, avez-vous peur des attaques sur les routes ?

D.B. : Quand vous volez en hélicoptère vous voyez mieux les coupeurs de routes. Bien sûr que je n’aimerais pas rencontrer des coupeurs de routes mais ce n’est pas pour cela que j’effectue mes déplacements en hélico. C’est juste par un souci d’économie de temps et de moyens. Ceci dit, mes déplacements par la route sont assez sécurisés. Ce sont les avantages du métier !

S. : Quel bilan faites-vous de la mise en place de la police de proximité ?

D.B. : D’abord, ça sera prématuré de parler du bilan de la police de proximité, parce qu’elle est en train d’être mise en ouvre maintenant. Nous n’avons même pas encore couvert tout le territoire national parce que la police de proximité nécessite des effectifs et exigent que toutes les structures de sécurité aient des moyens de déplacements et que les populations soient organisées dans chaque village et secteur en comité ou conseil local de sécurité. Nous avons fait une mise en ouvre-pilote dans le Kourittenga et ça fonctionne très bien. Nous l’avons étendue à la région de l’Est, du Centre-Sud et du Centre-Est. D’ici la fin de l’année nous comptons l’étendre au Sud-Ouest et petit à petit, nous couvrirons tout le territoire national.

Ne vous attendez pas à ce que je vous dise qu’il n’y a plus de bandits depuis l’avènement de la police de proximité. Il ne s’agit pas d’un remède-miracle. En réalité, cette police de proximité est un moyen pour que les forces de sécurité publique soient plus en contact avec les populations jusque dans les profondeurs du Burkina Faso.. Il s’agit d’une cogestion de la sécurité qui, de notre point de vue aura un double effet, non seulement de rassurer les populations mais aussi de prévenir le crime.

Car dans une telle dynamique de sécurité où les populations et les forces de sécurité sont en contact les unes avec les autres, le germe de l’insécurité ne peut plus pousser, du fait que les gens en parlent et se connaissent tous. En terme donc de bilan, nous poursuivons la mise en ouvre, l’acquisition des moyens logistiques pour les forces de sécurité et la réalisation d’actions plus structurelles qui sont la construction de brigades de gendarmerie, de commissariats de police et le recrutement du personnel (1200 au total par an).

S. : Avez-vous un regard sur la cyber- criminalité dans notre pays ?

D.B. : Oui, nous en parlons souvent, surtout lors des rencontres internationales. La cyber-criminalité est de plus en plus à l’ordre du jour. Par rapport à cela, il y a deux problèmes à régler. D’abord, le problème de la formation technique des agents pour la poursuite des infractions. Ensuite, l’adaptation de nos textes répressifs à ce nouveau phénomène. Des pays nous ont déjà devancé sur ce terrain. Il faut, d’une manière générale protéger les populations contre l’exploitation criminelle des nouvelles technologies.

S. : Que retenez-vous de l’affaire de l’escroc nigérian-ivoirien qui a été arrêté à Ouagadougou ?

D.B. : Je félicité les services de la gendarmerie, qui, après avoir été saisis par le canal diplomatique et celui du ministère de la Sécurité ont pu mettre la main sur cet individu. C’est le même individu qui avait fait le même coup dans plusieurs ambassades. Nous nous réjouissons de ce que ses allégations étaient dénudées de tout fondement. C’était seulement une action d’escroquerie. Donc, derrière cela, il n’y a aucune menace ou agression comme nous avions pu l’imaginer. Il sera poursuivi. C’est un escroc qui, à travers ses activités jette la torpeur dans l’esprit des gens. Il a été neutralisé et sera présenté au parquet.

S. : Etes-vous favorable à l’intégration des femmes à la gendarmerie ?

D.B. : Oui, tout à fait. Il y a même des dispositions qui ont été prises. En fait, avec la mise en ouvre de la police de proximité, nous avons souhaité que la touche féminine puisse intervenir à ce stade. Parce que le contact rassurant entre les forces de l’ordre et la population peut être atteint par les femmes qui ont, sur ce plan quoi qu’on dise, un savoir-faire irremplaçable. Je ne dis pas que les hommes ne savent pas le faire mais c’est sûr que, de ce point de vue, les femmes sont plus utiles. Je ne suis pas contre le recrutement des femmes.

Je ne veux pas que ce soit un phénomène de mode. Je suis pragmatique. Et comme le recrutement du personnel féminin nécessite des dispositions préalables sur le plan de la logistique et des infrastructures, il faut bien aménager les centres de formation et faire en sorte que les femmes soient convenablement traitées. Il faut aussi prendre en compte la gestion de leur carrière pour que l’intégration du personnel féminin ne soit un handicap pour l’organisation du service.

S. : Ces derniers temps, des corps habillés, notamment des gendarmes, ont tué leurs épouses. Qu’est-ce qui ne va pas au sein de ces hommes de tenue ?

D.B. : Ce n’est pas un problème qui est lié à leur statut. Là ou il y a eu des crimes malheureux de ce genre, je vois ce à quoi vous faites allusion, nous considérons cela comme des actes qui peuvent arriver à tout le monde. Je ne crois que ces crimes soient le fait de l’appartenance de l’auteur à telle ou telle institution.

S. : Ce phénomène ne serait-il pas fréquent dans le milieu des hommes de tenue ?

D.B. : Vous n’allez pas diaboliser les militaires et les paras militaires (rires). Ce qui serait intéressant, c’est de demander une étude des statistiques criminelles. Ce n’est pas un phénomène qui caractérise plus tel ou tel corps de la société. Il est général. Vous avez des hommes féroces, extrêmement jaloux qui ne sont pas des militaires. C’est simplement dû au fait qu’un acte criminel commis par un militaire ou un corps habillé est plus visible et s’ébruite très facilement, surtout que le plus souvent le crime est commis avec son arme de service.

S. : Pourtant le ministère de la Sécurité s’est inquiétée de la qualité de ses agents parce qu’ayant de plus en plus de subversifs dans ses rangs. Quel commentaire faites-vous ?

D.B. : Globalement, il est vrai qu’il faut être regardant sur le recrutement des agents. Mais la contrainte à laquelle nous devons faire face est celle du besoin d’accroître les effectifs assez rapidement. Nous sommes à 700 policiers et 500 gendarmes par an. Nous voulons recruter rapidement beaucoup de jeunes. Et quand vous regardez le processus de recrutement, vous vous rendez compte que les services peuvent tout juste se débarrasser de ceux qui ont fait la prison, de ceux qui se droguent ou qui ont un comportement antisocial notoirement connu. Il y a certainement un effort à faire, même si nous prenons des effectifs de plus en plus important. Il faut arriver à faire en sorte que ne soit admis au sein du personnel de la sécurité que celui dont on est sûr qu’il pourra être et rester de bonne moralité. Il y a peut-être aussi un problème d’organisation du service et de contrôle. Il faut toujours contrôler le service.

Ce sont ces défaillances constatées qui nous ont amené à suspendre le contrôle systématique que les forces de l’ordre effectuaient sur les axes interurbains par exemple. Le phénomène de la petite corruption commençait à prendre de l’ampleur et surtout, il accentuait l’insécurité routière puisque les agents en service de police de la route fermaient les yeux sur trop d’infractions qui constituent de réels dangers contre la sécurité de l’ensemble des usagers.

C’est pour dire que l’absence d’un contrôle rigoureux de la part des chefs, des supérieurs hiérarchiques peut laisser libre cours à toutes sortes de dérives et de mauvaise manière de servir des subordonnés.

S. : Il y a certaines descentes des forces de l’ordre qui ne sont pas en service dans les quartiers pour règlement de comptes ?

D.B. : Il y a eu quelques cas qu’on nous a signalés. Mais à chaque fois, le commandement sévit. Il y a eu des cas où les auteurs ont été traduits en justice. Quand il s’agit des forces de sécurité et de défense entre elles, il y a toutes les sanctions disciplinaires qui sont prises. L’essentiel est que les populations ne soient pas fréquemment victimes de ce genre de descentes punitives. Ce serait vraiment l’insécurité. Une insécurité révoltante du fait qu’elle vient de ceux qui sont censés procurer un espace de tranquillité aux citoyens.

A ce niveau, nous prenons des dispositions pour que d’abord cela ne se répète pas souvent mais quand cela arrive, que les auteurs soient convenablement sanctionnés.

S. : A Bobo-Dioulasso, le maire à suspendu les activités de la police municipale pour cause d’affairisme. Est-ce à dire que la morale agonise à la police ?

D.B. : Pourquoi vous dites ça ? (Rires). Peut-être qu’il a pris des mesures conservatoires. C’est la même chose d’ailleurs au niveau national où nous avons suspendu le contrôle systématique que les policiers et les gendarmes faisaient sur les axes interurbains. Nous nous donnons le temps de nous réorganiser pour mieux exécuter le service. Dans le cas de Bobo-Dioulasso, si le maire a pris ces mesures conservatoires, c’est peut-être pour mieux réorganiser le service et faire en sorte que le contrôle soit efficace et moins tracassier.

S. : Que font les forces de sécurité pour faire face à la consommation grandissante de la drogue ?

D.B. : C’est tout un programme ! Malheureusement la répression seule ne suffira pas parce que le phénomène de la drogue est soutenu par deux facteurs essentiels. Le premier est d’ordre pécuniaire. Les intérêts financiers énormes que le trafic de drogue génère et procure à ceux qui sont dans les différents réseaux intensifient le phénomène.

Le deuxième facteur est d’ordre beaucoup plus sociologique et physiologique en ce sens que dès le début de sa consommation, le drogué est vite pris dans les tenailles de la dépendance. Une dépendance qui fait que la victime n’est plus elle-même lorsqu’elle n’a pas sa dose de drogue. Ce qui l’amène à tout faire pour s’en a procuré quitte à voler, braquer, etc. Evidemment, un tel phénomène devient extrêmement difficile à combattre et je ne suis pas sûr que la seule répression puisse permettre d’arriver à bout. D’autant plus que cette répression ne s’applique qu’aux petits dealers. Les gros trafiquants sont généralement très bien organisés et échappent presque toujours aux investigations.

S. : En 2005, des élèves policiers ont été licenciés suite à un mouvement de protestation. Le chef de l’Etat avait demandé leur réintégration. Ce qui a été fait. Peut-on considérer cette mesure comme un désaveu ?

D.B. : Je suis personnellement très satisfait de la manière dont ce désordre momentané a été géré. Je suis persuadé que la promotion de ces 500 policiers fera dans l’ensemble une bonne carrière. L’ordre et la discipline doivent toujours prévaloir au sein des Forces qui incarnent la rigueur de la loi et la charpente de l’Etat.

S. : Vous avez demandé qu’ils aillent à Bobo-Dioulasso ?

D.B. : Ils sont allés.

S. : Ce n’était pas une sanction ?

D.B. : Non. Tout cela était prévu. Dans le cadre de la formation, l’objectif étant d’amener les forces de défense et de sécurité à fraterniser, il était prévu une formation militaire commune de base.

S. : Il y a eu le remaniement ministériel. D’aucuns pensaient qu’il allait vous emporter. Que s’est-il passé pour que vous vous retrouviez toujours à votre place ?

D.B. : Il n’y a que le Président du Faso et le Premier Ministre qui peuvent répondre à cette question. Moi, je suis aux ordres.

S. : Des allégations font état que Djibrill Bassolé est l’incarnation du pandore pur, du gendarme dur, conservateur des valeurs de ce corps d’armée. Comment vous réagissez ?

D.B. : C’est un compliment que vous me faites ? J’ai ma formation d’officier de gendarmerie qui a l’avantage de me donner une certaine aisance dans la gestion d’un certain nombre de questions qui ont trait à la sécurité et à la gestion des crises. L’impérieuse nécessité de sauvegarder les bases d’un Etat solide capable de promouvoir un environnement de paix sociale, de sécurité publique et de libertés façonnent le comportement de tout responsable de sécurité. Il faut de la rigueur pour concilier ces impératifs. En tant que ministre de la sécurité, je me dois d’incarner cette rigueur. Dès lors qu’il s’agit des questions d’Etat, je ne peux pas faire preuve de désinvolture ou chercher à plaire.

C’est comme l’architecte ou le maçon qui construit une maison. Il observe et fait observer la plus grande rigueur dans les travaux de construction pour que la maison soit sure et agréable à habiter.

S. : Il y en a pour qui vous êtes très versé dans l’art diplomatique avec des missions qu’on vous a confiées au Togo, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire. Peut-on dire que vous avez des prédispositions pour la diplomatie ou êtes-vous l’homme des réseaux ?

D.B. : Disons que j’exécute au mieux les missions qui me sont confiées. Il n’y a pas de recette miracle dans la résolution des crises et aucune crise ne ressemble à l’autre.

Je dirais simplement que pour réussir à renouer le fil du dialogue entre des belligérants ou des protagonistes, il faut faire preuve de patience, de perspicacité et d’humilité. Il faut surtout s’abstenir d’aborder une médiation en donneur de leçon quelque soit le niveau de ses interlocuteurs. Chacune des parties au conflit doit vous faire confiance.

Je me réjouis des quelques succès que nous avons pu enregistrer car en fin de compte, au-delà de la satisfaction personnelle que l’on peut avoir, c’est la paix et la stabilité de notre pays qui en sont renforcées.

S. : Vous avez constitué un tandem avec Me Hermann Yaméogo en 1993 et 1994. Puis la rupture est venue en 2004-2005. Qu’est-ce qui vous sépare de Me Yaméogo ?

D.B. : Avant même le Togo en 1993-1994, on s’entendait bien. Et au Togo, lorsque nous avons été désignés par le président du Faso, Hermann Yaméogo, Ismaël Diallo et moi-même, avons travaillé en bonne intelligence. J’étais, à bien des égards, son complice. Il n’y a pas mal de stratégies que nous avons menées localement pour une issue heureuse de notre mission. Le Togo nous a vraiment rapprochés.

C’est la raison pour laquelle lorsque nous étions en conflit, cela prenait des allures de guerre fratricide.

Nous n’allons pas revenir sur ce qui a pu nous opposer mais dans mon rôle de responsable de la sécurité du Burkina Faso, je ne pouvais pas être complaisant envers certains comportements jugés dangereux. J’ai fait ce qu’il fallait faire. Je préfère garder de Hermann les bons souvenirs de notre mission réussie à Lomé et qui nous a valu les félicitations de nos chefs et de nos partenaires de l’époque.

S. : Beaucoup de Burkinabè vous ont découvert quand vous avez commencé à occuper de hauts postes de responsabilité. Pouvez-vous nous dire qui êtes-vous et d’où venez-vous ?

D.B. : Je suis d’une famille modeste comme la plupart des Burkinabè. Mon père était un brave infirmier qui a été affecté dans les années 1956 dans la région de Nouna où il a épousé ma mère qui y est originaire. Je suis né en 1957. Depuis, j’ai grandi avec 19 frères et soeurs. J’ai fait mon école primaire et le collège à Nouna. C’est la raison pour laquelle, je suis attaché à cette ville qui est ma ville natale. En plus, ma mère vient de là. Mon père a pris sa retraite en 1970. Il a rejoint Koudougou, proche de Réo chez nous. C’est ainsi que j’ai commencé à rejoindre mon village paternel. Dès la 2nde, j’ai été admis au Prytannée militaire du Kadiogo (PMK), débutant du même coup ma carrière militaire. J’ai eu mon baccalauréat en 1978, une première année d’étude en droit à l’Université de Ouagadougou, puis trois ans au Maroc où j’ai pu poursuivre mes études en droit jusqu’à la licence, en même temps que je sortais officier. J’ai fait mon application de gendarmerie à Abidjan en Côte d’Ivoire.

De retour au Burkina, j’ai pu faire ma maîtrise en droit. Quelques années après, je suis allé faire l’école supérieure de gendarmerie à Paris en France. J’ai occupé pratiquement tous les postes de responsabilité au niveau de la gendarmerie jusqu’à celui de chef d’Etat-major et en 1999, j’ai été nommé ministre délégué puis ministre l’année d’après.

S. : Que pensez-vous de la presse burkinabé ?

D.B. : La presse burkinabé est très dynamique. Ce n’est pas parce que je suis avec vous que je le dis. Il est vrai qu’il y a des moments où certains journalistes manquent de professionnalisme.

Mais globalement il y a matière à satisfaction. Nous avons une presse qui utilise judicieusement sa liberté de ton pour devenir une véritable sentinelle de l’opinion nationale et internationale. C’est une presse qui peut aider à faire de la sensibilisation, de la promotion. Il suffit pour cela d’instaurer le partenariat et de bien se faire comprendre. Je pense avoir de bonnes relations avec la presse même si quelques fois je me fais égratigner. Je me dois malgré tout de protéger la liberté d’expression qui est un facteur essentiel de sécurité contrairement à ce qu’on peut imaginer. Il faut simplement faire observer par tous les journalistes une ligne de conduite déontologique qui vous garantisse la crédibilité et le respect à votre profession.

S. : Où était le ministre Bassolé lors des vacances gouvernementales ?

D.B. : Moi, j’étais à Ouagadougou. Je demanderai au Premier Ministre quelques jours de repos lorsque nos enfants auront repris le chemin de l’école dans de bonnes conditions.

S. : Si vous n’êtes pas sur les dossiers, que faites-vous généralement ?

D.B. : Il y a beaucoup d’activités sociales et ce sont les seules occasions de rencontrer des parents et amis qu’on n’a pas souvent l’occasion de voir.

J’essaie d’avoir des moments de détente avec ma famille et de faire quelques exercices physiques pour me maintenir.

Mes enfants me reprochent souvent d’être d’une compagnie désagréable parce que je suis toujours occupé et préoccupé par autre chose. C’est presque devenu une seconde nature. C’est vrai que dans le domaine de la sécurité, de la gestion des crises, on n’a jamais vraiment de temps libre. Il vous arrive de souffrir en silence sans jamais pouvoir partager l’objet de vos angoisses avec votre épouse qui pourrait s’affoler inutilement ? Bref ! Je réussis tout de même à réaliser l’équilibre et l’harmonie dans ma vie .

Sidwaya

Vos commentaires

  • Le 29 septembre 2006 à 09:22, par A. Kabore En réponse à : > Yipène Djibrill Bassolé : "Je ne cherche pas à plaire quand il s’agit des questions d’Etat"

    Tout d’abord felicitations aux Journalistes qui ont interviewe Mr Bassole. J’ai eu plaisir a lire l’article.Mr Bassole, comme d’habitude, fait montre d’une maitrise quasi-parfaite de lui meme, ainsi de la forme et du fond de ses propos,...mesures, juste de l’humour ou il faut..mais surtout rassurer, controler....du grand art.

    Je suis d’ailleurs convaincu, que tel l’iceberg, l’ action discrete et efficace, sans publicite du Ministre de la securite, est davantage plus importante que celle connue du grand public.

    C’est surement un homme de reseaux, et egalement un homme pointilleux, rigoureux et digne de confiance.Normal que le Chef de l’Etat lui renouvelle toute sa confiance

    ps : desole pour les accents.

    Répondre à ce message

    • Le 29 septembre 2006 à 13:37, par boubino En réponse à : > Yipène Djibrill Bassolé : "Je ne cherche pas à plaire quand il s’agit des questions d’Etat"

      un chapeau à monsieur le minnitre qui sait repondre à la presse. mais la peur qu’il nous transmet quant il nous dit que le BUKINA ne peut plus connaitre sa tranquilité du passé est une situation très inquiétante. il nous parle de manque de moyen pour assurer la securité des personnes et des biens .il faut se donner les moyens de trouver ces ressources.
      adopter une politique commune de securité avec ses voisin
      demander de l’argent au contribuable
      sinon bonjour le far west où e chacun doit penser à sa propre sécurité

      Répondre à ce message

  • Le 30 septembre 2006 à 00:13, par nebie En réponse à : > Yipène Djibrill Bassolé : "Je ne cherche pas à plaire quand il s’agit des questions d’Etat"

    je suis fier de mon ministre de sécurité .même si ça va déplaire, il y a plus en de voitures à ouaga donc des chocs entre voiture et mobylettes messieurs, attendez pas encore les européens pour nous dire que le casque protège avant de le porter. Courage Bassolet

    Répondre à ce message

  • Le 2 octobre 2006 à 17:07 En réponse à : > Yipène Djibrill Bassolé : "Je ne cherche pas à plaire quand il s’agit des questions d’Etat"

    Monsieur mon Ministre,

    • Avez vous déjà fais un seul jour sans manger ?
    • Etes vous dejà tomber malade sans avoir des soins ?
    • Votre enfant a t-il dejà été renvoyer de l’ecole pour non paiement de frais de scolarite (qui s’elevent souvent à 2000 frs CFA dans certaines ecoles) ?

    Allez y comprendre donc que le casque n’est pas à l’ordre du jour ! Nous, peuple burkinabé, nous mourrons plus par d’autres choses.
    Merci de reviser votre stategie de securité.

    Répondre à ce message

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