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Affaire Norbert Zongo : Zéro coupable

Publié le samedi 5 août 2006 à 08h16min

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Le non-lieu délivré dans le cadre de l’instruction du dossier Norbert Zongo, continue de faire couler beaucoup d’encre. Nous publions ici celle d’un mouvement de défense des droits humains.

Aimer (ou faire semblant d’aimer) et défendre le Pouvoir actuel auprès de l’opinion publique semble être l’épreuve la plus rude qui existe actuellement au Burkina Faso et vous impose de porter les habits du clown du roi. Malheureusement, il y en a bien qui réussissent le jeu ou du moins, qui y sont contraints. Ainsi, dans l’affaire dite Norbert Zongo, Abdoulaye Barry, Procureur général et Adama Sagnon, Procureur du Faso ont tenté comme ils peuvent et ont encore ébahi les Burkinabè et même l’opinion internationale, lors de leur conférence de presse du 19 juillet 2006.

Ce non-lieu prononcé dans l’affaire politico-judiciaire dont il s’agit, met donc fin à l’instruction du juge Wenceslas Ilboudo qui doit pourtant justifier les investissements de l’Etat pendant sept (7) ans d’instruction vaine qui, apparemment, n’ont concerné que Marcel Kafando et Racine Yaméogo, puisqu’il a suffit que ce dernier (Racine Yaméogo) se rétracte pour que le dossier soit classé. Incompétence de la Justice ? Fuite de responsabilité ? Refus de dire le droit ou simplement règlement de compte à l’autorité de la Commission d’enquête indépendante (CEI) voulue et imposée par le peuple à l’époque des faits ?

En tout cas, l’attitude actuelle de Racine Yaméogo qui avait sérieusement et scientifiquement chargé son compagnon d’arme Marcel Kafando n’est pas notre préoccupation majeure (puisqu’il ne pouvait en être autrement avec le temps écoulé) mais l’obstination et le refus de ceux qui nous gouvernent de faire la lumière sur une affaire qui a pourtant bafoué l’honneur et la dignité de tout un peuple, qui demande que justice soit faite.

Messieurs les gens du Pouvoir, Norbert Zongo a-t-il été assassiné avec ses trois (03) compagnons oui ou non ? A l’évidence, Commission d’enquête indépendante ou pas, il est du devoir et de l’obligation morale et professionnelle de l’autorité judiciaire de chercher et punir les coupables. N’allez surtout pas nous décourager en nous apprenant que notre Police ou la Gendarmerie nationales ne sont pas en mesure de mener une enquête avec les pistes qu’il y a (témoignages, informations concordantes recueillies, type de fusils utilisés, etc.). Parce que, même le moindre petit délinquant d’ailleurs qui casse la boutique du quartier ou qui vole le mouton du berger est toujours rattrapé par nos vaillantes Forces de sécurité. Nous savons de quoi elles sont capables, si on les y autorise franchement à enquêter, tout en leur garantissant leur sécurité.

Mais à qui profite le non-lieu dans l’affaire Norbert Zongo ? A tout l’entourage du Président du Faso Blaise Compaoré, sauf à lui-même. Car, au rythme où se déroulent les choses, Blaise Compaoré continue de perdre son crédit, même auprès de certains de ses inconditionnels, parce qu’à la limite et malheureusement, toutes ces manipulations sentent le ridicule et la foutaise.

Mais plutôt que de jouer les prolongations, n’est-il pas mieux et judicieux de jouer dans la transparence, quitte à toujours gracier ses protégés comme la Loi l’y autorise ? Il est impératif que nos autorités par le biais de la Justice ne tentent pas d’enterrer aussi mécaniquement le dossier Norbert Zongo car, tôt ou tard, il les rattrapera. Et mieux vaut tôt que tard, avec les probables réparations après le droit.

Encore malheureusement, le ridicule ne tue pas au Burkina Faso. Or, .... ; donc, Abdoulaye Barry, Procureur général ne peut plus mourir. Mais Alaye, (comme on aurait dû l’appeler dans son Yatenga natal où il ne se distingue vraiment pas du citoyen lamda) peut au moins rendre un dernier service à la République en rendant le tablier. Pourquoi ? Pas qu’on n’aime pas Monsieur le Procureur général, mais que lui-même semble fatigué des bas rôles qu’on lui impose certainement de jouer. Le Premier ministre Paramanga Ernest Yonli (usé lui-aussi ?) n’a-t-il pas lui-même dit que l’affaire n’a que trop duré ?

Eût-il parlé sous la casquette du citoyen lamda, sa parole vaut de l’or (parce qu’il n’a pas les charges professionnelles et un salaire de citoyen lamda), dans une République qui se respecte et qui nomme les hommes qu’il faut, à la place qu’il faut. Ou bien au Faso, on peut bien être une haute autorité et le moment de prendre le maquis venu, bomber sa poitrine de citoyen dit lamda pour tout se permettre ?

A propos de « citoyen lamda », il est grand temps que nos autorités apprennent que ce dernier n’est pas le voyou de la République et au nom duquel, on peut se prévaloir de commettre toutes les sottises du monde.

Messieurs les gens du Pouvoir, arrêtez de nous immuniser contre le ridicule, car il ne fera honneur à personne de diriger demain, un peuple de clowns. Arrêtez donc de jouez avec le feu et gouvernez en dignes guides, plutôt qu’en dictateurs qui ne disent pas leur nom.

Ouahigouya, le 27/07/2006

Le Président du MPDHD
B. Etienne B. OUEDRAOGO

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