Bobo-Dioulasso : La SONATUR conjugue responsabilité sociale et développement immobilier
La Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR) a consacré la journée du vendredi 2 octobre 2026 à une série d’activités à Bobo-Dioulasso. De la trame d’accueil de Dogona au site d’aménagement de Bindougousso, la délégation conduite par le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, a alterné gestes sociaux, lancement d’infrastructures et visite de chantiers. Une sortie qui illustre aussi la nouvelle orientation de la SONATUR, désormais engagée dans le développement immobilier au-delà de la seule production de parcelles viabilisées.
La première halte de cette journée marathon a été le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Dogona, infrastructure réalisée par la SONATUR au profit des populations installées sur la trame d’accueil. Deux ans après l’inauguration du centre, la société est revenue sur les lieux pour apporter un nouvel accompagnement à la structure sanitaire. Un don de médicaments et de matériel médico-technique d’une valeur de deux millions de francs CFA a ainsi été remis au CSPS.
Pour le ministre Mikaïlou Sidibé, cet appui s’inscrit dans la continuité des mesures sociales de la SONATUR envers les populations impactées par ses opérations d’aménagement. « Une fois installées sur la trame d’accueil, ces populations doivent pouvoir bénéficier d’un certain nombre d’infrastructures sociales de base », a-t-il expliqué. La SONATUR avait déjà assuré la réalisation du CSPS, ainsi que les infrastructures permettant son accès à l’eau potable et à l’électricité. L’entreprise entend ainsi accompagner le fonctionnement de ces équipements au bénéfice des populations.
À l’école, la SONATUR mise sur la sécurité et l’accès à l’eau
Après le CSPS, la délégation s’est dirigée vers l’École primaire publique de Dogona. C’est là qu’a eu lieu la deuxième étape de la visite, avec la pose de la première pierre du mur de clôture de l’établissement et le lancement des travaux de construction d’un forage équipé. Le mur de clôture représente un investissement de plus de 50 millions de francs CFA, tandis que la réalisation du forage est estimée à plus de 14 millions de francs CFA.
Pour les responsables de la SONATUR, ces infrastructures répondent notamment à des préoccupations exprimées par les acteurs de l’école, dans une zone encore faiblement peuplée et confrontée à des enjeux de sécurité. En plus de ces réalisations, la SONATUR a apporté un appui financier d’un million de francs CFA pour accompagner le fonctionnement de l’établissement.
Après Dogona, cap sur le site d’aménagement de Bindougousso. C’est sur ce site stratégique que la SONATUR veut concrétiser son ambition d’acteur du développement immobilier. Le site s’étend sur 304 hectares et compte 2 076 parcelles produites et entièrement viabilisées. Voiries, eau potable, électricité, assainissement et équipements publics sont prévus dans l’aménagement. Sur cette vaste superficie, 25 hectares sont consacrés au développement immobilier. La délégation a d’abord pu constater l’état d’avancement des travaux de voirie et d’assainissement avant de poursuivre la visite sur le chantier des Résidences Dafra.
66 villas pour lancer le programme immobilier
La première phase du projet porte sur la construction de 66 villas de moyen standing extensibles en R+1. La première pierre de ces logements avait été posée en novembre 2025. Sur le terrain, les travaux sont désormais bien avancés. Selon Mama Kayentao, directeur général de l’entreprise Ham-Mali-Burkina, chargée de la construction, les gros œuvres dépassent 75 % de réalisation. Les villas de type F4 comprennent notamment un salon, une salle à manger, une cuisine, trois chambres, une toilette commune et un dressing pour la chambre principale. « L’objectif qui nous est assigné, c’est la rapidité, la qualité et une infrastructure sûre », a expliqué le responsable de l’entreprise, qui assure que les matériaux nécessaires aux travaux de finition sont déjà disponibles.
Du côté de la SONATUR, le directeur général Boureima Ouattara se dit également satisfait de l’évolution du chantier. Si le taux d’exécution physique global est estimé à environ 35 %, les gros œuvres sont, eux, largement avancés, permettant d’envisager prochainement les travaux de finition.
Une deuxième phase pour près de 1 000 logements
Les 66 villas ne constituent toutefois que le début du programme immobilier de Bindougousso. Une deuxième phase prévoit la réalisation de 944 logements sur 12,5 hectares supplémentaires. À terme, le programme développé sur les 25 hectares devrait compter plus de 2 000 logements, ainsi que 378 boutiques et magasins. Pour le ministre Mikaïlou Sidibé, cette évolution marque un changement d’approche pour la SONATUR. « À côté de la commercialisation et de la vente de terrains viabilisés, nous allons progressivement vers le développement immobilier pour construire », a-t-il indiqué.
Cette orientation vise notamment à contribuer à la densification des centres urbains et à limiter l’étalement des villes. Les logements seront ainsi accompagnés d’infrastructures de voirie, d’assainissement, d’adduction d’eau potable et d’électricité. La visite a également permis de relever quelques retards dans l’exécution des travaux de viabilisation du site. Les responsables de la SONATUR assurent cependant que des ajustements sont en cours afin de les résorber. L’objectif affiché est de parvenir à absorber ces retards d’ici à la mi-novembre 2026, afin que les futurs acquéreurs puissent disposer de parcelles et de logements dans un environnement entièrement aménagé et viabilisé.
Cette visite a permis également de toucher du doigt l’état d’avancement du chantier du mur de clôture du cimetière jouxtant le site de la SONATUR. D’un coût de 149 309 933 francs CFA, l’ouvrage doit contribuer à sécuriser le cimetière et à préserver la dignité des sépultures. Pour le président de la délégation spéciale communale de Bobo-Dioulasso, Laurent Kontogom, les réalisations visitées traduisent une approche qui mérite d’être poursuivie. Il salue notamment un modèle où « les infrastructures devancent le peuplement ».
De Dogona à Bindougousso, cette journée aura donc permis à la SONATUR de mettre en lumière deux facettes de son intervention à Bobo-Dioulasso : « l’accompagnement social des populations installées sur sa trame d’accueil et la montée en puissance du développement immobilier ». La prochaine étape annoncée est le lancement de la commercialisation des villas des Résidences Dafra, avant le démarrage de la deuxième phase du vaste programme immobilier de Bindougousso.
Romuald Dofini
Lefaso.net






