Perceptions et stratégies d’adaptation des agropasteurs du changement climatique au Burkina Faso
Résumé
Ces dernières décennies, le Burkina Faso connaît une intensification du changement climatique, marquée par la hausse des températures, la baisse de la pluviométrie et la multiplication des épisodes de sécheresse. Ces transformations perturbent profondément les systèmes agropastoraux, notamment dans les milieux ruraux. Cette étude vise à analyser les perceptions du changement climatique et les stratégies d’adaptation élaborées par les agropasteurs de Koumbia et de Nagréongo face à ces bouleversements. La recherche repose sur une démarche qualitative mobilisant des ateliers participatifs, des observations et des entretiens semi-directifs.
Mots-clés : agropastoralisme, perceptions, résilience, stratégies d’acteurs, Burkina Faso.
Introduction
Dans un contexte de pression accrue sur les ressources naturelles et de mobilité croissante des pasteurs, l’agropastoralisme s’est progressivement imposé comme un mode de production central dans les zones sahéliennes et soudaniennes du pays. En associant agriculture et élevage dans un même espace (Kima et al., 2015), il a longtemps permis aux éleveurs de répondre aux variations climatiques, de diversifier leurs activités et de sécuriser leurs moyens d’existence, que ce soit dans leurs zones d’origine ou dans les lieux d’accueil où ils se déplacent à la recherche de pâturages.
Cependant, l’expansion des surfaces cultivées, la croissance démographique et l’augmentation des troupeaux exercent aujourd’hui de fortes pressions sur ces systèmes. L’accès à la terre, à l’eau, aux pâturages, aux jachères et aux ressources forestières devient de plus en plus difficile, générant des tensions entre acteurs et compliquant la gestion concertée des ressources. Ces contraintes sont renforcées par les effets du changement climatique et par les transformations socioéconomiques et politiques qui affectent durablement les communautés pastorales de la zone soudanienne (Vall et al., 2006).
Les aléas climatiques influencent directement les pratiques d’élevage : ils orientent les choix de races, la composition des troupeaux et les stratégies d’achat, de vente ou de mobilité. C’est dans ce contexte que s’inscrit la présente étude dont les objectifs sont d’analyser les perceptions des agropasteurs concernant les manifestations et les effets du changement climatique dans les deux communes, d’évaluer les impacts de ces changements sur leurs pratiques et sur les systèmes de production agropastoraux et de caractériser les stratégies d’adaptation mises en œuvre par les agropasteurs et examiner le rôle des dispositifs techniques dans leur consolidation.
Méthodologie
L’étude s’est déroulée dans les communes rurales de Koumnia (province du Houet) et de Nagreongo (province d’Oubritenga). L’approche quantitative a été adoptée dans le cadre de cette étude et des entretiens semi-directifs ont été menés auprès d’agropasteurs, de personnes-ressources (enseignants-chercheurs) et d’agents techniques des services agricoles, de l’élevage et de l’environnement. L’échantillon comprend cinquante-quatre participants, dont six femmes et quarante-huit hommes, sélectionnés pour représenter une diversité de situations. L’analyse de contenu, entendue comme l’étude de l’implicite et du non-dit au sein des discours (Quivy et Van Campenhoudt, 2006), a permis d’examiner l’écart entre ce que les enquêtés expriment explicitement et ce qui transparaît en filigrane dans leurs propos. Le cadre théorique de l’étude mobilise l’individualisme méthodologique, qui considère que les phénomènes sociaux résultent d’actions individuelles orientées par des motivations, des intérêts ou des valeurs (Assogba, 1999).
Résultats
Perceptions des effets du changement climatique
La perception des crises environnementales joue un rôle crucial dans la compréhension des perspectives et des expériences des acteurs locaux, dans l’élaboration des politiques et des processus décisionnels, et dans le développement de mesures d’adaptation ciblées pour renforcer la résilience des systèmes agropastoraux. Également, durant ces dernières décennies, les agropasteurs de la zone de Koumbia et de Nagréongo ont perçu la réalité des changements climatiques à travers des variations pluviométriques, des fortes températures, des vents violents et des inondations.
Leurs témoignages ont permis de tirer des indications précieuses sur l’impact des crises environnementales sur leurs activités quotidiennes. Ces témoignages mettent en évidence les défis auxquels sont confrontées les communautés agropastorales pour s’adapter à ces changements et soulignent la nécessité d’élaborer des stratégies efficaces pour en atténuer les effets négatifs.
Les trois paramètres climatiques (la pluviométrie, la température et les vents violents) ont été cités comme étant les paramètres climatiques les plus déterminants. Cette perception des producteurs s’explique par le fait que ces trois variables climatiques ont une influence directe sur la production agricole et déterminent la bonne ou mauvaise saison agricole. Ils paraissent alors plus palpables et visibles par les agropasteurs que les autres paramètres climatiques tels que l’évapotranspiration, l’insolation, l’humidité relative, etc. qui sont souvent identifiés au moyen des appareils spécifiques ou par des calculs spécifiques.
En effet, la perception des crises environnementales par les agropasteurs part du fait que ceux-ci constatent des changements de l’environnement au fil des saisons. A ce sujet, Wezel A. et Haigris J. (2000) soutiennent que « la dégradation continue du couvert végétal ouest africain est en partie due à la croissance démographique et aux facteurs climatiques ». Cette affirmation rejoint les résultats de nos entretiens et les points de vue d’acteurs comme Thiombiano A. (2005) pour qui « cette dégradation des écosystèmes et de la richesse en espèces est une conséquence de l’aridité du climat qui est devenue un phénomène réel en zone soudanienne ». La fragilité du milieu soudanien est d’autant plus perceptible lorsque les facteurs anthropiques comme les feux de brousse et le surpâturage s’ajoutent aux facteurs climatiques.
Lorsque les pluies sont insuffisantes, les conséquences se reflètent sur les cultures aux travers de leur mauvais développement, le flétrissement des feuilles, la brûlure des cultures suite à l’augmentation de la température, le manque d’eau pour des besoins domestiques, le manque de fourrage naturel pour le bétail. Bambara et al. (2013) ont relevé des perceptions paysannes similaires dans les réponses à un sondage conduit, respectivement, en zone cotonnière du Nord du Bénin et au Burkina Faso.
Les agropasteurs ont également recours à des stratégies de mobilité, telles que la transhumance ou la migration saisonnière, pour accéder à des zones de pâturage moins touchées par la sécheresse ou pour rechercher d’autres pâturages pendant les périodes de pénurie. (BODE S., 2012). En outre, les agropasteurs participent activement aux organisations communautaires pour partager des informations, des ressources et un soutien mutuel en temps de crise. Cette approche collaborative renforce leur résilience et leur permet de relever collectivement les défis liés à la variabilité du climat et aux risques environnementaux.
Les travaux de Ouédraogo et al. (2010), relatifs aux perceptions et stratégies d’adaptation aux changements des précipitations conduites dans les zones sahéliennes, soudano sahélienne et soudanienne du Burkina Faso, ont relevé les indicateurs tels que la baisse des pluies, le dérèglement de la saison, l’irrégularité des pluies, les poches de sécheresse, les fortes pluies et les inondations. Le raccourcissement de la durée de la saison pluvieuse entrave le développement normal des cultures. Dans ce contexte, certaines cultures n’arrivent plus à achever leur cycle végétatif. Les résultats des études menées dans la zone sahélienne africaine et relative aux perceptions paysannes des indicateurs de changements pluviométriques, sont corroborés par les observations faites dans cette étude.
Stratégies de prévention et de résolution des effets du changement climatiques mises en place par les agropasteurs
A l’examen des résultats de nos entretiens, on constate que les motivations d’adoption des stratégies de résolution des crises environnementales dans les communes de Koumbia et de Nagréongo sont multiples, indissociables et interdépendantes. Toutefois, elles relèvent de différents facteurs notamment, climatiques, socioculturels et économiques.
Ainsi, selon l’analyse des stratégies d’acteurs, les relations humaines sont bâties autour de deux principes fondamentaux qui gouvernent la vie en communauté et encadrent les interactions individuelles. D’abord, le facteur climatique joue un rôle crucial dans l’élaboration des stratégies adoptées par les agropasteurs. L’évolution des conditions météorologiques, les précipitations irrégulières et les sécheresses prolongées les ont contraints à rechercher des solutions innovantes pour faire face à l’incertitude des activités agricoles et à la disponibilité de l’eau et du fourrage pour leur bétail. Ces défis liés au climat les ont incités à mettre en œuvre des mesures proactives pour adapter leurs pratiques agricoles et leurs techniques de gestion du bétail aux conditions environnementales existantes.
En général, les principales stratégies d’adaptation aux changements des précipitations mises en œuvre par les agropasteurs à Koumbia et à Nagréongo s’intègrent dans les options d’adaptation rencontrées dans la littérature par les paysans burkinabè. En zone soudano- sahélienne, les bas-fonds connaissent, ces dernières décennies, une exploitation agricole intense en raison de la fertilité de leurs sols et de leur caractère hydromorphe. Ce constat fait par Ilboudo et al (2020) qui présente l’exploitation des bas-fonds comme stratégie d’adaptation aux effets de la variabilité pluviométrique et des dégradations des terres est aussi fait par des études menées au Burkina Faso. En effet, les agropasteurs ont adopté cette stratégie permettant d’exploiter des unités géomorphologiques de bonne fertilité telles que les bas-fonds.
Pour cet auteur, l’exploitation des bas-fonds permet de résoudre les problèmes d’appauvrissement des terres et de baisse de la productivité rencontrés par les agropasteurs dans le contexte général des changements climatiques. Alors, la mise en valeur des bas-fonds par leur exploitation constitue une alternative de gestion rationnelle des ressources hydriques dans un contexte de pluviosité difficile ou contraignante. Leur utilisation procure de substantiels revenus aux exploitants car cela leur permet de diversifier non seulement les cultures mais aussi leurs sources de revenus.
L’association des cultures est une pratique observée chez nos enquêté(e)s, à cause du manque de terres cultivables, dû aux forêts classées et collines dans certaines zones et surtout de l’explosion démographique. Cette pratique de la technique d’association des cultures a été aussi constatée au Togo par Sanou et al, (2018), les producteurs togolais ont adopté cette technique à cause du manque de terres cultivables. Chez eux, la technique d’association porte souvent sur deux, trois voire quatre cultures (sorgho-niébé, maïs-riz igname, maïs-gombo-igname-riz). Selon certains paysans au Benin, l’association des cultures permettrait de mieux conserver l’humidité du sol.
Deuxièmement, les facteurs socioculturels influencent également de manière significative les stratégies employées par les communautés. Les traditions, les connaissances et les coutumes locales ont un impact profond sur les processus de prise de décision et sur la manière dont les individus interagissent les uns avec les autres. Les relations sociales et les systèmes de soutien communautaire jouent un rôle essentiel dans le partage des informations, des ressources et des stratégies d’adaptation pendant les crises environnementales. Les communautés s’appuient sur leur sagesse et leur expérience collectives, transmises de génération en génération, pour traverser les périodes difficiles (Bode, 2012). L’étude a montré que les agropasteurs ainsi que leurs troupeaux évoluent dans un environnement instable, marqué d’incertitude et de risques récurrents.
Pour faire face à l’insuffisance des précipitations et des ressources en pâturages, les agropasteurs ont mis en œuvre des mesures préventives. Ils ont notamment diversifié leurs pratiques agricoles et leurs activités de subsistance afin de réduire leur dépendance à l’égard de l’agriculture pluviale (Sanou et al., 2018). Ils ont également exploré d’autres sources d’eau, comme le creusement de puits ou la construction de structures de rétention d’eau et des forages, afin de garantir la disponibilité de l’eau pendant les périodes de pénurie. En outre, ils ont adopté des techniques améliorées de gestion des terres, telles que la conservation des sols et les méthodes de collecte de l’eau, afin d’accroître la résilience de leurs systèmes agricoles.
Pour atténuer les effets des défis environnementaux, les agropasteurs ont recours à diverses stratégies. Ils s’engagent dans des pratiques de gestion des troupeaux, telles que l’élevage sélectif et l’abattage, afin de maintenir un cheptel fort et productif. Cela leur permet de s’adapter aux changements dans la disponibilité des fourrages et d’optimiser l’utilisation de ressources limitées. Face au problème de fourrage, le ramassage et l’utilisation des résidus de cultures est une pratique courante chez nos enquêté(e)s qui s’adonnent de plus en plus à la culture de certaines variétés à double usage telle que le niébé et le sorgho fourragé. Les résidus de cultures les plus appréciés ont été les fanes des légumineuses. Elles ont été essentiellement utilisées pour nourrir les animaux au vu de leurs teneurs élevées en azote.
Selon Ilboudo et al. (2020), les fanes de niébé ont été les résidus de cultures les plus utilisés. Elles sont suivies par les fanes d’arachide. Enfin, les considérations économiques font partie intégrante des motivations qui sous tendent les stratégies de résolution des crises. Les moyens de subsistance des agropasteurs sont intimement liés à leurs activités agricoles et d’élevage (FAO, 2018). La stabilité et la subsistance économiques dépendent fortement d’une gestion efficace de l’environnement. Par conséquent, des stratégies sont élaborées pour optimiser l’utilisation des ressources, minimiser les pertes et améliorer la productivité, afin de garantir la viabilité à long terme de leurs pratiques agricoles.
Dans ce contexte, certains agropasteurs adoptent une pratique consistant à parquer leurs animaux dans les champs en jachère afin de bénéficier de leurs déjections. Cette approche permet d’utiliser les déjections des animaux comme source de nutriments pour les cultures, contribuant ainsi à améliorer la fertilité des sols. Les déjections animales, riches en matière organique, en azote et en autres éléments nutritifs, agissent comme un engrais naturel, favorisant la croissance des plantes et augmentant les rendements agricoles. Sans ces fertilisants, il est difficile pour les agropasteurs d’atteindre un rendement optimum (Sanou et al.2018).
Cette stratégie présente plusieurs avantages. Elle permet d’une part de réduire les coûts liés à l’achat de fertilisants chimiques (Boma et al., 2017), ce qui est particulièrement avantageux pour les agropasteurs confrontés à des contraintes économiques. D’autre part, l’utilisation de la fumure organique contribue à la gestion durable des ressources naturelles en favorisant la recyclabilité des nutriments et en réduisant la dépendance aux intrants externes vus le prix de l’engrais très variable et que dépendre d’eux n’est pas très résilient pour les agropasteurs.
Cependant, il convient de souligner que l’utilisation de la fumure organique nécessite une gestion appropriée pour éviter les problèmes liés à une surcharge en nutriments ou à la propagation de maladies (Lindeque, 2011). Les agropasteurs doivent donc prendre des mesures pour contrôler la quantité et la répartition des déjections animales, tout en respectant les bonnes pratiques agricoles et les normes environnementales. Finalement, l’adoption de stratégies pour faire face aux crises environnementales dans les communes de Koumbia et de Nagréongo est un processus complexe régi par des facteurs multiples et interconnectés. L’interaction des aspects climatiques, socioculturels et économiques souligne l’importance d’une approche holistique pour comprendre et relever les défis environnementaux.
En reconnaissant et en exploitant les deux principes fondamentaux de la vie communautaire et des interactions individuelles, ces communautés peuvent mieux naviguer dans les incertitudes posées par les changements environnementaux et préserver leurs moyens de subsistance pour l’avenir. En effet, pour rendre compte des stratégies des acteurs, il faut avant tout rechercher la régularité des comportements et ensuite les réinterpréter dans le cadre du modèle de l’acteur qui adapte des stratégies à son avantage dans une situation tout à fait particulière.
En réponse à la variabilité et au changement du climat, les agropasteurs ont développé des pratiques agricoles qui réduisent la dégradation des terres et augmentent la fertilité des sols. L’utilisation des techniques de conservation des eaux et des sols augmente avec la vulnérabilité du milieu et dépend aussi des caractéristiques du paysage. A ce sujet, Sanou et al (2018) affirment que : « les cordons pierreux peuvent induire respectivement une augmentation des rendements de 25% et 60% par rapport à une parcelle sans aménagement ».
La pratique des demi-lunes contribue à l’adaptation au changement climatique à travers l’amélioration de l’infiltration de l’eau et partant la réduction des effets de la variabilité pluviométrique. En conclusion, l’utilisation de la fumure organique est une stratégie adoptée par les agropasteurs pour améliorer la productivité de leurs terres. En tirant parti des déjections animales comme source de nutriments, ils peuvent accroître la fertilité des sols et atteindre des rendements agricoles optimaux. Cependant, une gestion adéquate et responsable est nécessaire pour maximiser les avantages de cette pratique et minimiser les risques potentiels.
L’étude comporte certaines limites, liées notamment à la focalisation sur deux communes, à la démarche qualitative reposant sur des déclarations subjectives et à l’absence de confrontation systématique avec des données climatiques instrumentales. Malgré cela, elle apporte une contribution substantielle par l’éclairage des logiques d’acteurs qu’elle documente, met en évidence les déterminants socio-environnementaux de l’adaptation et identifie des stratégies reproductibles susceptibles de renforcer la résilience, qu’il s’agisse de sécurisation foncière, d’hydraulique pastorale ou de promotion des cultures fourragères. Ces résultats constituent une base solide pour des recherches mixtes et pour la formulation de politiques publiques mieux adaptées aux réalités locales.
Conclusion
Cette étude montre que les agropasteurs de Koumbia et de Nagréongo appréhendent les changements climatiques à partir de transformations tangibles de leur environnement, et qu’ils y répondent par des stratégies d’adaptation articulant savoirs locaux, contraintes structurelles et choix rationnels. Le recours à l’individualisme méthodologique et à la sociologie compréhensive permet d’éclairer ces logiques d’action, en révélant comment les acteurs ajustent leurs pratiques pour préserver la viabilité de leurs systèmes de production.
Les résultats soulignent toutefois que l’efficacité des stratégies observées dépend fortement de conditions structurelles telles que la sécurisation foncière, l’accès à l’eau, aux intrants et aux dispositifs d’accompagnement technique. L’adaptation ne peut ainsi être envisagée sans un appui institutionnel renforcé, capable de soutenir les innovations locales et de réduire les inégalités d’accès aux ressources.
Tionyélé FAYAMA (CNRST), Judith DAGBE(UCAO/UUB), Der DABIRE (CIRDES), Alkassoum MAIGA (UJKZ)
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Ce document de vulgarisation est tiré de l’article suivant : Tionyélé FAYAMA, Judith DAGBE, Der DABIRE, Alkassoum MAIGA, Agropastoralisme et changements climatiques : perceptions et stratégies d’adaptation des acteurs de Koumbia et de Nagréongo au Burkina Faso, pp :132-144. Actes du colloque international sur les Mutations Climatiques, Crises du Monde Rural et Avenir de l’Agriculture en Afrique, Editeur : Département de Sociologie-Anthropologie, FLASH-Adjarra – UAC (Bénin). Décembre 2025

