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Bonne gouvernance : Le Burkina veut accélérer la transformation de son administration

Publié le lundi 14 septembre 2026 à 22h53min

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Bonne gouvernance : Le Burkina veut accélérer la transformation de son administration

Le Conseil national de la Modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance (CN-MABG) a tenu, ce lundi 14 septembre 2026 à Ouagadougou, sa session ordinaire annuelle, sous la présidence du Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Cette rencontre a permis aux membres du conseil d’examiner les performances de l’administration publique au titre de l’année 2025, de faire le point sur les réformes engagées et de dégager les principales orientations pour 2027.

Au cœur des échanges figuraient une ambition, celle de poursuivre et d’accélérer la transformation de l’administration publique burkinabè afin de la rendre plus efficace, plus accessible et davantage orientée vers les résultats et la satisfaction des citoyens.

Institué par le décret nᵒ 2025-0927/PF/PRIM/MFPTPS/MEF du 15 juillet 2025 portant création, attributions, composition, organisation et fonctionnement du dispositif de pilotage de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance, le CN-MABG constitue l’organe national d’orientation des actions relatives à la modernisation de l’administration et à la promotion de la bonne gouvernance.

Il a notamment pour missions d’assurer la cohérence nationale des actions engagées dans ces domaines, d’adopter le système de planification et de suivi-évaluation des stratégies concernées et de veiller à leur mise en œuvre au sein des ministères et institutions.

Pour cette session ordinaire 2026, les travaux ont essentiellement porté sur trois rapports : celui relatif à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de modernisation de l’administration publique (SNMAP) au titre de 2025, celui portant sur l’état de la gouvernance au Burkina Faso pour la même année et le rapport global sur la performance de l’administration publique.

La session ordinaire 2026 du CN-MABG ouvre une nouvelle étape dans la transformation de l’administration publique burkinabè.

Selon le secrétaire permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance, Francis Paré, le taux global d’exécution des actions examinées s’établit à 85,38 %.
Un niveau de performance jugé satisfaisant, mais qui ne doit pas conduire à l’autosatisfaction. Le Premier ministre a, au contraire, appelé les acteurs de l’administration à dépasser la seule lecture des chiffres pour s’intéresser aux effets réels des réformes sur la vie des citoyens.

« Nous devons savoir saluer les performances chiffrées sans jamais perdre de vue les améliorations concrètes qu’elles doivent produire dans le quotidien du peuple », a souligné Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Pour le chef du gouvernement, l’enjeu est désormais de transformer les recommandations issues de la session en actions concrètes, avec des responsabilités clairement définies et un mécanisme de suivi permettant d’en mesurer les effets.

Au titre des actions réalisées dans le cadre de la modernisation de l’administration, plusieurs avancées ont été relevées, notamment dans le domaine du capital humain et de la transformation numérique.
Francis Paré a indiqué que plus de 10 000 recrutements ont été effectués au cours de la période considérée, contribuant au renforcement des ressources humaines de l’administration publique.
La digitalisation des services constitue également l’un des principaux axes de la réforme. Plusieurs centaines de procédures administratives ont été dématérialisées et simplifiées, permettant aux usagers d’effectuer certaines démarches sans avoir à se déplacer systématiquement dans les services publics.

Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo invite les acteurs de l’administration publique à traduire les recommandations en actions concrètes.

Des plateformes numériques ont notamment été développées au sein de différents ministères et institutions. Parmi les services concernés figurent, entre autres, certaines démarches administratives, la délivrance de documents et le paiement de taxes en ligne.
Pour Francis Paré, cette transformation numérique doit se poursuivre afin de rapprocher davantage l’administration des citoyens et de réduire les délais et les lourdeurs administratives.

Plus de 200 organigrammes revus pour alléger l’appareil administratif

La modernisation concerne également l’organisation même de l’administration publique. Selon Francis Paré, plus de 200 structures administratives ont vu leur organigramme révisé. L’objectif affiché est de rationaliser les structures, de réduire les lourdeurs organisationnelles et d’améliorer l’efficacité de l’action publique.
Cette rationalisation vise notamment à éviter la multiplication de structures coûteuses et à concentrer les ressources sur les missions essentielles de l’État. « Au lieu d’avoir un dispositif lourd, on simplifie, de sorte que la structure puisse être efficace », a expliqué le secrétaire permanent. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté plus large de faire évoluer l’administration d’une logique essentiellement procédurale vers une culture davantage tournée vers la performance, les résultats et l’impact.

Malgré les avancées enregistrées, la session a également mis en évidence plusieurs difficultés qui continuent d’affecter le fonctionnement de l’administration publique. Le Premier ministre a notamment évoqué l’appropriation encore insuffisante de certains outils de gouvernance et d’évaluation, les difficultés liées aux ressources humaines et aux infrastructures, les problèmes rencontrés au niveau des systèmes d’information ainsi que certaines insuffisances dans la commande publique.

L’appropriation des plateformes numériques par les citoyens constitue également un défi. La dématérialisation des procédures ne suffit pas à elle seule. Encore faut-il que les usagers connaissent les plateformes disponibles, puissent y accéder facilement et soient en mesure de les utiliser. Ces difficultés constituent, selon le chef du gouvernement, autant de défis prioritaires auxquels l’administration devra apporter des réponses concrètes.

Parmi les orientations retenues figure également le renforcement de la gestion des ressources humaines. Le Premier ministre a recommandé la poursuite des travaux en vue de la mise en place d’une inspection générale des ressources humaines. Cette structure devrait contribuer à mieux identifier et corriger les dysfonctionnements liés à la gestion du personnel de l’État.

Francis Paré, secrétaire permanent de la modernisation de l’administration et de la bonne gouvernance, détaille les résultats enregistrés en 2025.

Pour Francis Paré, cette question est particulièrement importante, dans la mesure où de nombreux dysfonctionnements constatés dans l’administration sont liés à la gestion des ressources humaines. L’utilisation d’outils modernes de management et de gestion des ressources humaines devra également être renforcée afin d’améliorer le fonctionnement des services publics. La modernisation de l’administration ne se limite pas aux réformes institutionnelles ou à la digitalisation. Elle concerne également l’environnement dans lequel les agents publics et les usagers sont appelés à évoluer.

Dans ce sens, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’améliorer les conditions d’accueil et de travail dans les services publics, notamment à travers la mise à niveau des infrastructures sanitaires. Les toilettes et autres installations sanitaires des bâtiments administratifs devront ainsi faire l’objet d’une attention particulière afin de garantir un environnement propre et digne aussi bien pour les travailleurs que pour les usagers.
Cette orientation traduit la volonté de faire de la qualité du cadre de travail un élément à part entière de la modernisation du service public.

La session de 2026 intervient dans un contexte particulier, marqué par l’arrivée à échéance de certaines stratégies nationales. La Stratégie nationale de déconcentration administrative (SNDA) 2014-2023 et la Stratégie nationale de modernisation de l’administration publique (SNMAP) 2021-2025 sont désormais arrivées à terme. La Stratégie nationale de promotion de la bonne gouvernance (SNPG) 2018-2027, quant à elle, arrive à échéance en 2027. Cette situation ouvre la voie à une nouvelle étape dans la planification des réformes administratives.

Le ministre des serviteurs du peuple, Mathias Traoré, a annoncé l’orientation vers une stratégie unique de modernisation de l’administration publique, qui devrait intégrer les questions de bonne gouvernance et de déconcentration administrative. L’objectif est de mettre en cohérence les différentes dimensions de la réforme administrative au sein d’un même cadre stratégique.

Au-delà des réformes techniques, les autorités souhaitent opérer un changement de paradigme dans la manière de concevoir et de conduire l’action publique. Selon Francis Paré, les orientations issues de la session mettent l’accent sur la nécessité de passer d’une administration centrée sur les procédures à une administration davantage. Cette évolution doit notamment contribuer à réduire la bureaucratie et à améliorer l’efficacité des services publics.

La question de la bonne gouvernance reste, elle aussi, au cœur de cette transformation. Les autorités entendent renforcer les mécanismes permettant d’assurer une meilleure gestion des ressources publiques et de prévenir les doublons et les pratiques susceptibles de favoriser les dysfonctionnements.
Pour le Premier ministre, la modernisation de l’administration doit également accompagner les efforts de reconquête du territoire et de consolidation de l’autorité de l’État.

Dans les zones où la sécurité est progressivement restaurée, le retour de l’État ne saurait se limiter à la présence des forces combattantes. Il doit également se traduire par le retour effectif des services publics. « Là où nos populations retrouvent la sécurité, elles doivent retrouver des services publics adaptés à leurs besoins légitimes », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo.
Cette vision place donc l’administration au cœur de la consolidation de la présence de l’État sur l’ensemble du territoire national.

Le ministre des serviteurs du peuple, Mathias Traoré, est revenu sur les principaux enjeux de la session ordinaire 2026 du CN-MABG.

2027, une année de consolidation et d’accélération

À l’issue des travaux, les orientations pour 2027 ont été définies autour de la poursuite des réformes engagées et de l’accélération de leur traduction en résultats concrets. Le Premier ministre a invité chaque ministère, chaque institution, chaque structure et chaque agent public à prendre sa part dans cette transformation. L’objectif est de faire de 2027 une année de consolidation des réformes, d’accélération des résultats et d’amélioration de leur impact sur les populations.

La clôture de la session ne doit donc pas être considérée comme la fin d’un simple exercice annuel de suivi-évaluation. Elle doit, selon le chef du gouvernement, constituer le point de départ d’une nouvelle étape de transformation de l’administration publique. « Je vous invite à considérer la conclusion de cette session non comme l’aboutissement d’un exercice annuel, mais comme le bon départ d’une nouvelle étape », a-t-il lancé aux participants.

Cette nouvelle étape devra se traduire dans les bureaux, les services déconcentrés, les collectivités territoriales, les écoles, les centres de santé, les juridictions et, plus largement, dans tous les espaces où l’administration est en contact avec les citoyens.

À travers le CN-MABG, le Burkina Faso entend poursuivre la refondation de son administration autour d’une exigence centrale : faire du service public un véritable instrument au service de l’intérêt général, de la souveraineté nationale et des aspirations des populations.

Anita Mireille Zongo
Lefaso.net

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