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Burkina : Le Conseil national de la statistique tient sa première session ordinaire de l’année 2026

Publié le vendredi 11 septembre 2026 à 22h50min

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Burkina : Le Conseil national de la statistique tient sa première session ordinaire de l’année 2026

Le Conseil national de la statistique (CNS) a tenu sa première session ordinaire de l’année 2026 avec pour objectif d’examiner le rapport statistique national de 2025 et le projet de programme statistique national 2027. Cette rencontre a lieu ce vendredi 11 septembre 2026 sous la présidence du ministre de l’Économie et des Finances, représenté par son secrétaire général Vieux Abdoul Rachid Soulama.

Le Conseil national de la statistique constitue l’instance suprême d’orientation et de décision du système statistique national. Ses délibérations engagent l’ensemble du dispositif et fixent le cap de la production statistique nationale. « La présente session revêt, à cet égard, une signification toute particulière. Elle nous réunit autour de deux instruments complémentaires et indissociables de notre mécanisme annuel de planification et de reddition des comptes. Il s’agit, d’une part, du rapport statistique national 2025, qui dresse le bilan des activités de l’année écoulée, et, d’autre part, du projet de Programme statistique national 2027, qui trace la feuille de route de l’année à venir », a indiqué le directeur général de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), Toubou Ripama.

Selon lui, ce double exercice s’inscrit dans le cadre rénové qui régit désormais les activités, notamment la loi nᵒ 036-2021/AN du 6 décembre 2021 portant organisation et réglementation des activités statistiques, ses textes d’application ainsi que le nouveau schéma directeur de la statistique 2026-2030. Il traduit la volonté constante des autorités de doter le Burkina Faso d’un appareil statistique moderne, crédible et souverain, au service de la décision publique.

« S’agissant de l’année écoulée, je me réjouis de relever que, malgré un contexte marqué par des contraintes sécuritaires, financières et matérielles bien connues, notre système a enregistré des avancées notables. Le taux d’exécution physique du programme statistique national 2025 s’établit à 67,8 %, en progression par rapport à l’année 2024. Plusieurs opérations d’envergure ont été menées à bien. Il s’agit notamment de la poursuite de la troisième édition de l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, du rebasage des comptes nationaux selon le système de comptabilité nationale de 2008, de l’élaboration des comptes satellites du tourisme, ou encore de l’enquête nationale sur les services d’eau, d’hygiène et d’assainissement face au changement climatique. À cela s’ajoutent la production régulière des annuaires, tableaux de bord, notes et bulletins statistiques, ainsi que des acquis institutionnels majeurs, avec l’adoption des textes d’application de notre nouvelle loi statistique. Ces résultats sont le fruit de l’engagement remarquable et de la résilience des femmes et des hommes qui animent notre système statistique », a fait savoir M. Ripama.

Toubou Ripama, directeur général de l’INSD, a présenté le bilan 2025 et les perspectives 2027 du Système statistique national.

Il informe que l’INSD a enregistré des avancées majeures dans le cadre de la modernisation de la production statistique et de l’anticipation des besoins futurs. La première de ces innovations est un projet de création d’observatoire national d’innovation statistique.

« Nous concevons l’observatoire national d’innovation statistique comme un véritable outil de souveraineté statistique. Sa raison d’être part d’un constat lucide. Nos grandes enquêtes, aussi rigoureuses soient-elles, ne livrent leurs résultats que douze à vingt-quatre mois après la collecte, descendent rarement en deçà du niveau régional et se répètent à un rythme quinquennal, voire décennal. Or les crises sécuritaires, financières et climatiques que traverse notre pays exigent un suivi continu, fin et réactif. En d’autres termes, nous ne pouvons plus piloter le développement en ne regardant que dans le rétroviseur. L’observatoire vise précisément à combler ces lacunes, non pas en se substituant à la statistique officielle, mais en la complétant par une production plus fréquente, désagrégée jusqu’au niveau communal et fondée sur l’exploitation des mégadonnées et de l’intelligence artificielle. Il mobilisera de nouvelles sources d’imagerie satellitaire, données de téléphonie mobile, données issues du web et données météorologiques pour produire, à l’échelle de nos 351 communes et dans des délais de quelques jours, des indicateurs du domaine économique, de sécurité alimentaire ou d’emploi. Ce projet s’inscrit en parfaite cohérence avec notre schéma directeur de la statistique, le plan RELANCE, les objectifs de développement durable et la stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique », a expliqué le directeur général de l’INSD.

La deuxième innovation est étroitement liée à la précédente. Il s’agit du déploiement d’un centre d’appel dédié aux enquêtes par téléphone. Cet outil permet de diversifier les modes de collecte, de réduire les délais et les coûts de production et, surtout, d’atteindre des populations et des zones que le contexte sécuritaire rend parfois difficilement accessibles par les moyens classiques. Il constitue, à ce titre, une réponse concrète et innovante aux défis de terrain.

Vieux Abdoul Rachid Soulama, secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances, a présidé les travaux au nom du ministre.

À ces deux avancées s’ajoutent d’autres chantiers structurants. « Le déploiement progressif de l’intelligence artificielle pour le suivi de la qualité des données, la digitalisation de nos outils de collecte, le renforcement de nos capacités en matière de données massives, la modernisation de nos plateformes de diffusion et de nos données ouvertes, ainsi que la création d’une revue scientifique destinée à valoriser nos travaux », a confié le premier responsable de l’Institut national de la statistique et de la démographie », a-t-il révélé.

Et d’ajouter : « C’est dans cette double logique de consolidation des acquis et d’ouverture à l’innovation que s’inscrit le projet de Programme statistique national 2027. Il est aligné sur le schéma directeur de la statistique 2026-2030 et structuré autour de quatre axes stratégiques. Son coût global est estimé à 10,6 milliards de francs CFA. Il est financé à hauteur de 52,7 % par l’État. Ce qui traduit l’appropriation nationale croissante de notre système, tout en rappelant la nécessité de poursuivre la mobilisation de ressources pérennes et de partenariats diversifiés ».

Pour le secrétaire général Vieux Abdoul Rachid Soulama, les résultats et perspectives reflètent un engagement collectif. Il a salué l’ensemble des acteurs du système statistique national pour leurs efforts. Il a d’ailleurs rappelé que le Burkina Faso a été classé premier en Afrique de l’Ouest et deuxième sur le continent, derrière le Maroc au classement mondial de l’Open data inventory 2025, avec un score de 77 sur 100. Il a précisé que cet exploit démontre le travail abattu par l’ensemble des acteurs. Il a terminé en encourageant le directeur général et l’ensemble de son personnel à poursuivre le processus engagé pour l’atteinte des objectifs.

Dalilha Ky
Lefaso.net

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Légende 2 : Vieux Abdoul Rachid Soulama, secrétaire général du ministère de l’Économie et des finances, a présidé les travaux au nom du ministre.

Légende 3 : Toubou Ripama, directeur général de l’INSD, a présenté le bilan 2025 et les perspectives 2027 du Système statistique national.

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