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Santé maternelle, infantile et reproductive : Une étude évaluative pour capitaliser sur les acquis

Publié le vendredi 11 septembre 2026 à 22h27min

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Santé maternelle, infantile et reproductive : Une étude évaluative pour capitaliser sur les acquis

Ce vendredi 11 septembre 2026, se tient un atelier de présentation des résultats d’une étude évaluative sur la mise en œuvre et la durabilité des outils numériques pour la santé reproductive, maternelle et infantile (REC PCIME et REC MATERNITE) au Burkina Faso. Cette étude a été réalisée avec l’appui financier de la Fondation Gates. L’activité de ce jour est de l’ONG Terre des hommes. L’étude a été menée par le centre MURAZ avec l’intervention de Swiss TPH. Elle vise à consolider ces innovations dans le système de santé burkinabè, en tirant les leçons de leur déploiement à grande échelle.

Le Burkina Faso dresse le bilan d’une décennie d’usage des Registres électroniques de consultation (REC) pour la santé maternelle et infantile. À l’ouverture de l’atelier de restitution, Dieudonné Belembaogo, spécialiste en santé nutrition pour Terre des Hommes, a rappelé l’ampleur du chemin parcouru. « Depuis plus d’une décennie, la stratégie IEDA, à travers ses composantes numériques que sont le registre électronique de consultation PCIME et le registre électronique de consultation maternité, a profondément transformé la prise en charge des enfants de moins de 5 ans et des femmes dans nos formations sanitaires périphériques », a-t-il indiqué.

« Nous voulons pérenniser les outils REC pour améliorer durablement les soins aux mères et aux enfants », Dieudonné Belembaogo

Pour lui, l’enjeu n’est plus seulement d’innover, mais de pérenniser. À ce propos, souligne-t-il : « Notre souhait ultime est que les résultats de cette recherche contribuent fortement à orienter les décideurs dans l’élaboration de politiques et stratégies de santé pour l’amélioration de la qualité des soins infantiles et maternels. » De son côté, Firmin Kaboré, directeur scientifique de l’Institut national de santé publique (INSP), a inscrit cette démarche dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et humanitaires.

« L’on doit aligner les innovations numériques sur les priorités de l’État en santé », Firmin Kaboré

« Dans le contexte particulier que traverse notre pays, marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et de développement, qui appellent à des réponses coordonnées et durables, les initiatives d’accompagnement des efforts de l’État méritent d’être construites dans la concertation, l’alignement institutionnel et la recherche permanente de complémentarité », a-t-il déclaré avant de poursuivre : « Les échanges de ce jour ont pour but de permettre aux différentes parties prenantes d’exercer pleinement leur rôle d’orientation, d’appréciation et de validation des résultats de cette recherche, afin de garantir la pertinence, la faisabilité et l’ancrage territorial des initiatives futures en matière de santé numérique. »

« En 10 ans de REC, il y a eu des résultats prometteurs, des défis techniques à surmonter », Dr Satouro Arsène Somé

Interrogé sur la concrétisation des outils, le Dr Satouro Arsène Somé, médecin épidémiologiste au centre MURAZ et coordonnateur de l’étude, donne des explications. « Le REC est un outil digital qui sert à standardiser les protocoles et les stratégies de consultation, non seulement pour les enfants de moins de 5 ans, mais pour les femmes en âge de procréer, demandant des services dans les maternités, tels que les soins postnatals, la planification familiale, la consultation prénatale aussi », dit-il. Sur le terrain, l’appropriation est jugée très forte pour les enfants. « Un des éléments saillants de cette étude est vraiment la réussite de cette implémentation qui couvre plus de 90 % des services de santé en ce qui concerne le REC PCIME et près de 30 % en ce qui concerne le REC Maternité », a-t-il évalué.

En image, les participants mobilisés pour cet atelier

L’acceptabilité repose sur la qualité intrinsèque de l’outil, qui, dit-il, « automatise la prise en charge des agents de santé et qui oriente également les agents de santé sur le terrain ». Par ailleurs, note-t-il, les limites techniques restent prégnantes. « Cet outil est utilisé en off-line, c’est-à-dire sans la connexion internet. Mais les difficultés tiennent principalement à l’âge des tablettes. Il y a des bugs qui sont souvent rencontrés », a-t-il reconnu, ajoutant que la synchronisation des données peut être bloquée une à deux semaines durant, sans pouvoir synchroniser les données dans certaines zones reculées.

Face à ces constats, l’objectif de l’évaluation est clair : transformer l’essai. « En réalité, on évalue un programme qui existe depuis 10 ans et on va tirer les leçons pour s’assurer qu’on pourra continuer à l’utiliser pour toujours », a résumé le coordonnateur de l’étude. Pour les décideurs présents, il s’agit désormais de traduire ces enseignements en politiques publiques durables, capables de maintenir l’acquis numérique tout en l’étendant de manière rationnelle dans un écosystème de santé de plus en plus digitalisé.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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