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‎Nakambé : Grâce à l’ADCT, à Koupèla, Dialgaye et Boussouma, des infrastructures répondent aux urgences du quotidien

Publié le jeudi 10 septembre 2026 à 23h08min

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‎Nakambé : Grâce à l’ADCT, à Koupèla, Dialgaye et Boussouma, des infrastructures répondent aux urgences du quotidien

Du CSPS du secteur 5 de Koupèla à la maternité de Gomtenga, dans la commune de Dialgaye, en passant par le nouveau bâtiment d’état civil de Boussouma, l’Agence d’appui aux collectivités territoriales (ADCT) a accompagné la réalisation de plusieurs infrastructures. Sur le terrain, ces ouvrages répondent à des besoins de rapprocher les soins, de faciliter les accouchements et d’améliorer les conditions d’accès aux services publics.

À Koupèla, le CSPS du secteur 5 est déjà bien vivant. Depuis février 2026, les portes du centre s’ouvrent chaque jour sur des patients venus consulter, des femmes enceintes pour leurs rendez-vous prénatals et des enfants pour les consultations ou les vaccinations. Dans la cour, les bâtiments récemment construits portent encore l’image d’une infrastructure neuve, mais leur fréquentation prouve que le besoin était réel.

Une délégation de l’ADCT, accompagnée de journalistes, commence sa visite par ce centre de santé. Les différents bâtiments sont parcourus. Un dispensaire, une salle PEV, une salle de consultation, une salle de soins, un magasin de stockage, une salle de mise en observation, un bureau et une salle de garde composent notamment l’infrastructure. Le site comprend également un apatam réalisé en 2024, un incinérateur construit la même année, un magasin de dépôt de médicaments essentiels génériques (MEG) et un forage à gros débit de 7,2 mètres cubes par heure, profond de 72 mètres.

L’ensemble des infrastructures réalisées représente un coût global de plus de 76 millions de francs CFA. Pour Moumouni Sagnon, président de la délégation spéciale de Koupèla, la construction de ce CSPS répond d’abord à la nécessité de désengorger l’unique centre de santé dont disposait auparavant la commune. « La commune de Koupèla n’avait qu’un seul CSPS et le nombre de personnes qui le fréquentent était devenu difficile à gérer pour les praticiens. Il fallait trouver un site pour un autre CSPS pour réaliser ces infrastructures. En termes de chiffres, le coût global est de plus de 76 millions de francs CFA pour l’ensemble des infrastructures réalisées. Nous apprécions positivement l’accompagnement de cette agence. Son accompagnement va au-delà de ce CSPS. Nous sommes avec un partenaire sûr et la collaboration se passe très bien avec l’ADCT. Nous avons mis en place pour ce CSPS le COGES qui est la structure de gestion. Les bâtiments sont propres et c’est grâce au travail du COGES », s’est exprimé le PDS.

Pour Moumouni Sagnon, président de la délégation spéciale de Koupèla, la construction de ce CSPS répond d’abord à la nécessité de désengorger l’unique centre de santé dont disposait auparavant la commune

Derrière cette décision d’ouvrir un nouveau CSPS, il y a donc une réalité : une population plus nombreuse à prendre en charge et la nécessité de rapprocher les services de santé. Jacques Kaboré, infirmier chef de poste (ICP), donne la mesure de l’activité depuis l’ouverture du centre. « Le CSPS est fonctionnel depuis février 2026. Le centre couvre une population de 23 000 habitants. En termes de consultations et de prestations, nous recevons en moyenne 1300 malades par mois, adultes et enfants confondus. Au niveau de la maternité, en moyenne 400 femmes pour les consultations prénatales et 60 accouchements dans le mois. Il faut reconnaître que l’ouverture de ce centre a un impact positif sur la communauté. Avec l’accessibilité des soins pour la population, car avant, les gens allaient loin. Cela réduit le coût de déplacement. Deuxièmement, ce CSPS réduit le taux de mortalité car les femmes sont mieux suivies et les enfants obtiennent les vaccins », a-t-il expliqué.

Ces chiffres donnent une idée de l’importance prise par cette infrastructure en quelques mois seulement. Le CSPS étant nouveau, l’ICP indique qu’il y a du matériel médico-technique et du personnel qui manquent.
Pour les habitants, l’impact est aussi économique. Autour du centre, le comité de gestion des services de santé (COGES) participe également au fonctionnement quotidien.

« Le CSPS est fonctionnel depuis février 2026. Le centre couvre une population de 23 000 habitants. En termes de consultations et de prestations, nous recevons en moyenne 1300 malades par mois, adultes et enfants confondus », Jacques Kaboré, infirmier chef de poste (ICP)

Roger Damiba, président du COGES du district sanitaire du secteur 5 de Koupèla, explique son rôle. « Nous aidons l’infirmier chef de poste pour la propreté du district. Nous gérons le dépôt et les achats des médicaments. C’est en février 2026 que le district a été ouvert. Nous avons un lieu de soins qui aide la population car avant nous avions un seul CSPS au secteur 3. Maintenant ça nous facilite la tâche. » Le centre est ainsi un lieu de soins fréquenté, porté par des agents de santé, des responsables locaux et une communauté qui doit également contribuer à sa préservation.

À Gomtenga, une maternité prête mais encore en attente

La route conduit ensuite la délégation vers Gomtenga, dans la commune de Dialgaye. Ici, l’image est différente de celle de Koupèla. Le bâtiment est terminé, mais il n’a pas encore commencé à remplir sa fonction. Une maternité y a été construite en 2025 avec l’appui de l’ADCT. Elle doit permettre aux femmes de Gomtenga et des environs de disposer d’un lieu d’accouchement plus proche. Mais faute de matériel, l’infrastructure n’est pas encore fonctionnelle. Pour les habitants, son ouverture est pourtant très attendue. Le chef de Gomtenga raconte une situation récente qui permet de comprendre l’urgence. « Il y a quelques jours, une femme a accouché en route en se rendant à la maternité de Dialgaye. Avec la saison des pluies, les routes sont moins bonnes et se déplacer est plus difficile. Donc quand cette maternité va ouvrir, elle va alléger les souffrances », indique le chef qui remercie l’ADCT pour l’appui.

Kadidjata Guiatin, représentante des femmes de Gomtenga, exprime sa satisfaction devant la construction de l’ouvrage. « Nous avions besoin de cette maternité car cela rapproche les femmes de l’accouchement, surtout avec le problème de voies », a dit la représentante avec joie.

Les femmes de Gomtenga, à Dialgaye, se réjouissent de la construction de cette maternité

Les témoignages des femmes rencontrées sur place vont dans le même sens. Zenabo Sanwidi, mère de deux enfants, connaît personnellement les difficultés liées à la distance. « J’ai accouché mes enfants à Dialgaye et vraiment quand cette maternité va ouvrir, cela va nous faciliter les choses. Dialgaye est éloigné pour une femme en travail. »

Biba Zambelingo, mère de trois enfants, se réjouit également de la proximité qu’offrira le futur service. « Cette maternité qui va ouvrir est proche de nous, sinon actuellement on se déplace loin pour accoucher. Ça va vraiment nous aider et nous sommes contentes. »
Assèta Ilboudo, mère de deux enfants, pense déjà à ses prochaines grossesses. « J’ai accouché de mes deux enfants à la maternité de Kalwinga, non loin de Koupèla. Comme nous n’avons pas fini de faire nos enfants, l’ouverture de cette maternité va nous aider. »

Puis Aïcha Guigmdé évoque les conditions dans lesquelles elle a dû se déplacer lors de ses précédents accouchements. « Quand la maternité sera ouverte, je vais faire mon prochain enfant car même à pied je pourrai me rendre pour accoucher. Pour mes accouchements précédents, on m’a emmené à moto à la maternité de Dialgaye »
La maternité est donc construite, mais l’attente se poursuit. Il reste désormais à la doter du matériel nécessaire pour qu’elle puisse ouvrir ses portes.

À Boussouma, l’état civil dans de meilleures conditions

Dernière étape de la tournée dans le Nakambé : Boussouma. À la mairie, un nouveau bâtiment destiné aux services de l’état civil attire l’attention. La construction est récente et la façade porte la plaque indiquant l’appui de l’ADCT. À l’intérieur, cinq bureaux sont occupés par les différents services. Le matériel informatique, les équipements de bureau et les photocopieuses permettent aux agents de travailler dans des conditions plus adaptées. Avant cette construction, l’état civil était installé dans un bâtiment plus ancien. Un bâtiment qui, selon les responsables communaux, ne répondait plus aux besoins.

Goudouma Jacques Kima, secrétaire général de la commune de Boussouma, revient sur les conditions de travail qui prévalaient auparavant. « En termes d’infrastructure, c’est un bâtiment constitué de cinq bureaux pour le service de l’état civil. Nous avons tous les services qui sont équipés avec le matériel informatique, le matériel de bureau, ainsi que des photocopieuses, tout ce qui est nécessaire pour mener à bien le service public. Bien avant la construction de ce bâtiment, le service de l’État civil était logé dans le bâtiment qui se trouve à ma gauche. C’est un bâtiment qui date d’une vingtaine d’années. Lorsqu’il y avait des intempéries, les agents étaient obligés de se déplacer comme ils pouvaient avec les documents pour éviter que ces documents soient mouillés par la pluie. C’est un soulagement pour l’administration communale de Boussouma. Nous traduisons notre reconnaissance à l’endroit de l’Agence nationale d’appui au développement des collectivités territoriales qui œuvre d’arrache-pied pour nos collectivités, particulièrement la commune de Boussouma qui vient d’avoir un joyau qui a permis de mettre les agents dans les conditions optimales de travail, ainsi que les conditions d’accueil dignes au profit des usagers », se réjouit le secrétaire général de la mairie.

Le nouveau bâtiment destiné aux services de l’état civil de la mairie de Boussouma

La commune compte 16 villages administratifs et environ 11 495 habitants. L’état civil y traite quotidiennement des demandes qui touchent directement à la vie des populations. Déclarations de naissance, actes et extraits de naissance : derrière chaque document délivré se trouve une famille qui accomplit une démarche administrative indispensable.

Le nouveau bâtiment offre donc à la fois de meilleures conditions de travail aux agents et de meilleures conditions d’accueil aux usagers. « Le but de l’ADCT, c’est de soulager la population qui est dans le besoin du service public et de mettre toutes les conditions nécessaires pour que les usagers de la région puissent être satisfaits dans des conditions vraiment très favorables », ajoute Goudouma Jacques Kima. L’image des agents obligés de déplacer les documents pour les protéger de la pluie appartient désormais au passé.

‎Des ouvrages nés des besoins exprimés localement

Joseph Kaboré, directeur d’agence régionale de l’ADCT au niveau du Nakambé, revient sur les différentes étapes de cette tournée : « Depuis l’opérationnalisation des agences régionales de l’ADCT en 2011, l’agence a mobilisé 8,5 milliards de francs CFA au profit des communes de la région du Nakambé. » Les investissements touchent plusieurs secteurs. Les infrastructures scolaires arrivent en tête, suivies des infrastructures sanitaires et des forages communautaires.

« Notre souhait est que les communes aident les bénéficiaires à s’organiser à travers les comités de gestion autour des infrastructures », Joseph Kaboré, directeur d’agence régionale de l’ADCT au Nakambé

À cela s’ajoutent des bâtiments administratifs, comme celui de l’état civil de Boussouma, mais également des infrastructures marchandes destinées à renforcer les recettes des collectivités. « Mon message à l’endroit des bénéficiaires, c’est surtout de prendre à cœur l’entretien et la maintenance des infrastructures. Notre souhait est que les communes aident les bénéficiaires à s’organiser à travers les comités de gestion autour des infrastructures, pour veiller à l’entretien et pour veiller aussi à la maintenance de ces ouvrages », espère le directeur d’agence régionale de l’ADCT au niveau du Nakambé.

Sur le terrain, l’un des constats qui ressort de la tournée est que ces réalisations ne répondent pas toutes aux mêmes urgences. Ce sont des infrastructures différentes, mais avec un même point de départ : celui des besoins exprimés par les populations et portés par les collectivités.

‎Farida Thiombiano
Lefaso.net

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