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Burkina : L’ANSSEAT et ses partenaires dans une lancée de création d’un centre antipoison

Publié le samedi 5 septembre 2026 à 03h36min

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Burkina : L’ANSSEAT et ses partenaires dans une lancée de création d’un centre antipoison

Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est confronté à la recrudescence des intoxications aiguës d’origine alimentaire, chimique, médicamenteuse ou environnementale. Face à la situation, l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT) a, avec l’appui de l’Institut national de santé publique (INSP), engagé une réflexion stratégique, en vue de la création d’un centre antipoison. C’est dans ce cadre qu’a eu lieu, le vendredi 4 septembre 2026 à Ouagadougou, sous la présidence du ministre de la santé, un atelier en vue de mobiliser toutes les expertises nécessaires pour enrichir la conception dudit centre, définir les rôles et responsabilités des acteurs-clés, afin de garantir une mise en œuvre coordonnée et tracer une feuille de route réaliste et inclusive.

Le centre antipoison, analysé comme une nécessité stratégique de santé publique, vise donc à renforcer la sécurité sanitaire des populations, au Burkina et dans la sous-région. Elle vient surtout consolider le système national de santé, en droite ligne de la volonté affichée au sommet de l’État, de garantir la souveraineté sanitaire, au cœur des priorités nationales.

Selon le ministre de la santé, président de l’activité, représenté à l’ouverture des travaux par son directeur de cabinet, Dr Adjima Combary, les intoxications, souvent collectives, entraînent une mortalité élevée et mettent en évidence les limites du système de prise en charge sanitaire. À titre illustratif, il rappelle quelques cas qui ont marqué le Burkina, notamment en 2017 à Gourcy où une famille entière a été décimée après un repas contaminé par des pesticides ; en 2019 à Réo, où une vingtaine de personnes ont été victimes d’intoxication avec un fort taux de mortalité ou encore, plus récemment, en juillet 2026 à Boussé, où cinq enfants ont perdu la vie après avoir partagé un repas.

« À ces drames s’ajoutent les cas environnementaux, tels que les morts de poissons observées presque chaque année ou encore le déversement de cyanure dans le fleuve à Sakoinsé récemment, encore sous surveillance. Ces incidents, souvent mal diagnostiqués ou diagnostiqués tardivement, conduisent à des insuffisances dans la prise en charge. De plus, le déficit de données fiables sur l’exposition toxique des populations entrave la mise en œuvre de politiques de prévention adaptées », a, à travers son directeur de cabinet, scanné le ministre de la santé.

Le directeur de cabinet du ministre de la santé, Dr Adjima Combary.

Grâce aux efforts de l’ANSSEAT avec la mise en place d’un laboratoire de toxicologie, relève-t-il, des avancées notables ont été réalisées. Si le laboratoire a joué, et joue, un rôle central dans le diagnostic et l’orientation des décisions des autorités sanitaires, l’absence d’un centre antipoison demeure, note le ministre, une faiblesse majeure, car limitant la rapidité et l’efficacité de la réponse aux urgences toxicologiques. « C’est dans ce contexte que l’ANSSEAT a, avec l’appui de l’Institut national de santé publique (INSP), engagé une réflexion stratégique en vue de la création d’un centre antipoison », situe le premier responsable du département de la santé.

Selon le ministre, l’initiative, inscrite dans le plan stratégique de l’ANSSEAT et vivement encouragée par CDC Africa à travers le Programme Kofi Annan pour le leadership en santé mondiale, est stratégique pour renforcer la sécurité sanitaire des populations, au Burkina comme dans la sous-région.
Le Centre antipoison vient surtout consolider le système national de santé, en droite ligne avec la volonté affichée au sommet de l’État, de garantir la souveraineté sanitaire, au cœur des priorités nationales.

L’atelier se veut donc une étape importante dans la construction collective du projet, par notamment la mobilisation de toutes les expertises nécessaires pour enrichir la conception du centre antipoison, la définition des rôles et responsabilités des acteurs-clés afin de garantir une mise en œuvre coordonnée et l’élaboration d’une feuille de route réaliste et inclusive. « J’encourage particulièrement les responsables des structures-clés impliquées, notamment les hôpitaux, à désigner les profils techniques pertinents pour la suite des travaux, à rester mobilisés et disponibles pour encourager le processus jusqu’à son aboutissement », a lancé l’autorité, soulignant que l’adhésion des autres secteurs (environnement, agriculture, industrie, universités, société civile et partenaires techniques et financiers) est essentielle pour assurer la réussite de cette initiative.

Le directeur de toxicologie, Dr Dimitri Méda.

Occasion pour le ministre d’exprimer, au nom du gouvernement, les reconnaissances à l’ANSSEAT, à l’INSP, ainsi qu’aux partenaires nationaux et internationaux, notamment CDC Afrique, l’OMS, l’UNICEF et CDC Atlanta pour leur engagement constant.

Le directeur général de l’ANSSEAT, Pr Elie Kabré.

Le centre antipoison est un projet majeur du système de santé, renchérit le directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité sanitaire de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé (ANSSEAT), Pr Elie Kabré. « Il représentera une avancée majeure pour notre sécurité sanitaire et pour la prise en charge des personnes intoxiquées. Sa mise en œuvre doit beaucoup à la collaboration engagée avec l’Institut national de santé publique, dont l’appui constant aux côtés de l’ANSSEAT a été déterminant à chaque étape de cette initiative », salue Pr Kabré, précisant que l’atelier a un but clair, qui est de bâtir avec l’ensemble des parties prenantes une feuille de route participative pour la mise en œuvre du centre.

Le directeur de toxicologie à l’ANSSEAT, le Dr Dimitri Méda, pharmacien toxicologue, a, lui, soutenu également que le centre est une structure dédiée spécialement à lutter contre tout toxique qui peut affecter la santé d’un être vivant (humain, animal, environnement). Pour ce faire, il va œuvrer dans la prévention, à travers un dispositif qui vise à faire en sorte que les intoxications ne surviennent pas. « Ce qui va passer par la formation, l’éducation, la sensibilisation, afin que les gens puissent savoir bien utiliser les substances chimiques, les médicaments, pour ne pas s’exposer au poison (parce que, mal utilisées, les substances chimiques deviennent un danger) », interpelle le spécialiste Dimitri Méda.

Le centre antipoison, c’est ensuite la prise en charge, en cas d’intoxication. « Dans ce cas, le centre est préparé à répondre le plus efficacement possible, afin de réduire les conséquences, notamment par la prise en charge rapide. Le centre peut posséder un dispositif d’appel, qui fonctionne 24 h sur 24, et donne tout de suite des conseils (disponibles pour les populations, les professionnels, etc.), quand il y a un cas. Les gens peuvent donc appeler pour prendre des conseils, les premières mesures, ce qui permet de réduire l’exposition aux toxiques », justifie le directeur de toxicologie, Dr Méda.

Le centre antipoison permet aussi la recherche continue, surtout sur les nouveaux produits. Ce qui procède également de la prévention. Il a, par ailleurs, une mission d’assistance à l’autorité, en termes de politiques pour améliorer la réglementation de gestion des produits chimiques.
 
O.L.
Lefaso.net

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