Burkina/Police nationale : La 45ᵉ promotion célèbre ses dix ans d’existence
En 2016, la 45ᵉ promotion faisait son entrée à la police nationale. Dix ans plus tard, les membres de cette promotion marquent une pause pour célébrer cette décennie d’existence les 4 et 5 septembre 2026 à Ouagadougou. Pendant dix ans, la promotion s’est illustrée comme un maillon fort au service de la patrie. « Dix ans d’engagement au service de la patrie : mémoire, introspection et serment renouvelé », est le thème retenu pour la célébration de ce jubilé.
Il y a dix ans, soit le 22 juillet 2016, ils étaient de jeunes policiers qui découvraient à peine le métier et ses exigences. Aujourd’hui en 2026, même si leurs parcours ont pris différentes directions car certains occupent des postes de responsabilités tandis que d’autres poursuivent leur mission sur le terrain, force est de reconnaître qu’ils sont devenus des professionnels aguerris avec une décennie d’expérience.
Selon le commissaire principal de police Sié Ibrahim Ouattara, ces années ont permis de mesurer pleinement la portée de leur engagement et de mieux comprendre les exigences liées à leur mission de sécurité et de service aux populations. À l’entendre, cette mission devra rester guidée par les valeurs qui leur ont été inculquées dès leur formation. Parmi elles figurent le courage, le respect des règlements sans oublier la quête permanente de l’excellence. Des principes qui reflètent particulièrement leur nom de baptême, à savoir : professionnalisme et engagement patriotique.
« Nous n’étions pas venus simplement pour occuper des postes. Nous étions venus prendre notre part dans la mission de sécurité de l’État et servir les populations. Le professionnalisme, c’est la compétence, la discipline, le respect de la loi et la recherche de l’excellence. L’engagement patriotique, c’est placer l’intérêt de la patrie au-dessus de ses intérêts personnels et répondre présent lorsque le devoir nous appelle », a-t-il laissé entendre.
Par ailleurs, il a fait comprendre que ces dix ans sont le lieu pour eux de dresser un bilan et de mener des réflexions pour l’avenir. Pour joindre l’utile à l’agréable, la promotion a procédé à une remise de vivres aux familles de leurs collègues tombés sur le champ d’honneur. Le don est composé de 7,5 tonnes de riz, 140 bidons d’huile de 5 litres, de savon et de détergent.
« Nous avons tenu à faire ce don pour accompagner les veuves et les orphelins des policiers tombés sur les champs de l’honneur car si nous célébrons nos dix ans aujourd’hui, c’est parce qu’il y a quelque part des gens qui sont tombés pour la paix », poursuit Sié Ibrahim Ouattara.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par une conférence inaugurale, animée par Emmanuel Zongo, directeur de cabinet du ministère de la Sécurité. Ayant représenté le ministre à cette cérémonie, Emmanuel Zongo a salué le parcours inspirant et le dévouement de cette promotion, surtout dans le contexte à fort défi sécuritaire que subit le pays. Pour lui, même si des efforts restent encore à mener, ces dix années sont le témoignage d’un parcours fait de réussites.
« Je voudrais traduire mes félicitations à cette promotion pour tout ce qu’elle a pu accomplir en dix ans. Ce ne fut pas du tout un complément d’effectifs, mais plutôt des professionnels engagés pour la défense de la patrie », s’est-il exprimé.
Dans sa communication inaugurale, Emmanuel Zongo a fait comprendre que la promotion a donné le meilleur d’elle-même car n’ayant pas bénéficié du luxe d’une période de stabilité. Pour lui, derrière le nom professionnalisme que porte leur nom de baptême, se trouve une exigence qui prend tout son sens au regard des profondes mutations que connaît le métier de policier au cours de cette décennie.
« Votre promotion n’a pas bénéficié du luxe d’une longue période de stabilité pour comprendre progressivement son métier. Elle a dû apprendre en marchant dans l’urgence et même dans la douleur », a-t-il poursuivi.
Ces dix années apparaissent ainsi pour lui comme une véritable école de l’expérience, au cours de laquelle le professionnalisme et l’engagement patriotique ont été mis à l’épreuve des réalités du terrain.
Le 10ᵉ anniversaire de la 45ᵉ promotion de l’École nationale de la police a le contrôleur de police Edmond Tapsoba pour parrain. Représenté par Émile Kafando, commissionnaire divisionnaire de police, il les invite à transmettre les valeurs du métier à la nouvelle génération. Pour lui, leur nom de baptême doit dépasser le cadre symbolique. Il doit se refléter concrètement dans leur comportement et dans leur engagement au service de la nation.
« Avec l’expérience que vous avez acquise, il ne s’agit plus seulement d’apprendre et d’exécuter les missions qui vous sont confiées. Vous devez également être capables de conseiller, d’encadrer, d’inspirer et de transmettre votre expérience à ceux qui arrivent après vous. Dans notre métier, les jeunes nous écoutent, mais surtout nous observent. Faites en sorte que votre comportement, votre discipline et votre intégrité soient toujours à la hauteur des uniformes que vous portez et des valeurs qu’ils représentent », a-t-il indiqué.
Toutefois, il les encourage à demeurer unis et solidaires, car, même si les parcours diffèrent, les liens forgés sur les bancs de l’École nationale de police ne doivent pas s’effacer.
Muriel Dominique Ouédraogo
Lefaso.net


