Vidéo-verbalisation, port de casque : Les accidents, blessés et tués en baisse en août 2026 au Burkina
Un mois après l’activation du système de vidéo-verbalisation et le contrôle de l’obligation du port de casque pour les conducteurs et passagers d’engins à deux ou trois roues motorisés, le ministère de la Sécurité a tenu une conférence de presse pour faire le bilan des accidents de la circulation avec leurs corollaires de blessés et de tués sur le territoire burkinabè. C’était ce vendredi 4 septembre 2026, à Ouagadougou.
Pour le mois d’août, l’analyse du tableau récapitulatif des données montre que 1 516 accidents ont été enregistrés, ayant occasionné 1 347 blessés et 79 tués (sur place). Ce tableau contraste avec les chiffres présentés pour le mois de juillet 2026, qui enregistrait 1 744 accidents, avec un corollaire de 1 459 blessés et 113 tués (sur place). Idem pour les autres mois, où le nombre de victimes a baissé, que ce soit pour le nombre d’accidents, le nombre de blessés et le nombre de tués.
Face au drame quotidien des accidents, le gouvernement a opté pour un changement de paradigme : activation du système de vidéo verbalisation dans la capitale et contrôle strict du port du casque pour les conducteurs et passagers d’engins à deux ou trois roues motorisés. L’objectif affiché n’est pas financier. Il s’agit, selon le ministre de la sécurité Mahamadou Sana, d’instruments pour protéger les populations.
Les premiers résultats chiffrés sont présentés comme probants. Entre juillet et août 2026, le nombre d’accidents enregistrés a baissé de 13,07%, tandis que la gravité moyenne des accidents a reculé de 30,08%. Autrement dit, non seulement il y a moins d’accidents, mais les accidents qui surviennent sont moins graves, selon Mahamadou Sana. Par ailleurs, il avance également que ces mesures ont permis d’éviter plus d’accidents, donc des blessés et des tués, comparativement au mois précédent.
La vidéo verbalisation est décrite comme un outil de responsabilisation plus que de sanction. Selon le bilan présenté, 19 910 infractions ont été constatées via les caméras. Une large part de ces infractions était liée au non-port de la ceinture de sécurité (71,31%), suivie par les excès de vitesse (15,36%), le non-respect de la signalisation lumineuse (12,26%), et l’usage manuel du téléphone portable (1,07%). Sur le plan financier, ces infractions ont généré 146 559 000 francs CFA d’amendes entre le 1ᵉʳ et le 31 août 2026, dont 16,1 millions (environ 10%) déjà payés.
Au delà des chiffres, Mahamadou Sana insiste sur l’impact humain, présenté comme la plus grande victoire. « Des dizaines de vies ont été sauvées assurément. De nombreuses familles n’ont pas eu à pleurer… et c’est la plus grande victoire de notre travail et de notre engagement à tous », s’est-il exclamé. Pour la suite, la dynamique reste la même. « Le refoulement des usagers sans casque, qui s’inscrit dans un registre de tolérance administrative, va se poursuivre, doublé de la répression stricte », a-t-il rappelé.
L’avenir devrait aussi voir une expansion du réseau de vidéo verbalisation dans les régions et l’activation de la vidéo verbalisation des motocyclistes, toujours selon ses dires. Et au vu de la rentrée scolaire qui approche à grands pas, le message du ministre est le suivant : « Cette rentrée est la rentrée de la rupture avec des mauvais comportements sur nos routes. Chers élèves et étudiants, respectez la vitesse, respectez les signalisations du public, restez concentrés en conduite et surtout portez vos casques ».
Erwan Compaoré
Lefaso.net



