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Natation : Imann Firdaous Kouraogo, de l’amour pour l’eau aux podiums africains

Publié le mercredi 2 septembre 2026 à 22h33min

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Natation : Imann Firdaous Kouraogo, de l’amour pour l’eau aux podiums africains

À seulement 20 ans, Imann Firdaous Kouraogo s’impose comme l’une des figures montantes de la natation burkinabè. Au 11ᵉ championnat d’Afrique de natation de la Zone 2, disputé du 28 au 29 août 2026, la jeune nageuse a frappé fort en décrochant deux médailles d’or sur 800 m et 400 m nage libre. Une nouvelle étape dans le parcours d’une athlète dont l’histoire avec la natation a commencé presque par hasard, dans une piscine, aux côtés de ses parents.

L’histoire commence loin des podiums et des chronomètres. Enfant, Imann Firdaous Kouraogo aimait simplement se rendre à la piscine avec ses parents. Elle y va pour se divertir, sans imaginer que ces moments de baignade vont progressivement orienter sa vie vers le sport de haut niveau. « J’ai commencé la natation par pure coïncidence parce qu’étant au Burkina, j’aimais bien aller à la piscine avec mes parents. Apparemment, les coaches trouvaient que je nageais un peu bien, pour une personne qui ne savait pas nager », raconte-t-elle.

Et quand ses parents s’installent à Dakar, au Sénégal, avec la famille, cette attirance pour l’eau prend une autre dimension. Dans la résidence où elle vit, la jeune fille nage régulièrement avec ses sœurs et les autres enfants. C’est là qu’elle rencontre Samba Ba, maître-nageur.

L’entraîneur décèle rapidement chez elle un potentiel à exploiter. Sous sa direction, Imann commence à s’entraîner plus régulièrement et à perfectionner sa technique. Mais avant même les chronomètres et les médailles, une qualité retient particulièrement l’attention de son entraîneur : sa ténacité. « Sa principale qualité, c’était l’endurance et la ténacité. Comme on dit, elle était très tenace », témoigne Samba Ba.

Les entraînements s’enchaînent. La jeune fille progresse et la piscine, autrefois simple lieu de loisir, devient peu à peu son terrain d’expression. Dans l’eau, elle découvre surtout le goût de l’effort, le plaisir de progresser et la satisfaction de repousser ses propres limites. « J’ai choisi la natation parce que j’aime l’eau, je me sens très bien dans l’eau et, avec le temps, j’ai surtout découvert le plaisir de me dépasser et de progresser », explique-t-elle.

Imann Firdaous Kouraogo a été double médaillée d’or au 11ᵉ championnat d’Afrique de natation de la Zone 2.

De la piscine de la résidence aux grands rendez-vous

La progression d’Imann Firdaous Kouraogo ne passe pas inaperçue. Avec l’accompagnement de Samba Ba, elle participe à ses premières compétitions. En 2019, au Sénégal, elle prend part au championnat national et s’adjuge le titre de championne. La compétition lui fait alors découvrir une autre dimension de la natation, celle de la représentation et de la responsabilité. « En participant à mes premières compétitions, je me suis rendu compte de la valeur de représenter mon pays, le Burkina Faso, et de partager mon amour pour ce sport au-delà du cadre de la piscine dans laquelle je m’entraîne », confie-t-elle.

Depuis, la jeune nageuse a franchi plusieurs paliers. Elle participe à des championnats nationaux au Burkina Faso et découvre, en 2022, les championnats du monde de natation. Mais l’un des grands rendez-vous de sa jeune carrière reste sa participation aux Jeux olympiques de Paris 2024, où elle termine 5ᵉ du 50 m nage libre.

Derrière cette progression, il y a aussi le regard avisé de son entraîneur. Samba Ba identifie rapidement une particularité chez sa protégée : sa puissance dans les bras. Un atout qui l’oriente progressivement vers les courses d’endurance, notamment le 400 m et le 800 m nage libre.

« C’est une nageuse qui ne nage pratiquement pas des jambes. Et c’est ça même, qui lui a fait être spécialisée au niveau des 800 et des 400. Parce que là, quand tu ne nages pas avec tes jambes, ça veut dire que tu es forte au niveau des bras. C’est ça qui nous a permis de l’orienter au niveau des courses en endurance », explique le technicien. Cette orientation semble aujourd’hui porter ses fruits.

Pour Samba Ba, Imann Firdaous Kouraogo a des qualités pour les courses d’endurance.

Du bronze à l’or

Au 11ᵉ championnat d’Afrique de natation de la Zone 2, Imann Firdaous Kouraogo franchit un nouveau cap. Engagée sur ses distances de prédilection, elle décroche deux médailles d’or, sur 800 m et 400 m nage libre. Une progression qui prend encore plus de relief lorsqu’on la compare à son bilan de l’édition précédente. L’année dernière, la Burkinabè avait obtenu le bronze sur ces deux mêmes distances. Douze mois plus tard, elle monte sur la plus haute marche du podium.

« L’année dernière, j’ai remporté deux médailles de bronze dans ces deux distances, le 400 m et le 800 m nage. Cette année, je remporte l’or, ce qui montre que je suis vraiment concentrée. J’ai un objectif qui est bien défini et je ne compte pas lâcher ces objectifs », affirme-t-elle.

Ces deux médailles ne constituent donc pas seulement une récompense. Elles traduisent une progression et surtout une ambition désormais clairement affichée. À 20 ans, Imann Firdaous Kouraogo veut continuer à améliorer ses chronos et repousser ses limites. Elle rêve de battre ses propres records et nourrit, à plus long terme, l’ambition de s’attaquer aux records africains.

Imann Firdaous Kouraogo nourrit l’ambition de faire flotter le drapeau du Burkina Faso à l’international.

Mais pour atteindre ces objectifs, la nageuse doit encore composer avec des conditions d’entraînement qui ne sont pas toujours idéales. Elle s’entraîne notamment dans un bassin de 25 mètres, alors que de nombreuses compétitions internationales se disputent dans des bassins de 50 mètres. Une différence qui impose des adaptations et peut avoir une incidence sur la préparation et les performances.

Pour autant, ces contraintes ne semblent pas entamer sa détermination. Bien au contraire. Derrière les médailles et les chronomètres, se dessine une jeune athlète qui a appris à avancer avec les moyens à sa disposition, sans renoncer à ses ambitions. De la piscine où elle accompagnait ses parents aux bassins des grandes compétitions internationales, le chemin parcouru est déjà considérable. Mais Imann Firdaous Kouraogo ne regarde pas encore derrière elle. À l’entendre, le plus important reste à venir.

Entre discipline, endurance et ambition, la jeune nageuse entend poursuivre sa progression et faire flotter toujours plus haut les couleurs du Burkina Faso. Et lorsqu’elle quitte les bassins, une autre ambition l’attend : actuellement étudiante en assurance, elle rêve aussi de devenir, demain, une grande professionnelle de la finance. Deux univers différents, mais une même volonté : se construire un avenir à la hauteur de ses ambitions.

Jean Elysée Nikiéma
Lefaso.net

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