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Gabon : « La compétence, le mérite, l’engagement et la qualité du service rendu doivent être reconnus », engage le président Brice Clotaire Oligui Nguema

Publié le dimanche 30 août 2026 à 22h32min

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Gabon : « La compétence, le mérite, l’engagement et la qualité du service rendu doivent être reconnus », engage le président Brice Clotaire Oligui Nguema

La république du Gabon a commémoré ce dimanche 30 août 2026, le troisième anniversaire de la Journée nationale de la Libération, en mémoire de la prise du pouvoir par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, suite à des élections controversées du candidat sortant, Ali Bongo. Depuis cette date du 30 août 2023, qui se présente comme une rupture d’avec le mandat héréditaire de la famille Bongo, le pouvoir de l’ancien officier supérieur, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est lancé dans une direction portée surtout par un discours et des actions ‘’souverainistes’’ et ‘’révolutionnaires’’. A la veille de la commémoration de l’an III de la Journée nationale de la Libération (jour chômé et payé, inscrit dans la Constitution de la Vè République), le chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema a adressé un message à son peuple, adresse sous fond de contrat politique.

La Journée nationale de la libération est donc devenue la deuxième grande fête nationale du pays, aux côtés du 17 août, jour de l’indépendance. Instituée sous la Vè République (suite au référendum constitutionnel de novembre 2024), cette journée vise donc à marquer un « tournant historique et politique » dans la refondation nationale. Après une première célébration symbolique dans la capitale, Libreville, en 2024 sous l’ère de la Transition, la Journée nationale de la Libération va connaître sa première édition officielle et solennelle le 30 août 2025, dans la province de la Nyanga.

La troisième édition, 30 août 2026, se tient à Makokou, dans la province de l’Ogooué-Ivindo (située au nord-est de la capitale) dans une tendance politique portée sur un langage direct envers des partenaires occidentaux traditionnels ; la renégociation de certains accords et contrats pour renforcer la souveraineté économique du pays, l’essor du secteur agro-sylvo-pastoral avec pour cap, la souveraineté alimentaire ; le port obligatoire de tenues africaines dans les administrations publiques chaque vendredi ; l’institution de la levée et la descente des couleurs, etc.

L’une des dernières mesures du pouvoir de Libreville dans ce registre de rupture est celle relative à la réorientation des bourses d’études vers l’Afrique. En effet, dans son discours prononcé à la veille du 66è anniversaire de l’indépendance, 16 août 2026, le président Oligui Nguema a présenté une stratégie basée sur le renforcement des établissements gabonais et appelé les jeunes gabonais à faire le choix des universités africaines. « L’Afrique ne doit pas être un choix par défaut. Elle est un espace de savoirs, d’innovations et d’avenir », a défendu le président gabonais.

La célébration du troisième anniversaire de la Journée nationale de la Libération, marquée solennellement par une parade militaire, a donc été une occasion pour le président de non seulement jeter un regard dans le rétroviseur, mais surtout présenter à ses compatriotes, le Gabon qu’il souhaite bâtir. Pour y parvenir, le président Brice Clotaire Oligui Nguema revient sur un contrat politique qui repose essentiellement sur des exigences-phares, notamment la liberté, la discipline collective, l’obligation de résultats, la méritocratie.

Dans le discours adressé à la veille de la célébration à ses concitoyens gabonais, le président a présenté cette date comme celle qui est, au-delà de la simple adoption d’une nouvelle Constitution, d’une loi électorale, d’un Code électoral ou d’une loi sur les partis politiques, conçue pour corriger les dérives qui minaient la société et pour extirper les impuretés qui compromettaient son équilibre moral et social. « Cet esprit, qui a guidé notre peuple dans sa quête de dignité et de justice, demeure une exigence. Il nous impose de poursuivre l’œuvre commencée, de bâtir une société disciplinée et responsable, et de rester fidèles aux valeurs qui fondent notre République », engage-t-il.

Dans cette vision, le pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema dit avoir engagé un travail de redressement et de modernisation de l’État, convaincu également que la transformation du pays ne se fera ni par des déclarations, ni par la seule volonté d’un homme. « Certaines réformes peuvent inquiéter, parce qu’elles modifient des habitudes, remettent en cause des intérêts ou demandent des efforts nouveaux. C’est pourquoi, j’exige de l’administration qu’elle écoute avant de décider, qu’elle explique avant de mettre en œuvre et qu’elle corrige lorsque la réalité le commande. Réformer ne signifie pas gouverner loin du peuple, c’est préparer l’avenir avec lui, dans son intérêt.

J’entends les inquiétudes des travailleurs et des partenaires sociaux. Le droit de grève et la liberté syndicale seront respectés dans le cadre fixé par la loi. Le dialogue doit être sincère, permanent et utile. L’État doit écouter et négocier de bonne foi  ; les partenaires sociaux doivent porter des propositions responsables et préserver la continuité des services essentiels. Le dialogue ne peut devenir le prétexte à la paralysie du pays, pas plus que l’autorité ne peut servir de prétexte au refus d’entendre. J’assurerai à la fois le respect des libertés, la continuité de l’État et la poursuite des réformes indispensables », a avancé le chef de l’Etat, précisant que dans le Gabon à bâtir, l’égalité devant la loi est un principe constitutionnel et qu’aucun pan de la société ne peut s’y soustraire.

« Qu’il s’agisse d’un membre du gouvernement, d’un magistrat, d’un avocat, d’un haut responsable civil ou militaire, d’un médecin, d’une sage-femme, d’un agent de l’État ou d’un opérateur économique, chacun doit désormais répondre de ses actes », a averti le président Brice Clotaire Oligui Nguema, à un moment où, peut-on souligner au passage, l’actualité dans ce pays de l’Afrique centrale est, depuis le 25 août, animée par la radiation de trois hauts magistrats du corps (selon la presse gabonaise qui en fait ses choux gras, une dizaine de magistrats ont été, à cette étape, convoqués pour plusieurs charges, dont des affaires liées à des malversations et interférences judiciaires supposées).

Selon le président, la libération qui est célébrée se mesure également dans l’amélioration de la qualité de vie des citoyens. C’est pourquoi, tout en rendant un hommage également aux médecins, infirmiers, sage-femmes, techniciens, personnels administratifs et agents d’appui qui, souvent dans des conditions difficiles, dit-il, tiennent les établissements de santé, il a annoncé un appui exceptionnel au secteur de la santé, en investissant 44 milliards de FCFA dans le renforcement du plateau technique national et six milliards de FCFA pour la réouverture des restaurants au sein des structures hospitalières, auxquels s’ajoutent une enveloppe supplémentaire de cinq milliards de FCFA destinés aux prestations de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS). « Ces secteurs sont chers à mon projet de société (…) et notre objectif est de prévenir les irrégularités et de replacer le malade au centre de toutes nos actions », déclare le président.

S’appuyant sur un diagnostic de la Fonction publique gabonaise, le chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema a souligné que « la compétence, le mérite, l’engagement et la qualité du service rendu doivent être reconnus » et qu’« aucun agent ne doit être oublié faute d’appui ». « Le mérite doit être notre boussole, et l’équité notre règle », a-t-il insisté.

Le président a donc appelé ses compatriotes à cultiver, chacun, le respect de ses obligations, promettant que l’Etat en fera de même envers les citoyens. « La date du 30 août est un jour de mémoire qui nous rappelle d’où nous venons, mais aussi un jour d’espérance qui nous dit où nous voulons aller. (…). Le 30 août 2023 a forgé notre patriotisme et a fait de nous un peuple libre  ; notre discipline fera de nous un grand peuple », convainc le président gabonais.

O.L.
Lefaso.net

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