Route dégradée à Saaba : Les populations passent à l’action tout en sollicitant l’aide des autorités
À Saaba, dans la région du Kadiogo, les populations ont décidé de ne plus attendre face à la dégradation avancée de la voie reliant le marché principal au rond-point en direction de la zone 1, appelée communément Guinkouma. La Fédération des associations des cités Saaba 2, Saaba 3 et Dakouré a lancé, le dimanche 16 août 2026, une opération de réhabilitation communautaire. L’opération est dénommée « Ramener le bus SOTRACO à la mairie de Saaba ». Cette action répond à l’appel du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui est que les populations se mobilisent pour la construction du Burkina Faso.
Pioches, pelles, brouettes et sacs de latérite en main, enfants, jeunes, adultes et personnes âgées ont pris part aux travaux. L’objectif affiché est clair : améliorer rapidement l’état de la voie afin de permettre notamment le retour du bus de la Société de transport en commun (SOTRACO) jusqu’à la mairie de Saaba. Depuis plusieurs années, l’état de cette route constitue une difficulté pour les habitants. Les nombreux nids-de-poule, les zones fortement dégradées et les bourbiers rendent les déplacements particulièrement pénibles, surtout pendant la saison des pluies.
Face à cette situation, le bus SOTRACO avait dû déplacer son terminus de plus de deux kilomètres. Ce qui contraint les usagers à parcourir une distance supplémentaire pour rejoindre leurs destinations. « Actuellement, c’est comme si la commune de Saaba n’avait qu’un seul arrêt de bus. Parce que l’arrêt qui se trouve là où il y a la majorité de la population n’est plus accessible à cause de l’état de la voie. Le bus n’arrive plus à la mairie de Saaba. Les populations sont obligées de parcourir environ 2,5 km pour avoir un arrêt de bus. De nombreuses personnes ne peuvent plus se rendre facilement à la mairie et au tout premier CSPS de la commune pour les actes administratifs et les soins de santé. Cette situation est très pénible pour les riverains », a expliqué le porte-parole de la fédération, Mady Sawadogo.
Pour réhabiliter les parties les plus endommagées, les populations ont recours à la technique japonaise Do-Nou. Cette méthode consiste à remplir des sacs avec de la terre ou de la latérite, à les compacter puis à les disposer dans les zones dégradées afin de stabiliser la chaussée.
Cette solution, peu coûteuse et réalisable avec des moyens locaux, permet aux habitants de traiter rapidement les points les plus difficiles de la voie. Elle ne constitue toutefois qu’une réponse d’urgence, en attendant une réhabilitation plus durable de l’axe. Sur le terrain, la mobilisation est importante. Les habitants travaillent côte à côte pour combler les trous et améliorer les passages les plus difficiles.
En octobre, c’est la rentrée scolaire au Burkina Faso, le secrétaire général craint que cette situation n’affecte le processus scolaire normal des élèves. « Bientôt ça sera la rentrée. Si rien n’est fait, les élèves iront en retard à l’école à cause du non-accès au bus. Imaginez-vous si les élèves doivent parcourir environ 2,5 km pour accéder à un arrêt de bus. Ça sera difficile pour eux. Nous sollicitons l’aide de nos autorités compétentes pour la réhabilitation de cette route. Notre action ne pourra pas résoudre définitivement le problème. C’est juste une solution temporaire », a souligné M. Sawadogo.
À travers cette action, la fédération apporte sa contribution au développement local pour le bien-être des populations. L’association des résidents de la cité Saaba 2 avait mobilisé la somme de 10 millions de francs pour le reprofilage d’environ 10 km des voies de la cité. Elle mène régulièrement des activités de développement communautaire. Grâce à ses actions, l’initiative présidentielle lui a apporté son soutien en envoyant une équipe pour effectuer des travaux durant deux semaines.
Rama Diallo
Lefaso.net








