Hivernage : Quand nos engins refusent de coopérer après une pluie
Imagine générée par l’IA
L’hivernage est une bénédiction pour l’agriculture. Mais pour de nombreux usagers de la route, il est aussi la saison des mauvaises surprises. À Ouagadougou, après une bonne pluie, il n’est pas rare de voir des motos qui refusent de démarrer le matin, des véhicules immobilisés en pleine circulation, des batteries qui rendent l’âme ou encore des engins qui prennent l’eau après le passage dans une rue inondée.
Quand on ne dispose que d’une moto ou d’une voiture pour aller au service, faire ses courses ou assurer ses activités quotidiennes, une panne peut rapidement transformer une matinée ordinaire en véritable parcours du combattant. Le retard au travail, le rendez-vous qu’il faut reporter, la course urgente qui tombe à l’eau… et surtout, cette dépense imprévue qui vient s’ajouter aux nombreuses autres. C’est souvent à ce moment que le numéro du mécanicien devient l’un des plus importants du téléphone.
Ce matin, sur une grande artère de Ouagadougou, une scène assez familière a retenu notre attention. Un homme, les bras croisés, observait son garagiste penché sous le capot de sa Mercedes. Le véhicule venait visiblement de le lâcher en pleine circulation. À voir son visage, il y avait sans doute plus que de l’impatience. Peut-être l’inquiétude de savoir combien la réparation allait coûter, peut-être le retard qui commençait déjà à se faire sentir ou simplement la frustration de voir sa journée prendre une autre tournure.
Cette scène est loin d’être exceptionnelle. En cette période de pluies, elle se répète presque quotidiennement. Soit, c’est une moto qui s’éteint après avoir traversé une flaque d’eau, soit c’est une voiture qui refuse de redémarrer après avoir passé la nuit sous une forte pluie. Au pire des cas, c’est un conducteur qui se retrouve à pousser son engin sur le bord de la route, sous le regard compatissant des autres usagers.
Chacun a certainement déjà connu, à son échelle, ce genre de mésaventure. Et quand cela arrive au mauvais moment, la panne peut facilement gâcher toute une journée. Difficile de garder son sourire lorsqu’on doit appeler son supérieur pour annoncer qu’on sera en retard au service ou lorsqu’on commence déjà à imaginer la facture du mécanicien. Pour certains, la réparation peut même représenter une bonne partie du salaire.
Pour autant, faut-il y voir un acharnement du destin ? Certainement pas ! L’hivernage ne crée pas toujours les pannes. Il met simplement à nu les faiblesses de nos engins. Une batterie déjà fatiguée, des bougies usées, un problème électrique, des pneus en mauvais état que la chaussée fait patiner ou un moteur qui n’a pas bénéficié d’un entretien régulier peuvent difficilement résister aux fortes pluies et aux rues parfois transformées en mares.
La saison des pluies devrait donc aussi être une période de vigilance pour les usagers. Vérifier sa batterie, ses freins, ses pneus, son système électrique ou faire contrôler son moteur peut éviter bien des désagréments. Certes, l’entretien a un coût et tout le monde ne peut pas toujours faire face à toutes les dépenses. Mais prévenir une panne peut parfois coûter moins cher que de devoir réparer un engin immobilisé en pleine circulation.
En attendant, dans les quartiers (surtout périphériques), les scènes se ressemblent après chaque forte pluie : des motocyclistes qui poussent leurs engins, des automobilistes sous leurs capots et des « mécanos » sollicités de tous côtés. Et pendant que certains cherchent la panne, d’autres regardent leurs montres en se demandant comment ils vont expliquer leur retard au service.
Quoique la pluie, elle, finira bien par s’arrêter. Mais pour nos engins, mieux vaut ne pas attendre qu’ils nous lâchent au bord de la route pour se souvenir qu’eux aussi ont besoin d’un peu d’attention.
Farida Thiombiano
Lefaso.net

