Economie : Ce qu’il faut savoir sur la BCEAO, l’institution qui pilote la politique monétaire de l’UMOA
Le séminaire de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) à l’intention des journalistes économiques de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) a eu pour objectif de permettre une meilleure compréhension des rouages de la finance régionale. Dans cette dynamique, Sybille Adélaïde Hounsa, adjoint au directeur de la communication de la BCEAO, a exposé les missions et l’organisation de l’institution centrale, tout en rappelant les piliers qui soutiennent l’UMOA. L’évènement s’est tenu du 20 au 22 juillet 2026 à Dakar.
L’exposé de Sybille Adélaïde Hounsa, adjoint au directeur de la communication de la BCEAO, a offert aux journalistes venus des huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), une véritable immersion au cœur des institutions communautaires. Cette présentation leur a permis, entre autres, de mieux comprendre le rôle de la Banque centrale et la promotion de l’intégration économique.
Une banque centrale commune à huit États
D’entrée de jeu, l’intervenante rappelle que la BCEAO est un établissement public international créé le 12 mai 1962, dont le siège se trouve à Dakar, au Sénégal. Elle est l’Institut d’émission commun des aux huit États membres de l’UMOA que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Au-delà de son rôle de banque centrale classique, la BCEAO constitue l’un des piliers institutionnels de l’intégration ouest-africaine. Elle assure la gestion d’une monnaie commune, le franc CFA, utilisée par les plus de cent millions d’habitants de l’union.
La présentation met en lumière les cinq missions essentielles confiées à la BCEAO. D’abord, la définition et la mise en œuvre de la politique monétaire de l’UMOA ; ensuite, la veille à la stabilité du système bancaire et financier ; puis à l’assurance de la supervision, la sécurité et le bon fonctionnement des systèmes de paiement. À cela viennent s’ajouter la mise en œuvre de la politique de change arrêtée par le conseil des ministres ; et enfin la gestion des réserves officielles de change des États membres.
Pour Sybille Adélaïde Hounsa, ces missions traduisent une responsabilité centrale. Celle de préserver la confiance dans la monnaie et garantir la stabilité financière, conditions indispensables à la croissance économique et à l’investissement.
Une gouvernance structurée autour de plusieurs organes
Selon l’adjoint au directeur de la communication de la BCEAO, la Banque centrale dispose d’une architecture institutionnelle destinée à assurer la transparence et l’efficacité de ses décisions. Ses principaux organes sont, précise-t-elle, le gouverneur, le Comité de politique monétaire, le conseil d’administration, le comité d’audit, et les conseils nationaux du crédit.
Au siège, le gouvernement de la Banque centrale réunit le gouverneur, deux vice-gouverneurs, le secrétaire général, le contrôleur général, le directeur de cabinet du gouverneur, le conseiller spécial ainsi que plusieurs conseillers du gouverneur. Cette organisation permet d’articuler la définition de la politique monétaire, le contrôle interne et la prise en compte des réalités nationales.
Une nouvelle vision en faveur des populations
L’un des temps forts de l’exposé concerne la nouvelle vision stratégique de l’institution. La BCEAO ambitionne d’être « une Banque centrale innovante et résiliente, au service des populations et du développement durable des économies de l’union ». Cette orientation marque la volonté de la Banque centrale d’accompagner également les transformations économiques, l’innovation financière, l’inclusion financière et le développement durable.
« La BCEAO dispose d’une Agence auxiliaire active à Parakou et d’un projet d’implantation d’une nouvelle Agence auxiliaire à Kandi », Sybille Adélaïde Hounsa, adjoint au directeur de la communication de la BCEAO
Sybille Adélaïde Hounsa s’est aussi attardée sur la distinction souvent méconnue entre l’UMOA et l’UEMOA. Créée également le 12 mai 1962, l’UMOA repose sur la reconnaissance d’une même unité monétaire, le franc CFA. Elle comprend quatre organes, à savoir la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, le conseil des ministres, la Commission bancaire, et l’Autorité des marchés financiers. Ses institutions sont la BCEAO et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).
L’UEMOA, créée en 1994, conserve le socle monétaire de l’UMOA mais élargit le champ d’action à l’intégration économique, au développement, à l’harmonisation des politiques sectorielles et à la création d’un marché commun. « L’UMOA gère la monnaie ; l’UEMOA organise l’intégration économique », résume en substance la communication.
Un siège structuré autour de sept directions générales
Pour faire face à l’élargissement de ses missions, le siège de la BCEAO s’appuie sur sept directions générales. Ces dernières couvrent notamment les activités fiduciaires, l’économie et la monnaie, les opérations et l’innovation financière, le financement de l’économie, la stabilité et l’inclusion financières. Elles prennent aussi en compte la comptabilité et les systèmes d’information, l’administration et les ressources humaines, sans oublier le Centre ouest africain de formation et d’études bancaires (COFEB). Cette structuration traduit la diversification des métiers de la Banque centrale, de la gestion des billets à l’innovation financière, en passant par l’analyse économique.
La BCEAO dispose également d’un important dispositif territorial. Ses sites distants se composent de huit directions nationales, chacune dotée d’une agence principale et d’agences auxiliaires. La Guinée-Bissau ne dispose pas encore à ce jour d’agence auxiliaire. À ce réseau s’ajoutent le Secrétariat général de la Commission bancaire de l’UMOA à Abidjan, le Centre de traitement fiduciaire de Yamoussoukro, la représentation auprès des institutions européennes de coopération à Paris. Cette présence décentralisée permet à l’institution d’assurer la circulation fiduciaire, le suivi bancaire et la coordination avec les partenaires internationaux.
En clôturant sa présentation, Sybille Adélaïde Hounsa a insisté sur l’importance de la formation des journalistes économiques.
Dans un contexte marqué par la circulation rapide de l’information financière, la compréhension du fonctionnement de la BCEAO, de l’UMOA et de l’UEMOA apparaît essentielle pour produire une information fiable, pédagogique et accessible aux citoyens. Par ce séminaire de Dakar, la Banque centrale réaffirme ainsi sa volonté de renforcer le dialogue avec les médias et de promouvoir une culture économique plus solide au sein de l’espace UMOA.
Hamed Nanéma
Lefaso.net

