Burkina/Éducation : Le Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS) renforce les capacités de 75 enseignants sur l’équité des genres en milieu scolaire
Le Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS) a lancé, ce lundi 20 juillet 2026 au lycée municipal Vénégré à Ouagadougou, une session de renforcement des capacités sur le thème « L’équité des genres et l’égalité entre les sexes dans l’éducation et par l’éducation ». Prévue jusqu’au 22 juillet, cette formation réunit 75 enseignants venus de plusieurs régions du Burkina Faso. L’objectif est de promouvoir une école plus inclusive en dotant les acteurs de l’éducation d’outils leur permettant de mieux intégrer l’approche genre dans leurs pratiques pédagogiques.
Cette initiative intervient dans un contexte où les questions d’égalité entre les sexes occupent une place importante dans les politiques éducatives et de développement. Le SNESS rappelle que le Pacte pour l’avenir, adopté par l’Assemblée générale des nations unies, réaffirme que l’égalité des genres constitue une condition essentielle à la réalisation des objectifs de développement durable et à la construction de sociétés plus justes.
Selon le syndicat, malgré les progrès enregistrés, des inégalités et des comportements discriminatoires persistent aussi bien dans les familles que dans les établissements scolaires. Les violences basées sur le genre, les stéréotypes et certaines pratiques continuent d’affecter les parcours scolaires, en particulier ceux des filles. D’où la nécessité de renforcer les compétences des enseignants afin qu’ils puissent contribuer à créer un environnement d’apprentissage plus équitable.
Le secrétaire général national du SNESS, Souleymane Compaoré, a expliqué que cette formation répond à une évolution de la réalité dans les établissements scolaires, marquée par une présence de plus en plus importante des filles dans les salles de classe.
« L’initiative qui a prévalu à la mise en train de cette formation est liée au fait que dans le système éducatif, les filles sont très fortement représentées et quand vous avez l’occasion de jeter un coup d’œil dans une classe, quelle que soit la série, il y a une prédominance des filles en termes de nombre sur les garçons. Cela nécessite de prendre les mesures nécessaires et de doter les enseignants des capacités nécessaires pour une meilleure prise en charge de ces filles », a-t-il indiqué.
Pour lui, la formation permettra également d’outiller les participants sur les concepts de genre et d’égalité entre les sexes, tout en les amenant à mieux prévenir les violences basées sur le genre en milieu scolaire.
« Cette formation permettra de renforcer les connaissances des participants sur les concepts de genre et d’égalité des sexes, d’analyser les violences en milieu scolaire et d’identifier des solutions pour les prévenir, afin d’offrir aux filles les mêmes chances de réussite que les garçons », a-t-il ajouté.
Durant les trois jours de travaux, plusieurs modules seront développés, notamment sur les concepts de genre, d’égalité, d’équité et de sexe, la pédagogie sensible au genre, les violences basées sur le genre en milieu scolaire ainsi que les mécanismes de leur prévention. Les participants seront également amenés à réfléchir sur les pratiques pédagogiques permettant de prendre effectivement en compte les besoins différenciés des apprenants et des apprenantes.
Formatrice de cette session, Alimata Bikienga a indiqué que la pédagogie sensible au genre constitue le fil conducteur de l’ensemble des enseignements. Les travaux porteront d’abord sur la clarification des principaux concepts liés au genre, avant d’aborder les pratiques de classe favorisant une prise en compte effective de l’égalité entre les filles et les garçons. Les participants seront ensuite outillés sur les stratégies de prévention des difficultés et des violences susceptibles de compromettre cette approche dans les établissements scolaires.
Elle a salué une initiative qui, selon elle, répond à des réalités concrètes vécues dans les écoles. Elle a notamment évoqué la situation des adolescentes qui commencent à avoir leurs menstruations dès les premières années du secondaire. Pour la formatrice, les établissements doivent mettre en place des dispositions adaptées afin que ces jeunes filles ne soient pas pénalisées dans leur scolarité et puissent apprendre dans les mêmes conditions que leurs camarades garçons.
À travers cette session, le SNESS entend ainsi accompagner le ministère de l’Enseignement secondaire, de la formation professionnelle et technique dans sa mission d’amélioration de la qualité de l’éducation. Le syndicat espère que les connaissances acquises permettront aux enseignants de promouvoir, dans leurs établissements respectifs, une éducation plus inclusive, équitable et débarrassée des stéréotypes de genre, au bénéfice de tous les apprenants.
Samirah Bationo
Vidéo : Anita Zongo
Lefaso.net