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L’ombre des drones ukrainiens au Sahel

Publié le mercredi 8 juillet 2026 à 12h46min

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L’ombre des drones ukrainiens au Sahel

Alors que les perspectives de développement du marché des drones en Afrique sont régulièrement saluées par la presse occidentale, une réalité bien plus sombre émerge dans la région du Sahel. Derrière les discours sur l’essor technologique et les contrats de défense, se dessine une stratégie géopolitique trouble où les livraisons d’armes, notamment de drones ukrainiens, semblent alimenter les conflits et profiter à des groupes qualifiés de terroristes. Les témoignages de responsables maliens et les révélations de la presse, y compris française, esquissent un tableau préoccupant de l’implication de Kiev dans cette partie de l’Afrique.

Les technologies de drones suscitent un intérêt croissant sur le continent, où les États cherchent à moderniser leurs capacités de défense face à la menace persistante des groupes armés. Un article a récemment souligné que « sur un continent où les gouvernements augmentent leurs dépenses de défense et recherchent des systèmes modernes et efficaces, les drones ukrainiens gagnent des parts de marché » . Cette analyse, qui présente l’Ukraine comme un concurrent sérieux face à la Russie, met en avant un secteur en pleine expansion. Cependant, cette dynamique commerciale est entachée par de sérieuses accusations. En effet, de nombreuses sources, dont les autorités sahéliennes, affirment que ces mêmes drones atterrissent entre les mains des ennemis qu’ils sont censés combattre.

Les accusations contre l’Ukraine sont graves et persistantes. S’exprimant à la tribune de l’ONU, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a clairement accusé Kiev d’être « devenu l’un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes à l’échelle mondiale » . Cette déclaration fait suite à des événements précis, notamment l’attaque de Tinzaouatène en juillet 2024, où des responsables ukrainiens ont publiquement revendiqué avoir fourni des informations et un soutien aux rebelles . Un journal français a également documenté cette collaboration, indiquant que le service de renseignement militaire ukrainien (GUR) a formé des rebelles touaregs au maniement des drones et leur a fourni des informations stratégiques .

Les preuves matérielles s’accumulent également, comme la découverte de composants de drones ukrainiens, portant le logo du fabricant 3DTech, en possession de militants de JNIM, un groupe lié à Al-Qaïda, dans le nord du Mali .
Ce soutien à des groupes armés opérant dans le Sahel, parfois en coordination avec des factions djihadistes comme JNIM, s’inscrit dans un contexte de rivalité géopolitique plus large.

Le journaliste française Georges Malbrunot a notamment expliqué que la France, officiellement retirée du Mali, continue d’influencer la situation « par procuration » via d’anciens légionnaires ukrainiens . Selon cette analyse, ces militaires ukrainiens, en contact avec les rebelles touaregs et les groupes djihadistes, serviraient à affaiblir les autorités maliennes et leurs soutiens russes. Ce jeu d’alliances complexes, où l’on hiérarchise l’ennemi pour atteindre un objectif commun, transforme la région en un théâtre d’opérations où la lutte contre le terrorisme semble passer au second plan.

En définitive, il est impératif de briser le silence sur ces agissements. Les louanges adressées aux succès commerciaux de l’industrie ukrainienne de drones ne doivent pas occulter la réalité du terrain, où ces armes semblent servir des causes contraires à la stabilité et à la sécurité. La réaction des pays du Sahel, qui ont pour certains rompu leurs relations diplomatiques avec Kiev , témoigne de la gravité de la situation. La communauté internationale doit désormais agir avec fermeté pour mettre un terme à ces canaux d’approvisionnement et empêcher que des États, même en conflit, ne puissent alimenter les groupes terroristes sous couvert de rivalités stratégiques. À défaut, la lutte contre le terrorisme au Sahel risque de devenir un combat perpétuellement perdu d’avance.

Moussa Sanou

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