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Centre culturel des armées : Un film sur Daniel Ouezzin Coulibaly pour faire revivre l’illustre disparu

Publié le vendredi 3 juillet 2026 à 22h58min

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Centre culturel des armées : Un film sur Daniel Ouezzin Coulibaly pour faire revivre l’illustre disparu

Dans la nuit du mercredi 1 juillet 2026 a été projeté au Centre culturel des armées, un film qui retrace la vie d’un illustre homme. L’intitulé : Daniel Ouezzin Coulibaly, voix de l’Afrique. L’objectif est de faire revivre l’homme qui aura marqué l’histoire de la Haute Volta, devenue Burkina Faso ; lui dont le nom demeure si peu présent dans la mémoire collective. Rappelons que ce film réalisé par Bernard Yaméogo a remporté le prix du président du Faso au FESPACO 2025.

Premier chef du gouvernement de la Haute-Volta, artisan de la renaissance du territoire voltaïque, figure majeure du Rassemblement démocratique africain (RDA) et défenseur de l’unité africaine, Daniel Ouezzin Coulibaly occupe une place fondamentale dans l’histoire du Burkina Faso et celle de l’Afrique.

Né en 1909 à Pouy, Daniel Ouezzin Coulibaly suit une formation à la prestigieuse école William Ponty, avant d’embrasser la carrière d’enseignant à Bobo Dioulasso. Très tôt, il comprend que l’émancipation des peuples africains passe autant par l’éducation que par l’engagement politique.

Daniel Ouezzin Coulibaly voulait faire de l’éducation, un levier de développement pour la Haute Volta

Aux côtés de Félix Houphouët-Boigny et d’autres figures du Rassemblement démocratique africain (RDA), il devient l’un des principaux animateurs de la lutte contre le système colonial français. Député puis sénateur au parlement français, il porte la voix des populations africaines dans les institutions de la métropole.
Son combat : plaider pour davantage de justice, de représentation politique et d’autonomie des peuples africains. C’est aussi lui qui a présidé aux destinées du premier Conseil de gouvernement, le 17 mai 1957, lorsque la Haute-Volta a retrouvé son autonomie politique, devenant ainsi le premier chef du gouvernement de l’histoire du pays.

Une agriculture développée et l’accès à l’eau potable étaient aussi ces combats

Son programme politique est ambitieux. Il fait de l’accès à l’eau, de l’éducation, de la santé, du développement rural et de la cohésion nationale les priorités de son gouvernement. Convaincu que la construction d’une nation exige la solidarité entre ses citoyens, il appelle les Voltaïques à prendre leur destin en main.

Mais le destin en décide autrement. Le 7 septembre 1958, Daniel Ouezzin Coulibaly meurt à Paris, quelques mois seulement avant que la Haute-Volta n’entre dans la dernière étape menant à l’indépendance. Cette disparition prématurée l’empêche de participer à la naissance officielle du nouvel État, le Burkina Faso, en 1960.

En image, les cinéphiles présents pour suivre ce film sur le premier président de la Haute Volta

Au-delà de l’hommage rendu à l’homme ce mercredi 1er juillet 2026, cette redécouverte invite à revisiter les premières pages de l’histoire politique de la Haute Volta, devenu Burkina Faso. Elle permet aussi de reconnaître la contribution de ceux qui ont préparé l’indépendance avant même sa proclamation.

"Beaucoup de référents en repères mémoriels sont oubliés. C’était l’occasion de réhabiliter l’un d’eux en lui donnant de l’espace, au regard de son parcours historique, lequel a servi comme fondement de la nation burkinabè. Il a donné de son intelligence et de sa vie, pour que nous puissions être ce que nous sommes aujourd’hui" a révélé le réalisateur, Bernard Yaméogo.

"Le premier fils de Daniel Ouezzin Coulibaly vit en Côte d’Ivoire. Il a 94 ans", selon le réalisateur

Selon ses dires, beaucoup attribuaient à l’illustre, la nationalité ivoirienne. "Ce film a donc été réalisé pour les Burkinabè, afin qu’ils sachent que Daniel Ouezzin Coulibaly est né ici, qu’il a grandi ici, a travaillé ici. Il a été séparé de nous, est allé en Côte d’Ivoire, mais est revenu dans son pays pour le libérer. C’est lui qui a lancé le premier programme pour développer notre pays" a-t-il ajouté.

Pour le directeur du centre culturel des armées, colonel Evariste Somé, ce film vaut son pesant d’or et mérite d’être projeté partout car dit-il : "il nous révèle qui est l’homme. Les témoignages que nous avons eus avec le réalisateur qui a assisté à la projection, nous convainquent qu’il fallait présenter ce film car des institutions comme le camp de Bobo Dioulasso, deuxième plus grand camp de notre pays, porte son nom".

"Il est important de faire revivre les hommes qui se sont battus pour notre pays", colonel Evariste Somé

Toutefois, regrette-t-il : " beaucoup de militaires ne savent pas qui est l’homme. Aujourd’hui, nous avons compris pourquoi Daniel Ouezzin Coulibaly mérite d’être cité, magnifié, parce que c’est un héros. Il est de la trempe de ceux qui font partie de la constitution de la Haute Volta, ceux qui l’ont porté sur ses fonts baptismaux, pour qu’il devienne Burkina Faso."

"J’ai beaucoup appris de ce film sur Daniel Ouezzin Coulibaly. C’est un homme persévérant, intègre, qui croyait en ces rêves. La jeunesse peut s’inspirer de lui en repartant à ses racines, parce qu’il a eu établir un programme qui a inspiré et qui continue d’inspirer" a lancé comme appel, Charifatou Ilboudo, étudiante en sciences politiques.

"Ceux qui n’ont pas encore suivi ce film devraient le suivre", Charifatou Ilboudo

Pour Christian Ilboudo, Daniel Ouezzin Coulibaly était un libérateur. " C’est un grand homme, qui n’avait rien à voir avec le colon, qui voulait vraiment le développement de son pays, qui a tout donné. Mais comme on le sait, tout le monde ne peut être d’accord avec nous quand on a une idée. La mort l’a emporté tôt, mais il a légué son héritage à des hommes de confiance pour finir la mission" retient-il.

Même son de cloche pour Aboubacar Coulibaly, qui voit en l’illustre disparu, un patriote. " Son parcours politique révèle qu’il s’est battu pour son peuple, pour son pays... La jeunesse peut s’inspirer de son courage, son travail acharné, sa rage de réussir, pour son bien-être, mais aussi de celui du pays tout entier" a estimé le cinéphile.

La première pierre posée pour la construction du CHU-YO était sous Daniel Ouezzin Coulibaly. C’était en 1958

A la suite de Christian Ilboudo, il invite la jeunesse à s’approprier son patriotisme, surtout dans le contexte actuel, où beaucoup pensent à chercher des opportunités ailleurs, sans jamais revenir à la mère patrie, celle-là qui les a vus naître. Rester soudés, solidaires malgré l’adversité, sont les clés, selon les cinéphiles, pour construire le Burkina Faso. Rappelons que ce film a remporté le prix du président du Faso au FESPACO 2025.

Erwan Compaoré
Lefaso.net

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