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Burkina : La solution « Rẽesa » sacrée meilleure innovation de la 3e édition du hackathon IA du CITADEL

Publié le dimanche 28 juin 2026 à 21h30min

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Burkina : La solution « Rẽesa » sacrée meilleure innovation de la 3e édition du hackathon IA du CITADEL

Le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) a tenu le pari de la troisième édition de son École d’été en intelligence artificielle (IA) intitulée « la CITADEL Summer School 2026, CITA’SC IA ». Cette édition a, du 22 au 26 juin 2026 à Ziniaré, regroupé 30 étudiants et doctorants venus de divers horizons autour d’une formation sur les fondamentaux de cette technologie et d’un hackathon consacré à la résolution de défis locaux. La clôture de l’activité est intervenue le samedi 27 juin 2026 avec la présentation, devant un jury, des solutions mises en place par les participants, suivie de la distinction des meilleurs groupes.

Initiative stratégique portée par l’Université virtuelle du Burkina Faso (UVBF), le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) est, peut-on rappeler au passage, coordonné par des chercheurs burkinabè travaillant dans le domaine de l’Intelligence artificielle (IA). L’ambition est de former des compétences à même de permettre au Burkina, à l’Afrique de façon générale, d’être acteurs de la révolution numérique et non de la subir.

Le jury a salué le niveau général des participants et les a exhortés à maintenir le cap.

C’est cette volonté qui s’incarne également à travers la CITADEL Summer School 2026 (CITA’SC IA), une école d’été dédiée à l’IA, à l’innovation et à la souveraineté numérique. L’objectif de cette Summer School est donc d’outiller les participants et de les rendre capables de proposer une solution aux défis locaux. Pour cela, les participants ont d’abord été formés sur plusieurs modules. Ils ont ensuite été, à travers six groupes, mis en compétition pour développer une solution IA autour de la thématique : « Audiosémantique souverain : indexation et veille critique des messages vocaux en langue nationale : cas du mooré ».

Devant un jury composé d’avertis du domaine, présidé par le professeur titulaire de mathématiques, Francis Bassono, directeur de l’unité de formation et de la recherche en sciences exactes et appliquées (UFR/SEA) de l’université Joseph Ki-Zerbo, les groupes se sont donc succédé pour présenter et défendre leur solution. On note que tous les groupes ont fait le choix d’un nom à connotation locale (mooré) et mis en avant dans leur argumentaire et vision des éléments motivés par la quête de souveraineté nationale. « Kèlga », « Sukré », « Rẽesa », « Goomdé », « Sockré » ou « Tẽegré » sont les noms des solutions développées respectivement par les groupes I à VI.

Pr Francis Bassono (au premier plan) a présidé le jury, dont certains membres sont intervenus en ligne.

Les compétiteurs ont été jugés sur quatre catégories de critères. Il s’agit de la pertinence du projet (compréhension du problème, alignement avec un défi et cohérence besoin-solution), la qualité technique et la démonstration (méthodologie de travail technique, fiabilité des résultats et choix technologique), l’impact et l’utilité (clarté, viabilité) et, enfin, la qualité des livrables.

Au terme de l’épreuve, c’est le groupe III, avec sa solution « Rẽesa », qui a convaincu avec son expertise en la matière à cet hackathon (il s’arrache une moyenne de 16,01/20). Il est suivi du groupe VI (une moyenne de 15,7) avec sa solution « Tẽegré ». Le groupe II, avec sa solution « Sukré », une moyenne de 14,8, arrive en troisième place et forme ainsi le trio du palmarès de cette édition.

« Les participants ont bien travaillé pour pouvoir présenter quelque chose de substantiel Le classement était vraiment serré, mais il fallait forcément trancher. C’est dire qu’ils ont tous du mérite et nous exhortons ceux qui n’ont pas été retenus à prendre en compte les suggestions faites à leur égard par le jury. (…). Les solutions qu’ils ont développées sont très utiles pour la vie réelle ; ils ont travaillé sur la langue mooré, sa traduction, sa transcription, comment parvenir à détecter les fausses rumeurs, des propos de haine, etc. Ce sont donc des thèmes d’actualité qui méritent d’être abordés », a, à l’issue de la délibération, commenté le président du jury, Pr Francis Bassono.

L’ambiance a été studieuse durant toute l’activité.

Selon le porte-parole du groupe classé premier, Ariel Shadrac Ouédraogo, cette distinction est certes la reconnaissance d’un mérite, mais surtout une invite à aller loin avec la solution. « La solution, c’est ‘’Rẽesa’’, c’est-à-dire prendre la parole. Étant donné que c’est une solution qui s’articule autour de la parole et de la traduction, nous avons vraiment essayé de mettre l’accent sur un programme qui permet de récupérer les informations en langue locale pour pouvoir les transmettre à l’utilisateur. Cette solution va permettre de pouvoir utiliser facilement la technologie dans les langues locales, de détecter de fausses informations et aussi de permettre aux gens de pouvoir communiquer facilement et de retrouver des messages qui étaient perdus », a-t-il résumé, estimant par ailleurs que l’initiative permet de briser les barrières et de développer une collaboration interdisciplinaire au service de la nation.

Le groupe III, classé 1er, recevant son prix, doté également de la somme de 250 000 FCFA

Au regard de l’enjeu, le groupe envisage de maintenir la solution, de l’ouvrir et de la rendre accessible à tous ceux qui veulent y participer. Il entend aussi travailler à la développer pour qu’elle soit décentralisée, facile à utiliser et prête à servir la nation, confie Ariel Shadrac Ouédraogo, plaidant ainsi auprès du CITADEL, du gouvernement et d’éventuels particuliers pour un accompagnement dans ce sens.

Au terme de cette 3ᵉ édition de CITADEL Summer School, l’enseignant-chercheur à l’Université virtuelle, Rodrigue Kafando, chargé de recherche au CITADEL, a exprimé sa pleine satisfaction, soutenant que l’initiative a atteint les objectifs escomptés, dont celui de susciter l’envie de création et d’apprentissage chez les participants. « Depuis le lundi, les participants ont, dans un premier temps, travaillé sur les aspects fondamentaux, allant des fondamentaux de l’IA, du Machine Learning à tout ce qui est technologie de traitement de langage naturel, c’est-à-dire la compréhension du langage entre la machine et l’être humain. Et également, comment ils peuvent construire des outils, des solutions IA de bout en bout, partant de la collecte des données, de l’entraînement des modèles ou de la customisation des modèles qui existent déjà pour répondre à un besoin qui soit bien précis. C’est à partir de vendredi que nous leur avons soumis ce sujet, qui n’est rien d’autre qu’un constat d’actualité. À titre illustratif, on a tous, au moins un contact dans notre WhatsApp qui n’envoie que des messages vocaux en langue nationale. La difficulté, c’est que dans deux, trois mois, si vous avez besoin de faire remonter un message que ce contact vous a envoyé, c’est très difficile. Ça veut dire que, théoriquement, vous devez vous asseoir, lire ces messages un à un, pour pouvoir trouver le message vocal correspondant. Ici, on est parti sur cette base pour demander aux participants de développer un outil, une IA, qui va tout simplement, à partir de mots-clés, ou bien de l’idée derrière le message (comme on fait actuellement les recherches sur les messages WhatsApp ou d’autres plateformes), pouvoir faire remonter en quelques secondes le message vocal recherché », a situé M. Kafando à la clôture de l’édition 2026.

Le chargé de recherche au CITADEL, Rodrigue Kafando, rappelle que l’initiative vise aussi à susciter l’innovation au sein des structures pour le bien-être de tous.

Au-delà, l’idée, c’est de pouvoir trouver des solutions aux faux contenus, deepfakes qui circulent sur les plateformes dans les langues locales. Pour cet hackathon, c’est le mooré qui a été retenu. « On commence par le mooré, parce que tout simplement on avait déjà quelques éléments de base sur lesquels les participants ont pu travailler », explique l’enseignant-chercheur, Rodrigue Kafando.

L’initiative a donc permis de prendre des étudiants pour travailler sur des problématiques très bien précises et ancrées sur les réalités. Des problèmes identifiés avec des acteurs locaux, des institutions dans différents domaines tels que la santé, l’éducation, etc. « On a été aussi épaté par la capacité d’imagination des participants. Certains ont même proposé des outils qui sont allés d’autres formes d’imagination, peut-être même que nous, en concevant le sujet, on n’avait pas forcement tous ces éléments. Tout cela nous renforce que les acquis de cet hackathon vont servir pour développer, approfondir les outils et constituer aussi la banque de solutions IA déjà opérationnelles au Centre », apprécie le chargé de recherche au CITADEL, Rodrigue Kafando.

Les 2è et 3è ont reçu les sommes de 150 000 FCFA et 100 000 FCFA.

O.L.
Lefaso.net

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