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Burkina/Éducation : L’INSS ouvre le débat sur les mutations d’un secteur en pleine transformation

Publié le jeudi 11 juin 2026 à 23h05min

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Burkina/Éducation : L’INSS ouvre le débat sur les mutations d’un secteur en pleine transformation

Comment adapter l’école burkinabè aux profondes transformations qu’elle connaît aujourd’hui ? C’est autour de cette interrogation que l’Institut des sciences des sociétés (INSS) a tenu, ce jeudi 11 juin 2026 à Ouagadougou, son premier séminaire scientifique de l’année. Placée sous le thème « Mutations actuelles dans le secteur de l’éducation au Burkina Faso », la rencontre a réuni chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants et acteurs du système éducatif pour une réflexion scientifique sur les défis et les perspectives d’un secteur confronté à de multiples bouleversements.

Coorganisé par le Département de socio-économie et anthropologie du développement (DSEAD) et le Département sciences de l’éducation (DSE), le séminaire a été marqué par la présence de plusieurs responsables de l’institut, notamment Dr Hamidou Tamboura, chef du Département socio-économie et anthropologie du développement, Dr Thomas Yaméogo, chef du Service information scientifique, technique et de la communication (SISTC) de l’INSS, ainsi que Dr Alimata Sawadogo, représentante du Département sciences de l’éducation.

L’ouverture officielle des travaux a été marquée par le discours de la directrice de l’INSS, Dr Awa Carole Bambara/Congo, représentée par Dr Thomas Yaméogo. Dans son message, la directrice a rappelé toute l’importance de l’éducation dans la construction de la nation. « L’éducation ne se limite pas à la transmission des savoirs. Elle constitue le socle sur lequel se bâtissent les consciences, se forgent les valeurs citoyennes et se prépare l’avenir d’un peuple », a-t-elle souligné. Pour la première responsable de l’INSS, la problématique choisie est particulièrement pertinente dans un contexte où le système éducatif burkinabè traverse une période de profondes mutations. Elle a évoqué les conséquences de la crise sécuritaire qui secoue le pays depuis plusieurs années et qui a fortement impacté le secteur éducatif.

Dr Thomas Yaméogo, Service information scientifique, technique et de la communication (SISTC), a représenté Dr Awa Carole Bambara/Congo, directrice de l’INSS, à l’ouverture des travaux du séminaire

Fermetures d’établissements scolaires, perturbation des enseignements, déplacements forcés de populations et augmentation du nombre d’élèves déplacés internes constituent autant de défis auxquels l’école burkinabè doit faire face. À ces difficultés s’ajoutent des contraintes structurelles déjà existantes qui compliquent davantage la situation.

Face à ces réalités, Dr Awa Carole Bambara/Congo a appelé la communauté scientifique à jouer pleinement son rôle en produisant des analyses et des connaissances susceptibles d’éclairer les décisions publiques. « Il ne s’agit pas seulement de constater les difficultés, mais surtout de réfléchir ensemble aux voies et moyens permettant une adaptation plus efficace et une transformation positive de notre système éducatif », a-t-elle indiqué. Selon elle, les réponses aux défis éducatifs actuels ne peuvent être envisagées sans une approche multidisciplinaire. Les regards croisés des chercheurs issus de différents domaines doivent permettre d’enrichir les analyses et de proposer des solutions innovantes, adaptées aux réalités du terrain.

Après cette ouverture, les participants ont suivi trois communications scientifiques abordant chacune un aspect majeur des transformations en cours dans le système éducatif burkinabè. La première communication, présentée par Dr Segda Ablassé, a porté sur « La réforme de l’éducation au Burkina Faso : pourquoi et comment ? ». Le communicateur a analysé les fondements des différentes réformes entreprises dans le secteur éducatif ainsi que les raisons qui justifient leur mise en œuvre. Son exposé a permis aux participants de mieux comprendre les enjeux liés à l’adaptation du système éducatif aux besoins actuels du pays et aux exigences de développement. La deuxième communication, animée par Dr Rasmata Samandoulougou épouse Kaboré, s’est intéressée à la question de la déscolarisation massive en contexte de crise sécuritaire au Burkina Faso. À travers une analyse du coût des opportunités économiques perdues, la chercheure a mis en lumière les conséquences à long terme de l’abandon scolaire sur les enfants, les familles et l’économie nationale. Son intervention a également exploré les mécanismes de résilience susceptibles de limiter les effets de cette situation et de favoriser le maintien des enfants dans le système éducatif malgré les difficultés. La troisième communication a été présentée par le doctorant Karim Dondebzanga. Elle portait sur les mutations de la gouvernance scolaire en contexte de crise sécuritaire, à partir d’une étude menée dans la province du Namentenga. Les chercheurs ont analysé les stratégies développées par les chefs d’établissements primaires évoluant dans des zones à forts défis sécuritaires. Leurs travaux ont mis en évidence les formes de leadership et les mécanismes d’adaptation mis en œuvre pour assurer la continuité de l’éducation malgré un environnement particulièrement complexe.

Dr Hamidou Tamboura, chef du Département socio-économie et anthropologie du développement

Les différentes communications ont donné lieu à des échanges nourris entre participants en présentiel et en ligne. Les débats ont permis de mettre en évidence la nécessité de renforcer la résilience du système éducatif burkinabè, tout en tenant compte des réalités sociales, économiques et sécuritaires qui influencent son fonctionnement.

Au terme des travaux, la cérémonie de clôture a été présidée par Dr Alimata Sawadogo, représentant le département Sciences de l’éducation. Dans son allocution, elle a salué la qualité des réflexions menées tout au long de la journée. « Nos échanges ont permis d’explorer, avec profondeur et lucidité, les défis multiples auxquels notre système éducatif est confronté, mais aussi les opportunités et les pistes d’amélioration qui s’offrent à nous », a-t-elle déclaré.

Dr Alimata Sawadogo, représentant le Département sciences de l’Éducation, a clos le séminaire

Elle a souligné que les différentes communications ont démontré que les mutations du secteur éducatif ne peuvent être comprises ni traitées de manière isolée. Selon elle, les réponses à apporter doivent s’appuyer sur la recherche scientifique, l’innovation et une meilleure prise en compte des réalités du terrain. Au nom des départements organisateurs, Dr Alimata Sawadogo a exprimé sa reconnaissance aux communicateurs, modérateurs, participants et invités pour leur contribution à la réussite de la rencontre. Elle a également insisté sur la nécessité de poursuivre les réflexions engagées afin que les résultats de la recherche puissent contribuer davantage à l’amélioration des politiques éducatives.

En refermant les travaux, les organisateurs ont réaffirmé leur ambition de faire de ce type de rencontre un véritable cadre de dialogue scientifique au service du développement national. À travers ce premier séminaire scientifique de l’année, l’INSS entend ainsi contribuer à nourrir le débat public et à éclairer les décideurs sur les défis et les transformations qui façonnent aujourd’hui l’avenir de l’éducation au Burkina Faso.

Farida Thiombiano
Lefaso.net

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