Festival international de pétanque de Ouagadougou : « Il y a 13 pays africains qui seront présents, d’autres nous bousculent pour être invités » (Maxime Zongo, promoteur)
Du 23 au 28 juin prochain, le Burkina Faso sera la capitale de la pétanque africaine, avec le Festival international de pétanque de Ouagadougou (FIPO Une dizaine de pays africains sont attendus à Ouagadougou pour faire crépiter les boules. À quelques jours de ce grand rendez-vous, le promoteur Maxime Zongo, par ailleurs président du Club sportif de solidarité Naaba Wangsé, a accordé en exclusivité à Lefaso.net cette interview. Dans cet entretien, il nous parle des préparatifs de ce grand événement, les enjeux du FIPO pour le Burkina.
Lefaso.net : Le 23 juin prochain sera donné le coup d’envoi du FIPO 3ᵉ édition. À quelques semaines de l’événement, quel point pouvez-vous faire à nos lecteurs ?
Maxime Zongo : Effectivement le 23 juin prochain sera donné le coup d’envoi du 3ᵉ Festival de pétanque de Ouagadougou (FIPO). Actuellement nous sommes dans les courses et les démarches pour le bon déroulement de l’événement, nous avons rencontré des autorités, des personnalités, ces dernières nous ont assuré de leur soutien, nous pouvons dire que c’est satisfaisant.
Combien de pays sont attendus pour ce grand rendez-vous de la pétanque africaine ?
Il y a treize pays africains qui seront présents à ce grand rendez-vous de la pétanque ici à Ouagadougou, et il y a d’autres pays qui nous bousculent pour être invités. Et nous sommes en train de voir comment les inviter car il y a beaucoup de choses à préparer afin de les accueillir dans de bonnes conditions, c’est pour dire qu’en réalité ça pourrait dépasser les 13 pays.
Président de club que vous êtes, faites-nous la genèse de la création du FIPO ?
Ce que je peux dire sur la création du FIPO, ça fait trois ans de cela. Il est bien vrai que le Club sportif de solidarité a déjà organisé plein de compétitions à l’interne ici à Ouaga. Nous avons vu que c’était très intéressant, alors on s’est dit pourquoi ne pas élargir cela en invitant des pays étrangers ? Il y a eu un premier FIPO qui a regroupé tous les acteurs de la pétanque à l’échelon national, l’engouement était au rendez-vous, raison pour laquelle aujourd’hui nous sommes à la troisième édition.
Après deux éditions, quels seront les grands axes de ce troisième FIPO, en dehors de la compétition, qu’est-ce qu’il y aura ?
Le FIPO c’est bien vrai que l’activité phare, c’est la pétanque, mais nous allons créer des activités culturelles, artistiques et de loisirs autour de la pétanque. En un mot, une foire entourera tout au long du déroulement du FIPO, tout le monde en aura pour son compte, les personnes âgées, la jeunesse, les femmes, les enfants. Nous joindrons l’utile à l’agréable, avec des formations professionnelles à l’endroit des PDI des arrondissements 2 et 3. Au deuxième FIPO, ces PDI ont reçu des formations en maroquinerie, en pâtisserie, il y aura également des dons de sang pour venir en soutien au ministère de la Santé, et pour nos FDS.
Quelles sont vos attentes sur le plan organisationnel, et sur le plan des résultats des équipes burkinabè ?
Le Club sportif Naaba Wangsé est déjà une structure bien organisée, mais nous ne pouvons pas tout faire, l’événement est pour la ville de Ouagadougou, nous sollicitons toutes les compétences, au niveau des ministères de l’Action sociale, des Sports, de la Sécurité, etc. parce qu’il y va de l’image du Burkina. Il faut faire tomber les préjugés que des gens ont montés sur le Burkina. Nous voulons faire comprendre que le pays des hommes intègres est bel et bien vivable, et tu es libre d’aller là où tu veux en toute liberté et sécurité. Nous défendons une cause nationale, patriotique, et nous attendons le soutien de tout le monde.
Maintenant, quant aux résultats sportifs, mon souhait est que le grand trophée accompagné de la somme de deux millions de francs reste au Burkina, mais je n’en fais pas une fixation. C’est une équipe béninoise qui a remporté le FIPO passé. Cela démontre que le FIPO est bien réel, il appartiendra aux équipes burkinabè de se faire valoir, le mérite ne se quémande pas, il se gagne.
L’innovation pour ce 3ᵉ FIPO, c’est qu’il se déroulera dans un boulodrome que vous avez érigé. D’où vous est venue cette idée ?
Rien n’est impossible à celui qui croit. C’est bien vrai que je suis dans la pétanque depuis peu, le Club Naaba Wangsé aussi est jeune. Moi je suis joueur, j’ai fait le constat que le Burkina est dans la pétanque depuis longtemps, et quand les Étalons sortent pour les compétitions dans les pays maghrébins ou européens, ils voient des boulodromes, et chez nous il n’y en a pas. Je me suis dit qu’à ce niveau il faudra faire quelque chose. C’est ça qui m’a amené à lancer le chantier du boulodrome. J’ai tenu une réunion avec mon association, j’ai proposé le projet et j’ai dit : « Impossible n’est pas burkinabè. » Même si c’est dans un ou deux ans, on va se battre pour ce premier boulodrome ici au Burkina. Nous étions loin d’imaginer que ce serait le premier boulodrome dans la sous-région.
Comme notre club est un club de solidarité, on s’est serré les coudes, et on a pu concrétiser ce projet qui aura coûté environ une quarantaine de millions de francs. Ce boulodrome qui est là est un joyau et une fierté nationale. Vu l’engagement du camarade président, le capitaine Ibrahim Traoré, qui invite tout un chacun à apporter sa pierre à la construction de la patrie, c’est tout cela qui nous a encouragés à faire ce boulodrome, qui est aujourd’hui une fierté nationale. Depuis l’érection du boulodrome, la physionomie de l’hippodrome a changé, chaque soir des gens pas seulement du club, mais d’un peu partout viennent suivre les jeux de pétanque et faire des échanges, et cela me réjouit énormément.
Pour la compétition proprement dite, il y aura combien de sortes de jeux ?
Au regard de la nomination festival international de pétanque, il y aura tous les ateliers possibles dans la pétanque, dès les premiers jours du tournoi, nous avons la doublette qui se tiendra pendant deux jours. Nous avons tenu à faire cela parce que c’est une spécialité que les gens aiment et les vainqueurs auront 200 000 francs. Le troisième jour, c’est le tête-à-tête, où le joueur se défend seul, là également le prix du vainqueur est à 200 000 francs. Le quatrième jour, il y a l’épreuve du tir de précision. Parmi tous les joueurs, l’on saura qui est le meilleur tireur.
Nous avons fixé le prix du meilleur tireur à 250 000 francs. Le 5ᵉ jour, samedi 27 juin, et le 6ᵉ jour, dimanche 28 juin, la grande finale, ça sera l’open de pétanque avec l’épreuve reine de la triplette, où les meilleurs boulistes des pays participants vont rivaliser pour aller chercher le grand trophée accompagné d’une enveloppe de deux millions de francs. Naturellement tout le monde ne peut pas accéder à la finale, mais les équipes qui seront éliminées dès les premiers instants sont reversées dans l’épreuve de la Consolante qui fait 250 000 francs. Il faut noter qu’en dehors des prix des vainqueurs, il y a des récompenses intermédiaires dans toutes les spécialités de jeux.
Vous allez accueillir du beau monde d’horizons divers, quelles sont les conditions de participation ?
Pour la participation aux jeux, il y a des conditions édictées sur une fiche, que ce soit pour les doublettes, les triplettes, chaque pays peut inscrire jusqu’à six équipes. Pour le séjour de nos hôtes, nous avons préparé un lieu d’hébergement, la restauration pour les étrangers qui vont venir, pour qu’ils soient dans les meilleures conditions d’accueil possible, afin qu’ils sachent que le Burkina est une terre d’accueil, d’hospitalité.
Organiser un tel événement nécessite de la logistique, des techniciens pour superviser les jeux, la restauration de vos hôtes. À combien peut-on estimer le budget prévisionnel ?
Le budget prévisionnel tourne autour d’une soixantaine de millions. Au vu du nombre de pays attendus, cela nécessite beaucoup de choses. Cela nécessite un investissement colossal, c’est même pour dire que l’estimation mentionnée ci-dessus n’est qu’un minimum, sinon ça pourrait dépasser largement ce montant. Organiser un tel événement, ce n’est pas facile, voilà pourquoi nous avons besoin des partenaires, des mécènes et des sponsors, car après tout c’est le Burkina qui gagne.
Au soir du 28 juin, votre grande satisfaction sera laquelle ?
Au soir du 28 juin, ma plus grande satisfaction est que tout se déroule bien dans le fair-play. Nous souhaitons que nos autorités soient à nos côtés. Là, les étrangers sauront qu’elles sont regardantes sur ce qui se passe et apprécieront l’initiative que nous avons eue.
Un dernier mot pour clôturer cette interview, un appel à lancer ?
D’abord merci à votre organe pour cette interview. Ce que j’ai à dire, en réalité le FIPO est un acte patriotique, c’est pour vendre l’image du pays. C’est un lieu de rassemblement, pour susciter la fraternité, la solidarité, la cohésion sociale entre Burkinabè et avec les autres peuples. Nous recherchons à créer une chaîne de solidarité à l’endroit de nos PDI, nos FDS et les Volontaires pour la défense de la patrie. Je demande à ce que nos autorités aient un regard particulier sur le FIPO. Nous souhaitons qu’il soit inscrit dans le calendrier social, culturel et sportif du pays. Le FIPO n’est pas personnel, notre rêve est qu’il soit inscrit dans l’agenda de l’État, afin de le perpétuer pour les futures générations.
Interview réalisée par Barthélemy Kaboré
(Collaborateur)

