Transport urbain au Burkina : Un plan stratégique de développement pour refonder durablement la SOTRACO
Ce mardi 2 juin 2026, se tient à Ouagadougou un atelier de validation et de restitution du Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 de la Société de transport en commun (SOTRACO). Ces documents stratégiques, élaborés selon une démarche participative et inclusive, servent de véritable boussole pour les cinq prochaines années. Selon le ministre de l’administration territoriale et de la mobilité, Émile Zerbo, représenté par son secrétaire général, Saïdou Sankara, ces nouveaux outils portent l’ambition de refonder durablement la gouvernance, les performances opérationnelles, la viabilité financière et la qualité de service de la Société de transport en commun (SOTRACO).
La SOTRACO a muté en société d’État. Bien plus qu’un changement de statut juridique, cette évolution marque une volonté politique forte de repositionner durablement le transport public au cœur des priorités nationales. « Cette ambition s’est traduite par des actes concrets et historiques. Une recapitalisation exceptionnelle de 5 milliards de francs CFA, une acquisition de 530 bus de dernière génération, destinés à renforcer significativement les capacités opérationnelles de la société », a laissé entendre le ministre en charge de la mobilité, Emile Zerbo, par la voix de son secrétaire général, Saïdou Sankara.
Toutefois, souligne-t-il : « L’acquisition de 530 bus, aussi importante soit-elle, ne saurait occulter les défis structurels auxquels la SOTRACO demeure confrontée. » En effet, le modèle économique de l’entreprise reste fragile et durablement déficitaire, tandis que les insuffisances observées dans la gestion de la maintenance ont longtemps compromis l’efficacité et la pérennité des investissements consentis. « Nous devons donc, collectivement, tirer les leçons du passé », se convainc le ministre Émile Zerbo.
En tenant cet atelier de validation et de restitution du Plan stratégique de développement (PSD) 2026-2030 de la SOTRACO, les acteurs veulent se doter d’une boussole fiable pour les cinq prochaines années. « L’atelier constitue donc une étape essentielle dans ce processus de transformation. Il offre un cadre technique d’analyse critique et d’enrichissement collectif des différents documents stratégiques élaborés », entend-t-on du discours du ministre d’État, de l’administration territoriale et de la mobilité.
Selon le directeur général de la SOTRACO, Drissa Sawadogo, les défis de l’institution sont énormes. Le premier est celui de la restructuration. Le deuxième, celui du développement même de la société. Un troisième est de lui donner une dimension nationale. « Actuellement, nous sommes en train de nous étendre sur plus d’une dizaine de villes et ce déploiement va continuer », a informé M. Sawadogo, soulignant que l’objectif principal est de permettre aux populations de se déplacer sereinement, et de s’assurer que la SOTRACO soit une institution de référence.
Rappelons que le nouveau plan prend en considération les difficultés de la mobilisation des ressources pour le fonctionnement ; les difficultés liées à la maintenance ; les difficultés liées à l’utilisation des nouvelles technologies pour performer, c’est à dire optimiser la gestion du parc de la SOTRACO. « Au niveau des ressources humaines, on prévoit aussi une gestion plus prévisionnelle en s’assurant d’avoir un capital humain motivé, engagé et compétent. C’est à la lumière de ce diagnostic qu’on a pu définir ces différents axes », a résumé Romuald Ilboudo, directeur général de Yons Associates, cabinet qui a travaillé pour l’élaboration du PSV.
Erwan Compaoré
Lefaso.net


