Humour : Avec « Goumin Pro Max », Moussa Petit Sergent a transformé les peines de cœur en éclats de rire
La salle de conférences de Ouaga 2000 a refusé du monde le dimanche 31 mai 2026 à l’occasion du 8ᵉ one-man-show de Moussa Petit Sergent. Baptisé « Goumin Pro Max ». Le spectacle a tenu toutes ses promesses en offrant au public une heure et demie de rire, de musique et de satire sociale. Dans une salle acquise à sa cause, l’humoriste burkinabè a revisité avec humour les déceptions amoureuses et les réalités du quotidien, confirmant une fois de plus sa place parmi les figures majeures de l’humour burkinabè.
Moussa Petit Sergent a réussi son pari. Quelques jours après avoir annoncé vouloir réunir les Burkinabè autour d’une grande « réunion de goumin », l’humoriste a fait salle comble à la salle de conférences de Ouaga 2000. Les nombreux spectateurs venus assister à son huitième one-man-show n’ont pas été déçus du voyage.
Dès son apparition sur scène, l’ambiance était donnée. Dans une entrée soigneusement préparée, l’artiste a été accueilli par des applaudissements nourris. Pendant une heure et demie, il a tenu son public en haleine à travers un spectacle construit autour du thème du « goumin », ce terme populaire qui désigne les peines de cœur, les déceptions sentimentales et, plus largement, toutes ces situations qui font souffrir mais que l’on finit parfois par raconter avec le sourire.
Fidèle à son style, Moussa Petit Sergent a puisé dans les réalités sociales pour bâtir son texte. Les relations amoureuses, les comportements du quotidien, les frustrations, les rêves et les contradictions de la société ont constitué la matière première de ce spectacle. Avec son sens de l’observation et sa capacité à transformer des situations ordinaires en moments hilarants, il a enchaîné les sketchs sous les éclats de rire du public.
L’une des particularités du récit de « Goumin Pro Max » réside dans l’utilisation de chansons d’artistes burkinabè comme fil conducteur de plusieurs tableaux humoristiques. En s’appuyant sur des morceaux connus du grand public, l’humoriste a réussi à créer une proximité immédiate avec les spectateurs tout en valorisant le patrimoine musical national. Cette immersion dans l’univers culturel burkinabè a été particulièrement appréciée par les amoureux de l’humour présents dans la salle. Le spectacle a également été marqué par plusieurs apparitions qui ont contribué à maintenir l’intensité de la soirée. Les humoristes Soum le Sapeur, Loukma et ILA ont rejoint Moussa Petit Sergent sur scène à différents moments du show. Chacun a apporté sa touche personnelle, offrant au public des registres humoristiques variés et complémentaires.
La surprise la plus marquante de la soirée a toutefois été l’entrée du rappeur Frère Malkom. Son apparition inattendue aux côtés de l’humoriste a suscité une vive réaction dans la salle. Entre musique et humour, cette collaboration a ajouté une dimension particulière au spectacle et renforcé l’ambiance festive qui a caractérisé toute la soirée.
Un spectacle salué par le public et les professionnels
Au-delà des rires, « Goumin Pro Max » a également convaincu plusieurs observateurs du monde culturel présents dans la salle. Le journaliste culturel, Marius Diessongo, n’a pas caché son appréciation à l’issue du spectacle. Selon lui, le one-man-show témoigne du savoir-faire acquis par Moussa Petit Sergent au fil de ses années de carrière. « Je trouvais que le spectacle était bien construit, bien écrit. Il y avait beaucoup de surprises », a-t-il confié. Le journaliste a particulièrement apprécié les choix artistiques opérés par l’humoriste, notamment la discrétion de l’orchestre qui permettait au public de se concentrer essentiellement sur la prestation du comédien. « J’ai aimé l’esprit où les musiciens, on ne les voyait pas. Donc, on se focalisait principalement sur l’artiste lui-même », a-t-il expliqué. Pour Marius Diessongo, le spectacle se distingue également par sa cohérence narrative.
« Depuis la genèse du goumin jusqu’à la chute, avec parfois des ouvertures pour parler d’autres thématiques, tout était renfermé dans le goumin. Je pense que c’est bien écrit », a-t-il souligné avant d’ajouter : « On va dire qu’il est dans le top 3 des meilleurs humoristes du Burkina. »
Parmi les fans de Moussa Petit sergent, l’enthousiasme était tout aussi perceptible. Spectatrice venue assister au spectacle, Prisca Ouattara est repartie conquise. « Franchement, j’ai suivi. J’ai aimé. J’ai adoré. C’était très intéressant », a-t-elle déclaré à la fin du show. Elle a notamment salué la présence de plusieurs humoristes sur scène ainsi que la place accordée à la culture burkinabè dans la construction du spectacle. « Il a fait participer plusieurs autres humoristes. C’était vraiment bien. Je pense aussi qu’il a fait la promotion des artistes burkinabè. Dans l’ensemble, j’ai passé un très bon moment », a-t-elle affirmé. Comme beaucoup de spectateurs, elle aurait souhaité prolonger l’expérience. « Il nous a laissés sur notre faim parce que c’est fini à un moment où on était toujours dans l’engouement », a-t-elle ajouté avec le sourire.
Parmi les invités de marque figurait également l’artiste Smarty. Visiblement impressionné par la prestation de son confrère, le rappeur a salué la qualité du spectacle et le professionnalisme de sa mise en scène. « C’est incroyable. C’est le mec qui nous surprend tous les jours. C’est un spectacle qui était carré. J’ai aimé le décor et tout. Je pense que je vais m’en inspirer pour mon prochain spectacle », a-t-il confié. Smarty a également rendu hommage au parcours de l’humoriste. « Moussa, on en apprend toujours de sa création. C’est un gars pour qui j’ai beaucoup de respect. Je pense qu’il a encore beaucoup à donner au Burkina », a-t-il estimé.
Au sortir du spectacle, Moussa Petit Sergent affichait naturellement sa satisfaction. Pour l’artiste, la forte mobilisation du public constitue déjà une première victoire. « C’est vraiment avec fierté et enthousiasme que j’ai vu que le public a répondu à l’appel. Pour tout artiste, quand on fait des propositions artistiques, voir que le public est réceptif, c’est déjà une satisfaction », a-t-il déclaré. Au-delà du succès populaire, l’humoriste dit avoir voulu délivrer un message simple : apprendre à relativiser les épreuves de la vie. « Derrière ce spectacle, c’est de dire que le chagrin d’amour, on peut aussi en rire. On peut rire de nos douleurs. Il ne faut pas dramatiser toutes les situations », a-t-il expliqué.
Sous une pluie d’applaudissements, « Goumin Pro Max » s’est achevé dans une ambiance chaleureuse, laissant derrière lui des spectateurs conquis.
Farida Thiombiano
Lefaso.net



