Burkina/Gouvernance minière : Le rapport ITIE 2025 en préparation pour renforcer la transparence dans le secteur extractif
Le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (SP-ITIE) a organisé, ce lundi 1er juin 2026 à Bobo-Dioulasso, un atelier de cadrage du Rapport ITIE 2025. Cette rencontre réunit ainsi les différentes parties prenantes du secteur extractif afin de définir les orientations techniques et méthodologiques devant guider l’élaboration du prochain rapport national sur la transparence des industries extractives.
Le secteur minier demeure l’un des piliers de l’économie burkinabè. Avec un sous-sol riche en ressources minérales, le Burkina Faso s’est imposé au fil des années comme un acteur majeur de la production minière en Afrique de l’Ouest. C’est dans cette dynamique que le pays a adhéré à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), convaincu qu’une gouvernance responsable des ressources naturelles constitue un levier essentiel pour lutter contre la corruption, renforcer la confiance entre les acteurs et améliorer les conditions de vie des populations.
Le secrétaire général du ministère de l’Énergie, des mines et des carrières, Doulaye Sanou, également vice-président du comité de pilotage de l’ITIE Burkina, n’a pas manqué de rappeler l’importance de cet engagement. « Le Burkina Faso est un pays à fort potentiel en ressources minérales. Depuis son adhésion au processus ITIE en 2008, notre pays a satisfait aux exigences de cette norme à travers la production de seize rapports », a-t-il indiqué.
Selon lui, l’élaboration du rapport ITIE constitue un exercice majeur de transparence, de production d’informations fiables et de dialogue entre les différentes parties prenantes du secteur extractif. A l’en croire, cet atelier de cadrage a pour objectif principal de déterminer les contours du futur rapport ITIE 2025. Il s’agit notamment d’identifier les flux financiers à prendre en compte, de définir le périmètre des données à collecter et de préciser les modalités de traitement des informations.
Il a indiqué que cette étape est déterminante pour garantir la qualité du rapport final. « Cet atelier consiste à déterminer le périmètre, les flux financiers et les conditions de collecte des informations afin d’aboutir à un rapport de qualité », a-t-il expliqué. L’une des innovations de cette édition réside dans la prise en compte des préoccupations des communautés riveraines des sociétés minières. Des échanges spécifiques sont prévus avec ces populations afin de mieux comprendre les difficultés qu’elles rencontrent dans leurs relations avec les entreprises extractives.
Les travaux de l’atelier, organisés sous forme de groupes thématiques et de séances plénières, permettront de produire une synthèse qui servira de base à la rédaction du rapport de cadrage. Ce document guidera ensuite l’élaboration du rapport ITIE 2025.
Un outil de contrôle et de redevabilité
Pour le secrétaire permanent de l’ITIE Burkina, Éric Zouré, le rapport ITIE constitue aujourd’hui un instrument incontournable de transparence dans le secteur extractif. « L’ITIE est la norme internationale en matière de transparence et de bonne gouvernance dans le secteur extractif », a-t-il rappelé. Le rapport permet notamment de recenser l’ensemble des paiements effectués par les sociétés minières à l’État. Ces données sont ensuite compilées et analysées afin de vérifier la concordance entre les montants dus et ceux effectivement versés. Lorsque des écarts ou des insuffisances sont constatés, les entreprises concernées sont invitées à procéder aux corrections nécessaires.
Au-delà des recettes fiscales, le rapport couvre également les contributions des sociétés minières en matière environnementale, sociale ainsi que les paiements effectués aux sociétés d’État. « Le rapport ITIE nous permet d’avoir une visibilité claire sur ce que les sociétés minières versent à l’État », a souligné Éric Zouré.
L’un des principes fondamentaux de l’ITIE repose sur la diffusion large des informations collectées. L’objectif est de permettre aux citoyens de mieux comprendre la contribution réelle du secteur extractif à l’économie nationale. Pour Éric Zouré, cette exigence répond également à une disposition constitutionnelle selon laquelle les ressources naturelles appartiennent au peuple burkinabè. « Il est important que chaque citoyen puisse connaître la contribution réelle des sociétés minières à l’économie du Burkina Faso », a-t-il insisté.
Cette démarche vise ainsi à renforcer la confiance entre l’État, les entreprises minières et les populations, tout en favorisant une meilleure gouvernance des ressources naturelles.
Des attentes fortes pour le rapport 2025
À l’issue de cet atelier, les responsables de l’ITIE Burkina Faso espèrent disposer d’un cadre méthodologique consensuel et rigoureux pour l’élaboration du rapport 2025. Les participants devront notamment contribuer à la collecte des données contextuelles et financières nécessaires, tout en intégrant les préoccupations exprimées par les communautés affectées par les activités minières. À travers cette nouvelle étape, le Burkina Faso réaffirme sa volonté de consolider les acquis enregistrés depuis son adhésion à l’ITIE et de promouvoir une gestion transparente, responsable et inclusive de ses ressources extractives.
Présidant la cérémonie d’ouverture des travaux au nom du gouverneur de la région du Guiriko, le secrétaire général de la région, Souleymane Nacanabo, a salué la tenue de cette activité dans la capitale économique du Burkina. Selon lui, cet atelier constitue une étape importante dans le processus d’élaboration du rapport ITIE 2025. « Si vous voulez être un pays respecté et respectable, il faut aussi travailler à rendre l’information nette, claire, vérifiable et à la disposition de tous les acteurs », a-t-il déclaré. Il a également encouragé les participants à fournir le meilleur d’eux-mêmes afin que le rapport final reflète la qualité du travail attendu en matière de transparence et de redevabilité.
Romuald Dofini
Lefaso.net



