Madagascar : L’albinisme toujours au cœur de crimes rituels
À Madagascar, les personnes atteintes d’albinisme continuent d’être la cible de croyances et de superstitions aux conséquences dramatiques, nous informe le média Midimadagasikara. Malgré les actions de sensibilisation et l’existence de structures d’accueil destinées à protéger les enfants albinos dans plusieurs districts du pays, les agressions et enlèvements persistent.
Ces crimes sont souvent liés à des pratiques rituelles fondées sur la croyance selon laquelle certaines parties du corps des personnes albinos favoriseraient l’enrichissement, assureraient la protection des activités criminelles ou faciliteraient la découverte de gisements miniers, notamment aurifères.
Cette situation préoccupe de plus en plus l’opinion publique ainsi que les associations de défense des personnes vivant avec l’albinisme. Depuis le début de l’année 2026, quatre enfants et adolescents albinos ont déjà été assassinés dans le pays, informe le média. Le cas d’un bébé de huit mois, enlevé il y a deux semaines à Betroka, demeure particulièrement inquiétant, l’enfant étant toujours introuvable.
Parmi les victimes figure également la petite Landricia, surnommée Cia par ses proches. Âgée de seulement 18 mois, elle a été enlevée à son domicile dans la commune d’Ankalika, à Toliara, avant d’être retrouvée morte et décapitée à Antsihanaka. Avant elle, un adolescent de 13 ans à Marovoay et un garçon de 11 ans à Mampikony avaient eux aussi été kidnappés puis retrouvés sans vie, dans des circonstances similaires.
Rappelons qu’en janvier 2024, précisément à la date du 21, Midimadagasikara insistait sur la nécessité de légiférer sur cette question d’ordre préoccupant, à l’instar du Ghana. "Ce pays a légiféré le vaudou, l’animisme, la sorcellerie et toutes les pratiques ésotériques et traditionnelles… Une prouesse immense. Cela a eu pour effet de baisser drastiquement les crimes rituels dans le pays", lit-on dans l’actualité du média, à la date sus-indiquée.
Toujours dans la même publication, le média rapportait que dans plus de 65 % des cas, des proches parents ou amis de la famille des victimes sont complices, voire des exécutants, selon les rapports judiciaires. "Après le Bénin et le Gabon, le Nigéria, une nation anglophone par ailleurs, est le troisième pays africain à subir ce fléau sanguinaire", précise Midimadagasikara.
"Le rapport de l’Ofpra et le roman inspiré de faits réels « Les rois sauvages » révèlent plusieurs points communs (entre les pays ci-dessus cités et Madagascar), mentionnant qu’au Gabon, « les périodes électorales, les remaniements ministériels ou tous mouvements politiques sont encore plus propices aux meurtres rituels ».
Erwan Compaoré
Lefaso.net
Source : Midimadagasikara

