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École burkinabè des affaires : Les étudiants murissent la réflexion sur les achats durables, en vue de mieux valoriser le contenu local

Publié le samedi 30 mai 2026 à 22h58min

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École burkinabè des affaires : Les étudiants murissent la réflexion sur les achats durables, en vue de mieux valoriser le contenu local

Les étudiants de la promotion 5 de master 2 de l’École burkinabè des affaires (EBA) ont organisé, dans la soirée de ce vendredi 29 mai 2026 à Ouagadougou, une grande conférence sur le thème : « Achats durables et valorisation du contenu local au Burkina Faso : quel modèle pour concilier performance de l’entreprise et employabilité des acteurs de la chaîne d’approvisionnement ? ». Plusieurs apprenants du domaine dans cette institution universitaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) se sont mobilisés pour la circonstance, et avec à leurs côtés, des professionnels, des formateurs, des décideurs et divers acteurs engagés dans ce paysage.

Pour édifier ces nombreux étudiants mobilisés en cette soirée autour de ce thème qualifié par les avertis de « futuriste », les organisateurs ont fait appel à des vétérans, rompus à la théorie et à la pratique du terrain. Il s’agit de Caleb Ouédraogo, vice-manager de Louda Group, et de Daouda Souleymane Kaboré, country supply chain manager de Corica Mining, le tout, sous la modération de Lydie Dina Haro, représentante-pays de Logis-T Africa. Pour parvenir aux résultats escomptés, les conférenciers ont déployé le thème à travers divers axes, allant de détails à des cas pratiques. Des moments de partage d’expériences tirées de longues années de pratiques de terrain, que les conférenciers ont bien voulu partager avec ces apprenants.

Ici, en conciliabule, le responsable pédagogique du Master supply chain, Adama Traoré (vêtu de blanc) et le responsable à l’organisation de la conférence, Arthur Somda.

« Le mot qui m’a beaucoup marqué dans la thématique, c’est le mot durable. En tant que professionnel du domaine, c’est vrai qu’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, les logiciels, chacun peut aller faire une recherche sur ce que c’est qu’un achat durable. Mais ce que vous recherchez en nous invitant en tant que professionnels, c’est plutôt adapter cela à la réalité du terrain. Et cela me rappelle un peu, lorsque nous avons fait nos études en logistique, on croyait savoir beaucoup ; mais quand on est allé sur le terrain et qu’on a commencé à travailler, on s’est rendu compte que ce qu’on a appris à l’école ne représente que 20% de ce qu’on voit sur le terrain. Et là, ça nous a fait redescendre de notre orgueil pour se dire que la vérité, c’est le terrain », a campé le communicant Daouda Souleymane Kaboré.

Selon le spécialiste, un « achat durable » est un achat qui prend en compte, en plus du prix et de la qualité, les impacts environnementaux, sociaux et économiques d’un produit ou service pendant tout son cycle de vie. « En guise d’exemples d’achats durables, on peut acheter des équipements économes en énergie, privilégier les fournisseurs qui respectent les normes environnementales et sociales, utiliser des matériaux recyclés et recyclables, favoriser les produits locaux pour réduire l’empreinte carbone et choisir des produits durables, même s’ils coûtent un peu plus cher. (…). Quand on prend certaines sociétés minières de la place, elles ont mis en place des départements de gestion d’émission de carbone. Ces départements travaillent à voir si les achats que font les entreprises contribuent positivement ou négativement en termes de réduction d’émission de carbone. Tout cela est pris en compte et il y a des indicateurs, des facteurs qui permettent de faire ces calculs. Si j’achète chez un fournisseur local, en quoi ce peut contribuer à réduire les émissions de carbone ? », étaye M. Kaboré, mettant dans la balance également des critères liés aux normes de santé-sécurité, de responsabilité sociale des entreprises.

Le communicant Caleb Ouédraogo, vice-manager de Louda Group, a, lui également, déroulé le sa partie autour de plusieurs axes, dont celui portant appui gouvernemental. Cela a fait en sorte que le contenu local soit un levier de performance pour les entreprises locales, de façon qu’elles puissent avoir la compétence et la compétitivité pour créer un capital financier, des champions locaux pour contribuer au développement socio-économique du pays par son employabilité, les différentes compétences que cela engendre et par le rendement de ces entreprises pour le pays.

De gauche vers la droite : Caleb Ouédraogo, Daouda Souleymane Kaboré et Lydie Dina Haro, pendant la conférence.

Un achat durable, qu’est-ce que c’est ?

S’attardant également sur l’expression de « achat durable », M. Ouédraogo a d’abord souligné qu’il y a plusieurs façons de le décrire, avant de préciser que pour ce qui est du Burkina, il s’agit de savoir à qui profite cet achat. « Quand on parle d’achat durable, on peut prendre plusieurs critères tels que les normes environnementales, les normes sociales, économiques, etc. Mais principalement, ce qui nous intéresse ici sur les achats durables, c’est la destination des fonds. En ce qui concerne le Burkina et le contenu local, un achat durable va s’articuler autour du grenier dans lequel la dépense part. Globalement, ce sera d’acheter de façon intelligente, pour que ça profite aux différents acteurs qui œuvrent dans le contenu local, en l’occurrence les entreprises locales. J’achète par exemple un bien en Chine, est-ce qu’il y a une fuite de devises ou bien la devise reste là et l’État peut prélever des taxes et impôts à la suite de mon achat ? Et aussi, est-ce que cet achat contribue, par extension, à préserver l’environnement, créer des emplois, etc. Donc, restant dans le thème du contenu local, de façon succincte, l’achat durable, c’est acheter de façon que ça profite aux différents acteurs du pays », a-t-il décortiqué.

Cette première partie, qui a consisté en l’exposé des communicants, a donné lieu à de nombreuses réactions de la part des participants, notamment des questions d’éclaircissement, des commentaires et des contributions au thème.

Former des ressources humaines hautement qualifiées

Pour le porte-parole des apprenants, Arthur Somda, organisateur en chef de la conférence, l’activité a, à tout point de vue, été un succès, de la mobilisation à la qualité des conférenciers et au regard des réactions suscitées par les communications.

« Cette activité se justifie par le fait que nous avons constaté qu’on n’arrive pas à promouvoir les achats locaux ici au Burkina. Aussi, de nombreuses personnes ne connaissent pas ce qui s’est que la ‘‘supply chain’’, l’achat et comment faire les achats ici au Burkina. Pourtant, nous avons de très grands fournisseurs ici, avec lesquels on peut vraiment traiter et faire du business. Raison pour laquelle, nous avons initié cette conférence afin que certains experts puissent communiquer avec les participants pour pouvoir partager les expériences, trouver des solutions pour davantage valoriser l’achat local au Burkina Faso », justifie M. Somda, exhortant donc les participants à s’approprier ce qui a été développé par les conférenciers, afin de mieux développer le secteur au Burkina. Ce, d’autant qu’il y a au Burkina, convainc-t-il, de l’expertise capable de promouvoir tout ce qui est local.

Responsable pédagogique du Master Supply chain et achats de l’École burkinabè des affaires (EBA), Adama Traoré, a rappelé que la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina a, à travers l’EBA, fait du renforcement des compétences et de l’excellence académique, le pilier majeur de sa politique de promotion du secteur privé national. L’institution offre donc, présente-t-il, une formation de qualité en matière d’achats, de management, de transport, de manutention et de tout ce qui a trait, de façon générale, à la logistique.

L’ambition demeure de mettre au service de l’économie burkinabè, des ressources humaines hautement qualifiées, capables de propulser la performance des entreprises locales sur l’échiquier national. « Cette conférence est purement pédagogique. Nous sommes dans la supply chain, dans les achats, la logistique. Alors, il faut que nous montrions à nos apprenants comment ils peuvent porter certaines thématiques, comment eux-mêmes peuvent aller à la recherche de ressources humaines, financières … », a, au sortir de la conférence, confié Adama Traoré, par ailleurs enseignant et formateur.

O.L.
Lefaso.net

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