Diaspora : l’opération « Diaspora Bonds » présentée à Montréal et Ottawa
Les 23 et 24 mai 2026, des rencontres d’information autour de l’opération Diaspora Bonds se sont tenues à Montréal et Ottawa. Portée par la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique du Burkina Faso, cette initiative qui se tient du 6 mai au 6 juin vise à renforcer la participation de la diaspora au développement national à travers un mécanisme d’épargne et de mobilisation de ressources financières.
Lancée officiellement le 6 mai 2026 au Burkina Faso sous l’appellation « Emprunt patriote », l’opération entend permettre aux Burkinabè vivant à l’étranger de contribuer au financement de projets de développement tout en bénéficiant d’un placement financier sécurisé. L’objectif affiché est de mobiliser 125 milliards de francs CFA afin de financer plusieurs projets structurants de l’État, notamment la création d’une zone franche industrielle dédiée à la promotion de l’agro-industrie, la construction de la centrale hydroélectrique Bagré-Aval, la mise en place de cinq unités industrielles de traitement et de valorisation des déchets solides urbains, l’opérationnalisation d’un complexe industriel de production d’engrais à Kodjari ainsi que la construction de l’autoroute Ouagadougou–Bobo-Dioulasso.
Durant ces séances d’échanges, la délégation composée de l’ambassadrice du Burkina Faso au Canada, Mme Nandy Somé/Diallo, du directeur de la Dette publique à la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, M. Boukaré Zouanga, du délégué du Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur au Canada, M. Ismaël Aziz Daboné, ainsi que de Maranatha Ouedraogo, directrice négociation à la SBIF, et de Mariétou Boyarm, responsable clientèle à Vista Bank, a présenté les objectifs, les modalités de souscription ainsi que les retombées attendues de cette opération.
Les participants ont notamment été informés du fonctionnement des obligations proposées dans le cadre de cet emprunt. Deux options de souscription sont offertes : une obligation d’une durée de cinq ans avec un taux d’intérêt de 6,75 % et une autre de sept ans avec un taux de 6,85 %. Le paiement des intérêts est effectué de manière semestrielle.
Les représentants ont également insisté sur la volonté de rendre cette opération accessible au plus grand nombre. Ainsi, les personnes disposant déjà d’un compte bancaire au Burkina Faso peuvent souscrire à partir de 10 000 francs CFA, correspondant à une obligation, tandis que le seuil minimal est fixé à 50 000 francs CFA pour les autres investisseurs.
Selon Maranatha Ouedraogo, plusieurs éléments rendent cette formule particulièrement avantageuse pour la diaspora. Elle souligne notamment « un rendement attractif », « un placement sécurisé » ainsi que la possibilité de bénéficier de revenus réguliers. Elle rappelle également que cette initiative permet aux Burkinabè de l’étranger de participer concrètement au développement national tout en réalisant une épargne.
Les obligations peuvent par ailleurs être nanties, et l’ensemble du processus de souscription peut être effectué en ligne afin de faciliter l’accès aux membres de la diaspora. De son côté, Mariétou Boyarm a insisté sur la flexibilité du dispositif en précisant qu’il est possible de revendre les obligations au bout de deux ans auprès de Vista Bank. Elle estime également que les taux proposés sont particulièrement compétitifs comparativement à ceux généralement offerts par les banques.
Selon les initiateurs, le projet s’inscrit dans une volonté de valoriser le rôle stratégique de la diaspora dans l’économie nationale, particulièrement dans un contexte marqué par d’importants défis sécuritaires et économiques. Dans cette dynamique, Boukaré Zouanga a souligné que cette opération dépasse la seule logique d’emprunt financier, affirmant vouloir « mobiliser l’ensemble de nos forces pour bâtir ensemble une souveraineté économique ». Il a également rappelé que la diaspora joue déjà un rôle important dans l’économie nationale à travers les transferts financiers, le soutien aux familles et diverses formes de contribution. Avec les Diaspora Bonds, les autorités souhaitent toutefois « franchir une nouvelle étape », en permettant aux Burkinabè de l’étranger de participer directement au financement de projets structurants destinés à transformer durablement le pays.
Au-delà de la mobilisation financière, ces rencontres ont également permis d’ouvrir des discussions sur la place de la diaspora dans les politiques publiques et sur les moyens de renforcer les liens économiques entre le Burkina Faso et ses ressortissants établis à l’étranger. Avec ce programme, les autorités burkinabè espèrent mobiliser des ressources additionnelles auprès des communautés vivant hors du pays, dont les transferts financiers constituent déjà un soutien important pour de nombreuses familles et pour l’économie nationale.
À l’issue de la rencontre, l’ambassadrice du Burkina Faso au Canada ainsi que le délégué du Haut Conseil des Burkinabè de l’extérieur au Canada (HCBE) ont appelé à une forte mobilisation de la diaspora burkinabè au Canada, estimant que le succès de l’opération dépendra de l’adhésion du plus grand nombre et de la capacité à maximiser les ressources collectées.
Pour plus d’informations ou pour effectuer une souscription, il est possible de se rendre sur le site officiel : Diaspora Bonds Burkina Faso.
Nado Ariane Paré (Montréal)
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