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Journées régionales de la logistique : Des acteurs réunis à Ouagadougou pour réfléchir sur la compétitivité de l’hinterland ouest-africain

Publié le jeudi 21 mai 2026 à 23h00min

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Journées régionales de la logistique : Des acteurs réunis à Ouagadougou pour réfléchir sur la compétitivité de l’hinterland ouest-africain

La deuxième édition des Journées régionales de la logistique (JRL) a officiellement ouvert ses portes ce jeudi 21 mai 2026 à Ouagadougou, au Sopatel Silmandé.

Organisée par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), la rencontre se tient jusqu’au 23 mai autour du thème « Compétitivité logistique de l’hinterland ouest-africain à l’aune de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Selon le directeur général de la CCI-BF, par ailleurs président du comité d’organisation, pour les pays de l’hinterland ouest-africain, à l’instar du Burkina Faso et des États membres de l’Alliance des États du Sahel, la logistique constitue un enjeu stratégique majeur. Pour lui, notre compétitivité dépend fortement de notre capacité à fluidifier les échanges, à réduire les coûts de transport et à améliorer la qualité des services logistiques.

Cette édition réunit plus de 250 participants

« Les pays de l’hinterland sont confrontés à des contraintes structurelles bien connues : éloignement des ports maritimes, dépendance portuaire, multiplicité des intervenants, et parfois lourdeurs administratives. Ces contraintes nous invitent à innover, à mutualiser nos efforts et à bâtir des systèmes logistiques plus efficaces, plus intégrés et plus résilients. Ainsi, à travers la gestion des plateformes logistiques, l’appui aux opérateurs économiques et la promotion du dialogue public-privé, la CCI-BF, en tant qu’institution consulaire, œuvre quotidiennement à lever les contraintes qui pèsent sur la compétitivité de notre économie. Les présentes journées constituent un cadre privilégié d’échanges, de partage d’expériences et de formulation de propositions concrètes au service de notre développement commun. Elles doivent nous permettre d’aboutir à des recommandations fortes, susceptibles d’éclairer les politiques publiques et d’orienter les investissements stratégiques », a souligné le président du comité d’organisation, Seydou Tou.

Le président de la délégation spéciale consulaire de la CCI-BF, Achille Sow, a lui aussi déclaré que les questions liées à l’approvisionnement et à l’exportation des matières premières constituent des défis majeurs pour l’économie nationale, d’où la nécessité d’organiser ces journées régionales afin de créer un cadre d’échanges entre les différents acteurs du secteur.

Selon le président de la CCI-BF, les discussions engagées durant ces journées devraient permettre d’identifier des solutions concrètes afin d’améliorer la fluidité du transport des marchandises et de réduire les coûts logistiques

« L’ensemble de tout ce qui est mouvement de marchandises repose sur la logistique et il était justement de bon ton que nous puissions aujourd’hui nous retrouver pendant trois jours pour évoquer les difficultés auxquelles ces questions logistiques sont confrontées. Il s’agit des questions liées aux différents goulots d’étranglement que sont les questions de sécurité, de tracasseries douanières et policières, les questions liées à la containérisation des marchandises et toutes les questions qui peuvent permettre la facilité et la fluidité du transport des marchandises d’un point A à un point B. Le Burkina Faso aujourd’hui est confronté à l’approvisionnement de l’ensemble des marchandises qui arrivent et il est vraiment important de pouvoir discuter avec l’ensemble des pays qui nous entourent, même ceux qui ne nous entourent pas, comme le Sénégal et la Guinée-Bissau, qui peuvent être des points d’ancrage pour nos marchandises », a expliqué le président de la CCI-BF, Achille Roland Sow.

Pour lui, les discussions engagées durant ces journées devraient permettre d’identifier des solutions concrètes afin d’améliorer la fluidité du transport des marchandises et de réduire les coûts logistiques.
De son côté, le directeur de cabinet du ministre en charge de l’industrie, Zakaria Gyengani, estime que maîtriser sa logistique, c’est maîtriser ses approvisionnements, ses débouchés et, en définitive, son destin économique. « Cela signifie que les nations qui ne contrôlent pas efficacement leurs chaînes logistiques s’exposent à des formes de dépendance structurelle. Pour les pays de l’hinterland ouest-africain, dont le Burkina Faso, la question logistique dépasse donc la seule problématique technique. Elle est éminemment stratégique et souveraine. Elle conditionne notre capacité à exporter de manière compétitive, notre aptitude à sécuriser nos approvisionnements et notre insertion maîtrisée dans les chaînes de valeur régionales et continentales. Je tiens à saluer la résilience remarquable des acteurs économiques de notre pays, qui, en dépit des contraintes, continuent avec courage et patriotisme d’animer le tissu productif national et de soutenir l’effort de développement. Je voudrais également saluer et féliciter la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso pour cette initiative qui s’inscrit dans une dynamique de réflexion stratégique, de concertation et d’action autour d’un enjeu devenu central pour nos économies : la compétitivité logistique. Je saisis cette opportunité pour inviter la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso à poursuivre, sans relâche, les efforts engagés en faveur du renforcement de la compétitivité, de concert avec les Chambres de commerce et d’industrie de la confédération de l’Alliance des États du Sahel, dans un esprit de solidarité entre États confrontés à des défis logistiques similaires », a déclaré Zakaria Gyengani.

Cette 2e édition a réuni des participants d’une dizaine de pays

Le président du conseil d’administration d’IMPÉRIAL BRANDS, parrain de cette édition, Lassina Diawara, a quant à lui rappelé que les coûts logistiques sur le continent représentent parfois entre 30 et 40 % du prix final des marchandises, contre environ 8 à 10 % dans les économies les plus compétitives. Pour lui, l’intégration économique africaine ne pourra devenir une réalité sans infrastructures modernes, corridors efficaces, digitalisation des procédures douanières et harmonisation des politiques régionales. Il a également exhorté les entreprises africaines à investir davantage dans la transformation locale des matières premières afin de créer plus de valeur ajoutée et d’emplois.

Cette édition réunit plus de 250 participants issus d’une dizaine de pays africains, parmi lesquels le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée-Bissau, le Sénégal et le Togo. Le Mali et le Niger prennent part aux échanges en qualité de pays invités d’honneur.

Hanifa Koussoubé
Lefaso.net

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